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Vu au FIJM 2016: les adieux émouvants de Brian Wilson

08/07/2016 01:27 EDT | Actualisé 08/07/2016 01:28 EDT
OURTOISIE FIJM/DENIS ALIX

Réglons un truc d'emblée: oui, Brian Wilson a la voix plus fissurée que jamais à 74 ans. Mais le public qui a rempli à ras bord la salle Wilfrid-Pelletier, jeudi, se fichait des imperfections. Il était là pour entendre le mythique Pet Sounds en intégralité – pour une première fois sur scène – et pour savourer les succès des Beach Boys offerts par leur créateur, pour une dernière fois.

Pour cette ultime tournée, Wilson et son collègue des Beach Boys, Al Jardine, étaient accompagnés de dix musiciens, dont Blondie Chaplin, qui a été membre du groupe au début des années 1970. Avec tout ce beau monde, on a constaté durant la première demi-heure que les magnifiques mélodies de California Girls, Dance, Dance, Dance, I Get Around, et surtout, de Surfer Girl, étaient entre bonnes mains.

On a également réalisé que Matt Jardine, le fils d'Al, avait une voix qui lui permettait de suppléer à celle de Wilson dans des registres désormais inaccessibles pour lui, notamment lors de Don't Worry Baby et Wouldn't It Be Nice. La magie était ainsi préservée. Chaplin, avec sa gueule à la Lou Reed et son attitude à la Keith Richards, a dynamité la salle avec ses solos abrasifs de guitare durant Wild Honey et Sail On Sailor.

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Écouter l'album Pet Sounds en séquence tient presque de l'expérience religieuse.

Wilson, immobile derrière son piano, enchaînait les offrandes comme un élève appliqué, mais les tambours de I'm Waiting For the Day, la richesse des instrumentales Let's Go Away For Awhile et Pet Sounds, ainsi que la beauté fragile de Caroline No avaient de quoi nous jeter par terre. Le coup d'assommoir a été l'enchaînement de Sloop John B (chantée à la perfection par Al Jardine, 73 ans) et de God Only Knows. Ravissement, bonheur total et ovation méritée.

Good Vibrations, vibrante au possible, et des succès universels (Help Me Rhonda, Barbara Ann, Surfin' USA, Fun, Fun, Fun) ont ensuite transformé la salle Wilfrid-Pelletier en discothèque de plage, avant que Brian Wilson nous prenne aux tripes une dernière fois avec la bouleversante Love and Mercy. Une chanson à l'image de sa vie tourmentée qui résumait, à sa création en 1988, ce dont notre monde avait besoin. C'est toujours d'actualité aujourd'hui...

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