DIVERTISSEMENT

Blink 182 au Centre Bell: les grands ados s'amusent encore

21/08/2016 01:23 EDT | Actualisé 21/08/2016 01:32 EDT
Pamela Lajeunesse

Blink 182 au Centre Bell. Sitôt l’annonce faite, on visualisait déjà l’amphithéâtre rempli des jeunes trentenaires qui, à la fin des années 1990 et le début de la décennie 2000, étaient encore au secondaire ou au cégep et s’emplissaient les oreilles des albums potentiellement cultes Enema Of The State et Take Off Your Pants and Jacket, et regardaient en boucle les clips hilarants de What’s My Age Again et All The Small Things. À la télévision, surtout; c’était avant l’explosion de YouTube.

L’anticipation était exacte. Samedi, il y avait les grands adolescents de Blink 182 qui s’éclataient sur la scène montréalaise et, dans les gradins, 8725 adolescents devenus adultes qui les ont jadis supportés, et qui se sont laissés gagner par la nostalgie. Qu’importe que Tom DeLonge, chanteur et guitariste de leurs années de gloire, ne fasse plus partie de la formation depuis le début 2015, et ait été remplacé par Matt Skiba, qui s’est ainsi joint à Mark Hoppus et Travis Barker; ce qu’on voulait, c’était d’entendre les titres les plus mémorables, et on a été servis.

Au deuxième morceau, c’était What’s My Age Again qui résonnait dans le Centre Bell. Au quatrième, The Rock Show. Au sixième, First Date. Au huitième, I Miss You. Quelque part au quinzième, Stay Together For The Kids, que les spectateurs ne se sont pas fait prier pour entonner doucement. Avant le rappel, Happy Holidays.

All The Small Things et Dammit ne sont venues qu’au rappel, mais on ne s’est clairement pas ennuyés en les attendant. Les bras se sont particulièrement balancés haut, et les langues, déliées, sur All The Small Things, tandis que Dammit a généré une petite hystérie dès que reconnue par la foule, qui a chanté avec énergie les couplets saccadés.

Généreux

Le trio américain aurait pu faire des chichis en se refusant à offrir ses classiques pour se concentrer sur son nouveau matériel ; de California, le septième album de Blink, sorti début juillet, on a dénombré, samedi, entre autres, Cynical, Bored To Death (le premier extrait), Built This Pool, San Diego et Los Angeles, dont les sonorités pesantes tranchent un peu avec les airs bon enfant d’il y a 15 ou 20 ans.

Mais les gars ont été cool comme on les connaît et ont fait plaisir à tous. Par moments, la pop-funk commerciale de Blink 182 a peut-être décapé certains pans de la peinture déjà écaillée de plusieurs portions du Centre Bell. C’était parfait pour un samedi soir festif et survolté.

L’enrobage du concert était très juvénile. Éclairages si vifs et mouvants qu’ils en donnaient presque parfois mal au cœur, fumée, pétarades (fréquentes!), projections colorées, drôles, bizarres ou carrément psychédéliques – à l’image du bon vieux Blink 182 de l’époque - : il se passait toujours quelque chose, autant pour les yeux que pour les oreilles. Le reste de la mise en scène était bien sobre, le batteur Travis Barker posté derrière ses comparses, un peu surélevé sur le bloc médian de trois gros coffres rectangulaires qui servaient aussi d’écrans. Un équilibre parfaitement dosé.

Les musiciens ont très peu parlé, si ce n’est pour cracher une blague à l’occasion, parfois en français. Certains auraient peut-être pris davantage de leur humour cabotin, mais on ne leur en voudra sûrement pas de s’être voués à ce qu’on attendait principalement d’eux : jouer des hits, pendant près d’une heure trente. De toute façon, avec la générosité de la bande, c’était exactement «comme dans le temps».

La tournée nord-américaine de Blink 182 s’arrêtera à Toronto ce dimanche, 21 août.

Blink 182 Centre Bell


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