BIEN-ÊTRE

Un Canadien dépressif sur deux n'est pas soigné

18/07/2016 09:16 EDT | Actualisé 18/07/2016 09:18 EDT
Radio-Canada.ca

La moitié des personnes qui souffrent de dépression ne reçoivent pas les traitements nécessaires, même de base, selon une nouvelle étude de l'Université de la Colombie-Britannique (UBC) réalisée sur plus de 110 000 personnes.

« Même si nous sommes dans un pays avec un système de santé financé par le contribuable, beaucoup de gens dépressifs ne sont pas soignés ou pas efficacement », commente Joseph Puyat, auteur principal de l'étude. « Nos conclusions nous font dire qu'il faut continuer à parler de santé mentale pour combler ce fossé. ».

L'équipe de chercheurs a déterminé que seuls 13 % des personnes dépressives suivaient une psychothérapie ou des séances de thérapie, et 47 % étaient sous antidépresseur pour une durée d'au moins 12 semaines. Au total, seuls 53 % des dépressifs reçoivent un traitement, même minime.

Des chiffres qui sont même sous-estimés d'après Joseph Puyat, car beaucoup de dépressifs ne sont pas diagnostiqués ou refusent d'être aidés, à cause des préjugés entourant la santé mentale.

Évaluer les systèmes et politiques provinciales

La solution, selon le chercheur, serait une révision complète des structures et politiques en matière de soins de santé mentale disponibles dans chaque province. C'est aussi ce qu'aimerait voir Tanniar Leba, directeur de l'organisme d'aide La Boussole à Vancouver.

« On est obligés de développer, en tant qu'organisme, des techniques avec des partenaires, des formations, ou différentes choses... Car il n'y a pas, au niveau de la province, ce qu'il faut pour aider nos membres », déplore-t-il.

Devant l'inertie des décideurs locaux, La Boussole s'est mise à former des bénévoles grâce à des ateliers sur la santé mentale. Une trentaine de personnes y ont participé ces deux dernières années. « L'idée est de développer des connaissances et reconnaître les signes de troubles mentaux pour pouvoir agir », explique Tanniar Leba.

Des compétences qu'il est urgent d'acquérir et qui seront utiles au plus grand nombre, selon lui. « Au niveau statistique, on sait qu'un Canadien sur cinq aurait un problème de santé mentale. Avec le temps, cette réalité sera là tous les jours. C'est pour ça qu'on a commencé à travailler là-dessus en avance. Car bientôt, les gens ne pourront plus se cacher, il faudra en parler », conclut-il.

D'après un reportage d'Anne-Diandra Louarn

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