POLITIQUE

Richard Bain se contredit dans son témoignage en reprenant son discours politique (VIDÉO)

21/07/2016 04:17 EDT | Actualisé 22/07/2016 07:12 EDT

MONTRÉAL - Richard Bain s'est contredit, au quatrième jour de son témoignage, ouvrant possiblement une brèche dans sa défense de non-responsabilité criminelle pour cause de trouble mental que la Couronne pourrait être tentée d'exploiter.

L'accusé, qui fait notamment face à des accusations de meurtre prémédité et de tentative de meurtre en lien avec l'attentat du Métropolis le soir de l'élection de Pauline Marois, le 4 septembre 2012, a déclaré jeudi devant la Cour qu'à son avis, "Montréal est contrôlé par Québec" et que c'était là "le problème encore aujourd'hui" de la discorde entre francophones et anglophones.

Or, la veille, il avait soutenu que l'ensemble de son discours sur la promotion de la partition de Montréal du reste de la province était le résultat de son état mental, perturbé par la prise d'un antidépresseur puissant.

Le commentaire de jeudi laisse entendre qu'il s'agit au contraire d'une conviction qu'il porte toujours, alors que son état mental s'est stabilisé.

Ce commentaire a été fait à l'issue du visionnement de l'entrevue qu'il avait accordée depuis la prison à l'animateur Claude Poirier, le 19 janvier 2013, quatre mois après les événements. Claude Poirier avait rapidement mis un terme à l'entrevue en constatant que Richard Bain ne voulait parler que de la partition de Montréal pour en faire une province indépendante et refusait d'aborder l'attentat et de lui dire s'il éprouvait des remords ou non.

L'avocat de Richard Bain, Alan Guttman, a également demandé de visionner une vidéo d'une heure datée du 5 avril 2013 où l'enquêteur Daniel Prieur, de la Sûreté du Québec, était venu lui remettre les éléments de preuve de la poursuite, puisque Bain se représentait lui-même à ce moment.

Les jurés n'ont pas appris grand-chose de cette vidéo, puisque cette preuve leur est exposée à mesure que le procès avance, mais Me Guttman a expliqué par la suite que son objectif était de démontrer la progression de l'état mental de son client vers une plus grande stabilité.

Durant la rencontre, on a pu voir un Richard Bain en pleine forme, de bonne humeur et blaguant avec l'enquêteur, tout en l'avertissant qu'il refusait toujours de répondre à ses questions. À un certain moment, il a même rappelé qu'il avait un certificat démontrant qu'il était apte mentalement et demandant au policier s'il pouvait lui aussi prouver son aptitude mentale.

Richard Bain est notamment accusé du meurtre prémédité du technicien de scène Denis Blanchette, de tentative de meurtre de son collègue Dave Courage, qui avait été atteint d'un projectile d'arme

à feu, et de deux autres tentatives de meurtre touchant 13 victimes. Il est aussi accusé d'avoir allumé un incendie criminel au Métropolis.

Voir aussi:

La soirée électorale de Pauline Marois (7 avril 2014)

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