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31e Gala des prix Gémeaux: les réactions des gagnants (PHOTOS/VIDÉO)

19/09/2016 09:53 EDT | Actualisé 19/09/2016 09:54 EDT

Les artistes sont toujours contents de recevoir un trophée soulignant la qualité de leur travail. Au-delà de la réaction enthousiaste spontanée qui surgit lorsqu’ils entendent leur nom au micro, plusieurs en ont long à dire, par la suite, sur la signification de la récompense à leurs yeux. Lisez ici ce qu’avaient à raconter quelques-uns des gagnants du 31e Gala des prix Gémeaux.

François Rozon, producteur – Meilleure série dramatique saisonnière – Les pays d’en haut

«C’est vraiment un beau moment. J’avais un grand stress, quand on a visionné les épisodes avec la presse. J’ai comme réalisé l’ampleur du projet et à quoi on s’était attaqués avec Les pays d’en haut. Heureusement que je ne l’ai pas réalisé avant, parce que c’aurait peut-être été nuisible. Mais quand ça se concrétise, et qu’on regarde le travail que Sylvain (Archambault, réalisateur), Gilles (Desjardins, auteur) et les acteurs ont accompli, les décors, les costumes, c’est extraordinaire. C’est un travail d’équipe, et les gens ont adhéré. Moi, je voyais un potentiel dans la première série (Les belles histoires des pays d’en haut), et là, on voit une nouvelle génération qui arrive, et qui voit dans cette nouvelle série les mêmes choses que moi j’ai vues dans la vieille. Les personnages sont riches, l’histoire est toujours d’actualité. C’est fantastique! Je suis content, car la plupart des gens qui aimaient la vieille série ont dit: «Wow»! Les gens ont embarqué. Je trouve qu’on a fait quelque chose d’exceptionnel, qui a sa raison d’être, qui a pris sa distance. On a réussi notre passage, on aurait pu le rater. C’est quand même une œuvre qui date de 60 ans, à peu près. Quand un projet comme celui-là marche, c’est comme une symphonie. Tous les musiciens sont accordés!»

Fabienne Larouche, productrice – Meilleure série dramatique annuelle – Unité 9

«Je suis tellement contente pour tout le monde. Ça se peut que, parfois, des séries populaires soient aussi des séries de qualité (rires). Je suis contente pour l’équipe, pour les acteurs, pour Danielle (Trottier, auteure), pour Jean-Philippe (Duval, réalisateur) pour Yan (Lanouette-Turgeon, réalisateur), pour Radio-Canada, parce que tout le monde fait sa job du mieux qu’il peut. En même temps, c’est un concours. Ce n’est pas parce qu’on ne gagne pas qu’on est rien. Unité 9, ça fait quatre ans que c’est en ondes, c’est deux millions de personnes qui regardent depuis 98 fois! 99 fois ce mardi, et dans deux semaines, ce sera le 100e épisode.»

Martin Matte – Meilleur texte comédie / Meilleure comédie – Les beaux malaises

«Pour moi, Les beaux malaises, c’a été très marquant. C’était la première fois que j’écrivais une série télé. Je suis sorti de ma zone de confort beaucoup, mais j’étais très content du résultat. C’a été beaucoup de bonheur pour moi, du bonheur d’écriture - même si c’était dur! -, du bonheur de jeu, de jouer avec Julie (LeBreton) et toute la gang. Les humoristes, on est souvent seuls, et Les beaux malaises, c’était une petite fraternité. J’ai beaucoup appris grâce à ce projet.»

Laurence Leboeuf – Premier rôle féminin : série dramatique saisonnière – Marche à l’ombre

«Marche à l’ombre a été un challenge pour toute la gang. J’ai dû jouer dans les méandres de mon personnage. Je suis encore plus fière de remporter un prix pour cette série, que le grand public n’a peut-être pas assez vue (NDLR : Elle est diffusée à Super Écran), mais les gens doivent découvrir Marche à l’ombre. C’a été un grand défi pour moi en tant qu’actrice.»

Vincent Leclerc – Premier rôle masculin : série dramatique saisonnière – Les pays d’en haut

«C’est juste un prix, mais qui représente un bel accomplissement, non seulement pour moi; je voulais le gagner pour les acteurs qui n’ont pas la chance d’avoir de beaux rôles comme ça, qui sont moins connus et qui ont du mal à se tirer d’affaire. J’espère que ça donnera la chance à des acteurs moins connus d’avoir de tels rôles.»

«J’ai pris des risques dans le jeu, dans la personnification du personnage de Séraphin, mais ça me guidera peut-être sur d’autres projets. Quand ils ont annoncé la distribution des Pays d’en haut, je portais un t-shirt d’un festival de théâtre, où c’était inscrit : «Risq and we shall receive». C’est une bonne façon de faire, je trouve.»

Guylaine Tremblay – Premier rôle féminin : série dramatique annuelle – Unité 9

«C’est mon premier Gémeaux pour Unité 9 (NDLR : Aetios, qui produit Unité 9, n’inscrivait pas ses productions aux Gémeaux avant 2015). Je suis super contente et, en plus, ça arrive le jour de la fête de mon père! C’est son cadeau. Mais je suis déçue de moi, parce que j’ai oublié de remercier Jean-Philippe Duval (réalisateur), et les autres acteurs et actrices. Je ne peux pas croire que j’ai oublié ça. Je vais avoir beaucoup de téléphones, demain! (rires)»

«Ça n’a pas été bien reçu par tous, le changement d’attitude de Marie, l’année dernière. Elle manifestait de la souffrance, ce qui faisait qu’elle devenait méchante. C’est sûr que c’est dérangeant, quelqu’un qui, tout à coup, devient en colère et agressif; moi-même, j’aurais eu Marie dans ma vie, j’aurais dit que ça n’a pas d’allure. Mais c’est justement là, la force de la série: il faut prendre le temps, respirer, et se dire que cette fille souffre, et sa souffrance se manifeste comme ça. Qu’est-ce qu’on peut faire pour l’aider?»

Le texte se poursuit après la galerie photo.

Gala Gémeaux 2016: gagnants

Antoine Bertrand – Premier rôle masculin : comédie - Boomerang

«J’ai juste un gros «What the fuck» dans la face depuis tantôt! On n’avait pas besoin de confirmation que les gens aimaient Boomerang, ce prix ne vient rien ajouter ou enlever; ce que ce prix me fait, à part me surprendre totalement… C’est que, lancer un projet, c’est l’affaire la plus dure et, pour la première fois, je le vois, parce que c’est ma femme (NDLR : Catherine-Anne Toupin) qui l’a démarré. Donc, la genèse de tout ça, c’est la première fois que je la vois. Je constate à quel point c’est de l’effort, et c’est pour moi l’occasion de partager ce prix avec elle. Parce que si elle n’a pas cette idée-là, moi je ne reçois pas ce prix-là, en bout de ligne. C’est l’effet papillon, l’effet domino; aujourd’hui, le dernier domino vient de tomber! Quand on pense aux personnages de Boomerang, on ne pense pas à Patrick tout seul; c’est Patrick et Karine, ils sont un couple. J’ai la chance de renvoyer la balle à l’actrice la plus talentueuse, et ce prix me permet au moins de lui rendre un bel hommage. Tout ce prix est à elle.»

Julie LeBreton – Premier rôle féminin : comédie – Les beaux malaises

«Les beaux malaises, c’a été comme un point tournant dans ma carrière, comme actrice et comme femme, aussi. C’a comme été le moment de la récolte. J’ai travaillé beaucoup et cette affaire-là est arrivée, et c’a un peu cristallisé où j’en étais rendue comme actrice. Martin m’a écrit des scènes qui sont pour moi des espèces de pièces d’anthologie, qui m’ont poussée dans des zones inconfortables, amenée à travailler dans la simplicité, dans l’intériorité. C’a été très riche comme projet.»

James Hyndman – Rôle de soutien masculin : série dramatique annuelle – Au secours de Béatrice

«Est-ce que gagner des prix est important? Bien sûr. Ce qui est le plus important, c’est de faire du bon travail, de se réaliser, de s’épanouir, avec des gens avec qui on apprécie travailler. Ça, ça reste. De ne pas recevoir de récompense, ce n’est pas grave, mais quand il y a des prix, ce sont des tapes dans le dos qu’il faut prendre avec bonheur, savourer le moment d’exaltation qui vient avec ça. Ça fait très plaisir et, après, il faut continuer à travailler et faire autre chose. Il n’y a pas de consécration dans ce métier-là, tout est à refaire, tout le temps. Mais ça fait plaisir!»

Céline Bonnier – Rôle de soutien féminin : série dramatique annuelle – Unité 9

«Je suis vraiment contente, parce que c’est un rôle qui me touche énormément. C’est important pour moi d’hommager le travail de Danielle Trottier (auteure), Jean-Philippe (Duval, réalisateur), et le mien. Je suis très touchée. Au fil des ans, Danielle a pris plaisir à faire rencontrer à Suzanne des choses surprenantes pour elle et pour moi. C’est un personnage qui va dans plusieurs directions, mais ça se peut. Alors, c’est vraiment très, très intéressant à jouer.»

Guillaume Lemay-Thivierge – Rôle de soutien masculin : série dramatique saisonnière - Mensonges

«Un personnage comme celui-là, c’est le plus beau cadeau qu’un acteur peut recevoir. Je suis porte-parole de Hyundai, je suis très présent, on me voit beaucoup et, à un moment donné, ça peut nuire à un acteur qui veut faire des projets plus underground, ou avoir des contre-emplois. J’aime qu’on me confie un rôle dans lequel je pourrai me donner, performer, être crédible quand même ; je suis content qu’on m’accorde cette confiance. C’est un beau cadeau. Intérieurement, on devient comme dans une thérapie, et on est remercié et félicité pour ça. C’est merveilleux.»

Sarah-Jeanne Labrosse – Meilleure émission ou série jeunesse : fiction – Le chalet

«Je suis contente que Le chalet soit mis en lumière aujourd’hui, parce que je pense que tout part du Chalet, en jeunesse, au Québec, en ce moment. Il y a d’autres séries, et c’est tant mieux, mais c’était le premier, il ne faut pas l’oublier. C’est la première série qui a osé ce ton, ces thèmes, parler d’homosexualité à l’écran. C’est très, très mérité, ce prix, pour toute la gang.»

Guy A.Lepage – Meilleure animation : émission ou série d’entrevues ou talk-show – Tout le monde en parle

«Je suis particulièrement ému cette année, pour plusieurs raisons. À cause du décès de Jean Bissonnette, mon père spirituel, qui m’a appris tout ça, carrément. Le fait que… Ça fait 12 ans qu’on fait ça; on aurait pu arrêter la troisième année, on aurait pu étirer à cinq. Mais ça fait 12 ans. On n’est plus la saveur du mois, c’est comme une «vieille affaire», une vieille blonde ou un vieux chum. Et c’est comme si ma vieille conjointe venait de me dire «Je t’aime encore». C’est ce que ça me fait.»

«Chaque année, ton public, ou ton émission, t’amène dans un sens où tu ne pensais peut-être même pas aller. Et, oups, on se retrouve rendus là, et on ne peut plus reculer. Moi, ce que j’aime le plus avec Tout le monde en parle, c’est qu’on fait œuvre utile. J’aime quand on réussit à changer des choses. Mais j’aime aussi le mélange des genres. Moi j’aime que, sur un plateau, on soit en train de faire changer des choses avec un ministre, et qu’un humoriste ou un chanteur présent, venu ploguer ses propres affaires, intervienne comme citoyen dans la discussion. J’aime ça, je tiens à ça. Je tiens à ce mélange des genres, parce que c’est ce qui m’intéresse. Ce n’est pas la plug du quatrième show qui m’intéresse, parce que le show, on ne l’a pas vu, on ne peut pas en parler beaucoup. Ce qui est intéressant, c’est de savoir comment cet individu, qui est une personnalité dans notre milieu, a des indignations ou des coups de cœur comme citoyen.»

«Sur scène, je voulais remercier ma conjointe (Mélanie Campeau), parce qu’elle est là depuis les débuts de Tout le monde en parle. Je l’ai rencontrée peu après les débuts. Tout à coup, je me suis rendu compte qu’elle est toujours à côté de moi. Et ça faisait longtemps que je n’avais pas gagné ce prix personnel. Quand on gagne un prix et qu’on représente une équipe – par exemple, le trophée de la meilleure émission, on l’a gagné 10 fois sur 12 -, on a une longue liste de remerciements, et ce ne sont pas des remerciements personnels. Ça, c’est un remerciement personnel. C’est mon moment à moi.»

Louis-José Houde – Meilleure animation : humour, série ou spéciale de variétés – Gala de l’ADISQ 2015

«Je suis très heureux, ça me fait vraiment chaud au cœur. Quand on fait quelque chose de nouveau, tout le monde en parle beaucoup et, quand ça fait un certain temps, on en parle moins, ce qui est normal. Moi, je fais ça depuis 10 ans et, en plus, c’est juste une fois par année! Je suis très, très honoré qu’on me remarque encore. Ça arrive tellement au bon moment, pour celui qui s’en vient (NDLR : Le 30 octobre). Ça fait six fois que je gagne ce Gémeaux, pour l’animation du Gala de l’ADISQ et, à chaque fois, je me dis: «Wow!» Présentement, j’écris le prochain, et je suis rendu au stade où j’améliore les textes, où j’essaie de rendre drôles des affaires "correctes". C’est de la grosse job. Et de recevoir ce prix en plein milieu de ce processus, vraiment, c’est un cadeau!»

Charles Lafortune – Meilleure série de variétés ou des arts de la scène – La voix

«C’est l’industrie, nos pairs qui nous évaluent, et c’est important. Les gens seraient surpris; à La voix, ce n’est pas vrai qu’il y a de l’argent "garroché" par les fenêtres. On a un budget beaucoup, beaucoup moins élevé que plusieurs autres versions dans le monde, mais on réussit à faire quelque chose de splendide, rassembleur, qui n’a rien à envier à d’autres émissions.»

«Une journée de travail à La voix, c’est environ 14 heures, avec les répétitions le matin. Et quand je vais faire les entrevues avec les familles, j’en rencontre 110 en quatre jours. Chaque rapport de recherche compte 10 à 12 pages; je lis donc environ 1200 pages de recherche sur la vie des gens. Je connais vraiment leur vie. C’est comme un tunnel, c’est intense quand on est dedans. Moi, j’aime avoir ce rapport de proximité avec les gens et voir les talents se déployer.»

Fred Pellerin – Meilleure spéciale de variétés ou des arts de la scène – Il est né le divin enfin! Un conte de Fred Pellerin

«Moi je ne connais pas ces trophées-là, parce que je ne suis pas vraiment un gars de télé! C’est un spectacle qu’on a monté avec l’Orchestre Symphonique de Montréal (OSM), on l’abordait vraiment pour la scène. Moi, je ne connais pas le médium de l’écran. De toute façon, je ne suis pas un grand consommateur de télé; quand j’en fais, c’est toujours dans des zones où je suis confortable. Par exemple, avec l’OSM, c’est sur scène, et la dimension scénique, je la connais.

Saint-Élie-de-Légendes, c’est un documentaire qu’on a tourné à Saint-Élie-de-Caxton et, rapidement, on oubliait les kodaks. C’est ce qui a fait la beauté de cette série: les personnages avaient plus ou moins conscience qu’il y avait des caméras et ils restaient naturels. Et je pense que c’est ce qui a scoré. Donc je ne connais pas bien la télé, mais comme on fait des projets sur des terrains que je connais, c’est facile.»

Francis Leclerc – Meilleure réalisation : comédie – Les beaux malaises

«Martin (Matte) et François (Avard) m’ont ouvert la porte pour faire une comédie, ce qui n’était pas du tout prévu dans mon trajet. Ils ont vu en moi quelqu’un qui peut comprendre le comique, peut-être. Martin est un gars très curieux; il avait regardé mes affaires, il était allé voir mes publicités, parce que je fais beaucoup de pubs comiques (NDLR: Il a notamment réalisé des publicités des Fromages d’ici avec Martin Perizzolo et de Belairdirect, entre autres). Il m’avait approché en me disant que j’étais capable, et je trouvais qu’il avait fait ses devoirs. Et il les fait encore, ses devoirs, comme comédien, auteur, producteur, et je les fais moi aussi. Les beaux malaises a été une belle aventure de trois ans, qui se termine un peu, pour moi, ce soir. Je ne suis pas triste du tout, j’y ai connu plein de monde, et Martin reste un ami.»

Sylvain Archambault – Meilleure réalisation : série dramatique saisonnière – Les pays d’en haut

«Je suis très heureux. Le grand prix qu’on a eu, c’est quand les cotes d’écoute étaient là, au rendez-vous, quand les gens ne croyaient pas en nous et qu’ils ont finalement vu ce qu’on avait fait; la victoire était là. Maintenant, les Gémeaux, ce sont les pairs qui nous remercient, nous félicitent, et je trouve ça très touchant. Je suis très ému. Le talent était énorme, cette année, la compétition était très relevée et, en toute honnêteté, je ne pensais pas gagner, mais je suis très fier.

Catherine Brunet – Meilleure interprétation féminine pour une émission ou série originale produite pour les médias numériques : fiction – Mouvement Deluxe

«Mouvement Deluxe est une série web en stop motion. C’est rare et c’est compliqué à faire! Moi, j’ai passé huit heures en studio à faire des jokes de pet, c’était vraiment easy, mais pour les gens qui ont travaillé là-dessus à faire les marionnettes, l’animation, à créer l’univers et les accessoires, qui travaillaient 1000 heures par semaine, c’était bien pire! C’était vraiment une cool série, dont je suis très fière. Les créateurs ont travaillé à perte, ce sont des génies.»

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