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Marie-Pier Gibeault vit le «American Dream» à Los Angeles (PHOTOS)

17/08/2016 05:09 EDT | Actualisé 17/08/2016 05:10 EDT

mariepier gibeault

Gravir les échelons un à un, Marie-Pier Gibeault connaît. En 2010, la Québécoise, native de Saint-Constant, sur la rive-sud de Montréal, posait les premiers jalons d’un rêve qui la tenaillait depuis l’enfance : percer en tant qu’actrice à Hollywood.

La jeune femme a empoigné ses ambitions à bras-le-corps, faisant fi des qu’en dira-t-on, et s’est tout de suite lancée dans la jungle de Los Angeles, sans même tenter de se faire précédemment un nom dans la Belle Province. Vous avez dit audace?

Marie-Pier Gibeault

Depuis, la route est parsemée d’embûches, mais Marie Gibb (son appellation professionnelle) ne désespère pas. Beaucoup d’appelé(e)s, peu d’élu(e)s, tel est le mantra à se répéter constamment lorsqu’on souhaite se faire connaître chez nos voisins du Sud, et Marie-Pier Gibeault l’a compris depuis longtemps.

Déjà très fière d’avoir été choisie comme visage officiel de la publicité de l’attraction The Walking Dead, de Universal Studio, l’artiste à la bouille d’éternelle gamine – un atout dans son milieu féroce! – continue d’investir tous les efforts essentiels à la poursuite de son principal objectif, celui de décrocher un – ou plusieurs, il va sans dire – premier(s) rôle(s) au grand écran.

En attendant ce jour J, Marie-Pier Gibeault nous parle de sa ruée vers la gloire.

1 - Depuis quand sais-tu que tu veux être comédienne?

C'est la seule chose que j'ai toujours voulu faire. J'avais quatre ans et je disais à mes parents que je voulais être comédienne, mais malheureusement, ils ne me prenaient pas au sérieux et m'utilisaient plutôt comme une mascotte dans les partys de famille, en me disant de pleurer sur demande. Ils ont compris que je n'allais pas changer d'avis quand j'ai choisi le profil théâtre comme choix d'étude au cégep.

2 - Quel a été le parcours qui t’a menée à t’établir à Los Angeles?

J'ai d'abord commencé à faire des séjours de quelques mois en venant prendre des ateliers (workshops) et des cours ''d'acting'' dans différents studios, ici à Los Angeles, comme Brian Reise Studio et Ivana Chubbuck Studio, un endroit fréquenté par plusieurs grandes stars hollywoodiennes telles que Brad Pitt, Kate Hudson, Jared Leto, Eva Mendes, Halle Berry (qui lui a d'ailleurs dédié son discours quand elle a gagné son Oscar pour Monster's ball). J'ai également commencé à auditionner pour des petits projets et j'ai réalisé la quantité d'opportunités qu'il pouvait y avoir dans cette ville, en auditionnant en moyenne 5 fois par semaine.

3 - Peux-tu énumérer quelques-uns des projets auxquels tu as participé?

Je suis présentement en train de tourner une web-série intitulée La douleur exquise, dans laquelle je joue une pianiste française, aux côtés d'une actrice assez connue en Australie, Mandahla Rose. Je suis également la tête d'affiche de la publicité de l'attraction The Walking Dead de Universal Studio. J'ai tourné dans plusieurs web-séries et courts-métrages qui ont été présentés dans plusieurs festivals, dont le Miami Sci-Fi Festival et le Newport Beach Festival. J'ai décroché des petits rôles dans les longs-métrages Meet my Valentine, aux côtés de Scott Wolfe, connu pour Party of five, et Afternoon Delight, mettant en vedette Juno Temple et Kathryn Hahn, réalisé par Jill Soloway (Transparence), qui a gagné le prix du jury au Sundance Film Festival, ainsi que deux Emmys. J'ai aussi quatre autres longs-métrages toujours en post-production, incluant The Big Day et Guitars and Guns, dans lesquels je fais mes propres cascades.

4 - Contrairement à plusieurs actrices qui ont beaucoup travaillé au Québec avant de tenter leur chance aux États-Unis, toi, tu as décidé de faire le saut dès le début de ta carrière. Pourquoi avoir choisi d’emprunter cette voie? Est-ce que c’a été plus difficile ainsi?

C’est le métier où il y a le plus de compétition au monde. On dit que c'est 40% de talent et 60% de chance et c'est comme dans tout, c’est-à-dire aussi une question de relations et de contacts. Cela peut prendre des années à créer ses relations entre les directeurs de casting, les agents, les producteurs, etc. Alors, en arrivant à Los Angeles, tout est à recommencer. J'ai plusieurs amis qui sont très bien établis dans le milieu du cinéma et de la télévision au Canada et, quand ils sont déménagés ici, c’a été un retour à la case départ, puisque personne ne les connaissait. Tout est différent. Bien sûr, quand l'acteur ou l'actrice était la star d'un film qui a gagné des prix aux États-Unis et à l'échelle mondiale, c’est différent. Je n'ai jamais fermé la porte pour ce qui est du Canada, j'ai toujours mon agente à Montréal, que j'adore, ainsi qu'à Vancouver. Mais au lieu de passer cinq années à Montréal, Toronto ou Vancouver pour ensuite m'établir à Los Angeles, je souhaite que ma carrière ici m'ouvre les portes au Canada également.

5 - As-tu eu des moments de découragement? Est-ce que les autres ont tenté de te décourager?

C'est très difficile et compétitif et, oui, bien sûr, il y des hauts et des bas. J'ai plusieurs amis qui étaient dans des tv shows comme ''series regular'' à New York et au Canada et, ici, ils doivent travailler dans des restaurants pour être capables de survivre. On dit que de décrocher un rôle sur 200 auditions est une bonne moyenne; donc, pas besoin d'être bon en maths pour constater que c'est énormément de rejets. Mark Ruffalo a déclaré dans un article que même lui, un «A-list actor», a essuyé 500 refus avant d'avoir un «oui». Pour chaque rôle, il y a en moyenne 3000 soumissions, une centaine de personnes appelées en audition et une dizaine au call back, tout ça pour un seul et unique rôle.

6 - Qu’est-ce qui te plait dans la vie à Los Angeles?

Vraiment, je ne me plains pas trop des hivers à 22 degrés (rires). C'est une ville où on peut découvrir de nouvelles choses à faire constamment. Je surfe et hike plusieurs fois par semaine. Tout est centré sur le plein-air, le sport et l'activité physique, ce que j'adore. Et peu importe tes loisirs et qui tu es, tu y trouves ta place.

7 - T’es-tu liée d’amitié avec d’autres Québécois qui font carrière là-bas?

Oui j'ai deux cercles d'ami(e)s québécois. Un qui est un regroupement de gens principalement dans le milieu artistique. On essaie de s'entraider autant avec les contacts que pour nos auditions (selftapes). L'autre groupe, ce sont toutes des filles qui sont ici pour leur carrière dans différents milieux professionnels, qui m'ont toutes été présentées par des amies en commun. Maintenant, nous sommes comme une petite famille. C'est l’une des raisons principales pour laquelle j'adore la ville et ce qu'elle a à offrir, parce que j'ai un excellent entourage ici.

8 - Y’a-t-il des clichés, des idées préconçues, sur le milieu du cinéma et de la télévision à Hollywood, que tu as eu l’occasion de vérifier et de confirmer?

Principalement l'apparence. Même si, dans un monde «normal», on est en forme, en santé et considéré dans un poids santé, dans le milieu du cinéma, c'est vu comme un immense surplus de poids. J'ai d'ailleurs perdu un rôle dernièrement ; deux jours avant le tournage, on m'annonçait que le réalisateur trouvait finalement que j'étais ''a too big girl for the part''. S'entrainer six fois par semaine et manger sainement n'est pas assez dans cette ville extrêmement superficielle.

9 - Quels sont les rêves professionnels qui te restent à réaliser?

La liste est longue! Commençons avec mon ''big breakdown'', le rôle qui va faire en sorte que ma carrière décolle. J'ai également une bonne liste de réalisateurs et d'acteurs avec qui je rêve de travailler. Et sky is the limit! La liste ne risque pas de diminuer avant ma nomination aux Oscars (rires)

10 - Est-ce que le Québec, ta famille, tes amis d’ici te manquent parfois? Reviens-tu les visiter régulièrement?

Plusieurs choses me manquent, bien sûr, mais je reviens normalement au Québec pour y passer le temps des Fêtes, puisque pour moi, Noel, c'est familial et je veux être entourée de mes proches. Mais le reste de l'année, je reçois beaucoup de visites. Mes amis et ma mère viennent me visiter régulièrement, et je téléphone à ma famille souvent. Je fais également mes commandes de produits non disponibles aux États-Unis par eux quand ils viennent passer du temps ici.

11 - Quels conseils donnerais-tu aux gens qui aimeraient suivre tes traces et vivre pleinement le «American Dream» comme tu le fais?

Si ça t'empêche de dormir le soir, c'est parce que ça vaut la peine d'essayer. Il faut juste être prêt à poursuivre notre rêve pour le meilleur et pour le pire. Il n'y a rien de facile dans ce parcours, mais si on est patient, qu’on a la passion et qu’on persévère dans ce cheminement, it will pay off!

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