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«Le 12 août, j'achète un livre québécois»: Un passeport pour la découverte

10/08/2016 12:29 EDT | Actualisé 11/08/2016 10:51 EDT
Kim Chabot

L’initiative est encore toute jeune, mais elle a déjà fait ses marques dans le milieu littéraire. Lancée en 2014, la journée «Le 12 août, j’achète un livre québécois» est une occasion de plus en plus populaire de découvrir la littérature de la Belle province.

Aux yeux de la libraire Gisèle Nadeau, le 12 août est une «journée bonbon pour nous parce que c’est le temps de faire découvrir ce qu’on aime. C’est Noël, et pas que pour les ventes».

Il est vrai que l’évènement a insufflé un sérieux coup de fouet aux ventes de livres québécois, et ce, dès la première édition.

À la librairie Pantoute, le succès a été instantané. La première année, ses deux succursales ont manqué de livres, surtout celle de la rue Saint-Joseph, se souvient la directrice générale Marie-Ève Pichette.

«On avait des photos de tablettes de littérature québécoise presque vides.» En tout, la librairie a enregistré des ventes deux fois supérieures à celles d’une journée estivale équivalente. Un succès qui s’est confirmé l’année suivante avec un achalandage supérieur de 30 % par rapport à la première édition, estime-t-elle.

Chez La Liberté, enseigne située dans la Pyramide à Sainte-Foy, c’est la seconde année qu’on a surtout vu une différence. Non seulement les médias en ont parlé, mais la campagne fédérale alors en cours s’est mise de la partie. «On a vu des aspirants députés du quartier venir acheter des livres québécois pour fièrement annoncer leur participation à la journée», se souvient Gisèle Nadeau.

«Le 12 août j'achète un livre québécois» : les suggestions de nos lecteurs


Une vitrine nécessaire

Davantage que le reste de l’année, les lecteurs osent découvrir de nouveaux auteurs lors de cette journée thématique, croit la libraire chez La Liberté. D’ordinaire, «les gens savent ce qu’ils viennent chercher alors que le 12 août, ils veulent qu’on leur parle de nos coups de cœur et qu’on leur fasse découvrir des auteurs.»

Ce qui fait dire à Gisèle que l’idée est «dangereusement positive», surtout que la vente de livres d’ici dépend de la place que leur accordent les médias.

«Le problème que je vois, c’est que les médias québécois parlent peu des livres québécois. Les clients sont ouverts, mais aussi très intéressés à lire des critiques avant d’acheter. S’il n’y a pas déjà un journaliste ou un critique littéraire qui en a parlé, ils sont un peu plus réticents à oser un livre.»

Néanmoins, tout laisse croire que le vent tourne pour la littérature québécoise, notamment grâce à la popularité grandissante de l’achat local, indique Marie-Ève Pichette. Si bien que les ventes de québécois vont en augmentant et que l’écart avec la littérature étrangère se rétrécie de plus en plus, conclut la directrice générale de Pantoute.

Leurs suggestions

Marie-Ève Pichette, directrice générale de la librairie Pantoute

L’année la plus longue de Daniel Grenier: «J’ai vraiment adoré ça, c’était triste de le finir.» Une valeur sûre qui a été couronné du plus récent Prix littéraire des collégiens en plus d’avoir finaliste au Prix des libraires 2016.

Gisèle Nadeau, libraire à la librairie La Liberté

Les fous de Bassan d’Anne Hébert, auteure que la libraire apprécie tout particulièrement. «J’ai eu la chance que le premier livre d’Anne Hébert que j’ai eu m’ai accrochée à 100 %. Je l’ai relu une deuxième fois tout de suite après.»

Le théâtre de Larry Tremblay. « Les gens sont réticents à acheter du théâtre, alors que c’est mon dada. Comme ils ont découvert Larry Tremblay par L’orangeraie, cette année, j’essaie de plus suggérer ses pièces. »