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La pharmaceutique Valeant est visée par une autre poursuite aux États Unis

18/08/2016 05:03 EDT | Actualisé 18/08/2016 05:04 EDT
Christinne Muschi / Reuters
The headquarters of Valeant Pharmaceuticals International Inc is seen in Laval, Quebec, Canada on November 9, 2015. REUTERS/Christinne Muschi/File Photo

TORONTO - Un fonds commun de placement ayant déjà été l'un des plus importants actionnaires de Valeant poursuit la pharmaceutique, lui reprochant son "modèle d'affaires frauduleux" qui a fait perdre des milliards de dollars aux investisseurs.

Déposée lundi dans l'État du New Jersey, la poursuite de T. Rowe Price vise l'entreprise, son ancien chef de la direction Michael Pearson, des ex-dirigeants et d'autres cadres actuellement en poste.

"Cette poursuite émane du modèle frauduleux de Valeant (...) d'avoir eu recours à un réseau secret de pharmacies, des pratiques trompeuses en matière de prix et de remboursement des médicaments et

à des méthodes comptables fictives (...) pour gonfler artificiellement les revenus et profits", peut-on lire dans le document de 200 pages.

T. Rowe Price, qui comptait parmi les plus fervents défenseurs de Valeant (TSX:VRX), a décidé de vendre la majorité de ses actions au mois de mai.

La société de portefeuille américaine Alleghany Companies fait également partie des plaignants de la poursuite. Elle réclame un dédommagement qui n'a pas été chiffré en lien avec les pertes découlant d'achats d'actions de Valeant effectués entre le 4 janvier 2013 et le 10 août 2016.

Par courriel, Valeant a dit être au courant de cette poursuite, qui s'inscrit dans une démarche similaire mis de l'avant par un régime de retraite d'enseignants en octobre dernier.

"Valeant a l'intention de se défendre et ne peut commenter davantage la démarche en cours", a fait valoir la société.

Pour sa part, T. Rowe Price n'a pas voulu commenter.

Cette poursuite a anéanti le gain réalisé en début de journée jeudi par l'action de Valeant grâce à une entente entre la pharmaceutique et ses créanciers.

À la Bourse de Toronto, le titre a terminé la séance à 37,19 $, en recul de 1,32 $, ou 3,43 pour cent.

Il y a un an, l'action de Valeant se négociait à plus de 300 $. Toutefois, depuis septembre dernier, les controverses se multiplient, empêchant la société établie à Laval de tourner la page sur ses problèmes.

Valeant a par ailleurs obtenu certains assouplissements auprès de ses créanciers, ce qui obligera toutefois la pharmaceutique à débourser davantage en frais d'intérêt.

L'entreprise établie à Laval a annoncé jeudi qu'elle disposait d'une plus grande flexibilité pour emprunter et vendre certains actifs _ une partie de sa stratégie afin de réduire sa lourde dette.

Dans une note, l'analyste Neil Maruoka, de Cannacord Genuity, a accueilli favorablement la nouvelle, tout en prévenant que Valeant avait encore une pente abrupte à remonter.

Douglas Miehm, de RBC Marchés des capitaux, a abondé dans le même sens, signalant qu'auparavant, la pharmaceutique ne pouvait se départir que quatre pour cent de ses actifs.

Valeant se dit prête à vendre certains produits ou d'autres actifs afin de récolter jusqu'à 8 milliards $ US.

Selon les calculs de M. Miehm, les nouvelles ententes conclues entre Valeant et ses créanciers se traduiront par une charge exceptionnelle de 28 millions $ US, ou huit cents par action.

De plus, estime l'analyste, les frais d'intérêt augmenteront de 54 millions $ US.

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