POLITIQUE

Rona: L'ex-président d'Investissement Québec croyait avoir l'accord du ministre

25/08/2016 02:40 EDT | Actualisé 25/08/2016 02:42 EDT

Le président-directeur général d'Investissement Québec qui était en poste au moment où les dernières actions de Rona que la société d'État détenait ont été vendues est formel : Jacques Daoust a été informé de cette décision en novembre 2014 et il a donné son accord.

C'est ce qu'a affirmé Yves Lafrance devant la commission parlementaire de l'économie et du travail, qui tente de faire les lumières entourant cette décision controversée. La vente de ces actions a eu pour effet de permettre à l'américaine Lowe's d'acheter le quincaillier québécois.

M. Lafrance a expliqué que la décision de vendre les actions de Rona a été prise le 17 novembre 2014 par Investissement Québec. Le risque que Rona fasse l'objet d'une offre d'achat hostile était écarté et il était opportun de vendre les actions, d'un point de vue d'affaires, a-t-il dit.

Bien que le conseil d'administration d'Investissement Québec avait le pouvoir de prendre cette décision de son propre chef, tous les membres ont jugé qu'il était « préférable » d'en parler au ministre de l'Économie, Jacques Daoust.

« Il a été décidé de consulter le ministre pour non pas lui demander un accord formel – on n'avait pas besoin de ça – mais de connaître sa position par rapport à la transaction, et s'il y avait des objections, qu'ils nous les fassent savoir », a expliqué M. Lafrance.

Les documents officiels d'Investissement Québec indiquent d'ailleurs que la décision du C. A. d'Investissement Québec a été prise « sous réserve de l'avis de M. Daoust.

Il a été jugé nécessaire de faire la démarche auprès du ministre. Ce n'était pas anodin. Je ne peux pas prétendre par avance que ça aurait changé la décision s'il y avait une réponse négative, mais ça aurait été un point important.

- Yves Lafrance

M. Lafrance soutient qu'il a donc prévenu le chef de cabinet de M. Daoust, Pierre Ouellet, avant le 21 novembre, « probablement » même le 17 novembre au soir ou le 18 novembre au matin, soit dans les heures qui ont suivi la décision du C. A. d'Investissement Québec.

C'est à défaut d'avoir obtenu une réponse claire du ministre que Jean-Jacques Carrier, vice-président principal d'Investissement Québec, a écrit à M. Ouellet le 26 novembre pour demander si le ministre Daoust était d'accord avec la vente des actions de Rona.

Deux heures plus tard, M. Ouellet lui a simplement répondu « O.K. ».

Selon M. Lafrance, il ne faisait donc aucun doute que M. Ouellet « savait parfaitement de quoi on parlait, et qu'il devait donner une réponse ».

Lorsque la députée péquiste Agnès Maltais lui a demandé s'il était clair qu'il cherchait à avoir l'avis du ministre, M. Lafrance a réponde : « Madame, ça ne pouvait pas être plus clair que ça ».

Le 26 novembre, nous on considère qu'on a eu une réponse [...] Pour nous le 26 novembre, il a rendu une décision.

- Yves Lafrance

La vente des transactions de Rona a finalement été approuvée par le conseil d'administration d'Investissement Québec le 15 décembre 2014.

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