POLITIQUE

Sheila Fraser examinera comment la GRC traite les cas de harcèlement

07/07/2016 05:12 EDT | Actualisé 07/07/2016 05:12 EDT
Radio-Canada.ca

Le ministre de la Sécurité publique du Canada confie à l'ancienne vérificatrice générale Sheila Fraser le mandat de le conseiller relativement aux plaintes de harcèlement au sein de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Ralph Goodale s'était engagé à examiner les plaintes de quatre femmes qui allèguent avoir été victimes de harcèlement durant leurs années à l'emploi de la GRC.

Sheila Fraser entre en fonction immédiatement et son mandat se terminera le 31 mars 2017. Mme Fraser fera au ministre Goodale des recommandations quant aux politiques et aux procédures que doit adopter la GRC en matière de harcèlement.

La GRC, par l'intermédiaire de sa porte-parole Julie Gagnon, a fait savoir jeudi à CBC qu'elle accueillait favorablement la nomination de cette conseillère spéciale. Mme Gagnon affirme que l'examen que fera Mme Fraser fournira un point de vue précieux sur le processus entourant ces poursuites ainsi que sur les procès et litiges similaires.

Le commissaire de la GRC, Bob Paulson, admettait en février dernier devant des parlementaires qu'il existait un problème de harcèlement et d'intimidation au sein de la police fédérale, mais il soutenait que la GRC avait fait des progrès pour le régler.

Une question de sécurité pour les employés de la GRC

«Le gouvernement du Canada prend d'autres mesures en vue de s'assurer que tous les membres, les stagiaires et les employés de la GRC puissent se sentir en sécurité parmi leurs collègues et supérieurs, et d'être respectés par ces derniers.»

- Extrait du communiqué du gouvernement du Canada sur la nomination de Sheila Fraser

« Pour que la GRC soit en mesure de mener efficacement son rôle, il est primordial que ses actions soient professionnelles et exemplaires et que les Canadiens aient confiance en elle et qu'ils la respectent », affirme le ministre Goodale

Le ministre de la Sécurité publique rappelle aussi que la GRC doit être un lieu de travail sain, exempt de harcèlement et de violence sexuelle.

Les caporales Catherine Galliford et Susan Gastaldo, la constable Alice Fox et Atoya Montague, une employée civile de la GRC, ont toutes quatre déposé des procédures judiciaires contre la GRC. Elles affirment avoir souffert de choc post-traumatique à la suite de présumés incidents de harcèlement dans le cadre de leur travail.

Dans le cas de Catherine Galliford, cette dernière a finalement conclu en mai dernier une entente à l'amiable avec la GRC.

Un examen complet est déjà en cours

En février dernier, le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, avait déjà demandé à la Commission civile d'examen et de traitement des plaintes relatives à la GRC un examen complet des politiques et des procédures en matière de harcèlement en milieu de travail au sein de la police fédérale.

Dans son rapport prévu l'an prochain, la Commission devra ainsi déterminer si les recommandations énoncées à la suite d'une enquête précédente, en 2013, ont été mises en oeuvre de façon efficace depuis.

La Commission avait conclu en 2013 que la GRC devait traiter rapidement et efficacement les plaintes relatives au harcèlement en milieu de travail, afin de rétablir la confiance du public et des policiers. On recommandait notamment un mécanisme de traitement des plaintes plus indépendant, des échéanciers précis et une formation pour tous les policiers.

Une solide crédibilité

Sheila Fraser apporte « la crédibilité et l'impartialité requises, en plus de détenir de solides antécédents, pour entreprendre cet examen », affirme le ministre Ralph Goodale.

De fait, lorsqu'elle occupait le poste de vérificatrice générale, Mme Fraser s'était bâti la réputation d'être une enquêteuse solide qui ne craignait pas de dire la vérité aux détenteurs du pouvoir.

Ses déclarations voulant que le Canada fût mal préparé dans l'éventualité d'une attaque terroriste avaient fait la manchette. De même pour ses estimations en lien avec le registre canadien des armes à feu qui allait coûter 500 fois plus cher que prévu au gouvernement.

Mais c'est pour avoir exposé le scandale des commandites que Sheila Fraser s'est le plus fait connaître du grand public.

Son équipe avait découvert que 100 des 250 millions de dollars injectés dans le programme fédéral de commandites avaient été versés presque en pure perte à des sociétés de la Couronne et à des firmes de marketing. Le rapport de Mme Fraser avait mené, en février 2004, à l'établissement de la commission Gomery, qui avait enquêté sur les ramifications légales du scandale.

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