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Les policiers de Montréal auront plus de pistolets électriques

07/07/2016 03:53 EDT | Actualisé 07/07/2016 03:53 EDT
Radio-Canada.ca

EXCLUSIF - Le Service de police de la Ville de Montréal va augmenter le nombre de pistolets à impulsion électrique disponibles pour ses agents. Le SPVM vient de lancer un appel d'offres pour acquérir plus d'une cinquantaine de pistolets Taser X2.

Un texte de Jean-Philippe Robillard

Le directeur du SPVM, Philippe Pichet, affirme que son service a pris cette décision pour donner suite aux recommandations du rapport du coroner Luc Malouin sur la mort du sans-abri Alain Magloire. « Le dernier rapport du coroner dans l'affaire Magloire nous a demandé d'augmenter le nombre d'appareils qu'on a sur le terrain afin d'être plus efficaces et de déployer plus rapidement ces fameux appareils-là », explique-t-il.

Dans son rapport, le coroner Malouin recommandait à la Ville d'augmenter le nombre de ces armes. Il estimait que le nombre de pistolets à impulsion électrique était insuffisant dans une ville comme Montréal, en particulier au centre-ville, où l'on retrouve une concentration élevée de personnes ayant des problèmes de santé mentale.

Selon le rapport du coroner, en 2015, on comptait 75 pistolets Taser à Montréal, dont 33 seulement sur le terrain. Les autres étaient en réparation ou à l'armurerie. En comparaison, on en comptait 600 à Toronto, près de 400 à Ottawa, 200 à Vancouver, 168 à Calgary et 20 à Laval.

On ignore pour le moment comment seront répartis les 52 nouveaux pistolets Taser, mais le chef Pichet ne cache pas qu'il veut en augmenter le nombre dans les postes de quartier. « Il est dans notre intention d'augmenter le nombre d'appareils disponibles sur le terrain. C'est sûr que nous, on analyse combien on peut en donner, à qui on va en donner et, de façon stratégique, comment les déployer sur le terrain », précise-t-il.

Dans le rapport, le coroner déplorait l'absence de pistolets Taser, le fait que les policiers n'en avaient pas avec eux lors de l'intervention auprès d'Alain Magloire et qu'ils ont dû en demander un sur les lieux. D'autant plus, selon lui, que les policiers auraient pu l'utiliser à deux reprises pour neutraliser Alain Magloire.

« C'est un outil important pour eux lorsqu'il y a des interventions avec des gens dérangés mentalement », affirme Guy Ryan, ancien inspecteur au SPVM.

M. Ryan voit d'un bon oeil l'acquisition de ces nouveaux pistolets à impulsion électrique. « Il y a déjà 10 postes de quartier qui sont munis de ces armes-là en ce moment, et probablement que tous les postes de quartier vont être munis de cette arme-là pour être en mesure de répondre rapidement lorsqu'il y a une intervention à faire [...] et ça va empêcher peut-être des morts d'hommes. »

Le rapport annuel 2015 du SPVM indique que les policiers ont eu recours à ce pistolet à 82 reprises.

Il faut rappeler que le pistolet Taser est cependant une arme intermédiaire controversée, qui a déjà causé la mort.

En mars dernier, la Fraternité des policiers et policières de Montréal avait accueilli favorablement les recommandations du coroner, dont celle portant sur le pistolet Taser. « Bien que le Taser ne soit pas une baguette magique, nous sommes d'accord avec un déploiement plus important. Bien entendu, nous sommes également d'accord avec davantage de budgets de recherche, plus de formation et plus de ressources mixtes de soutien aux urgences psychosociales », affirmait le syndicat.

Au Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), l'organisateur communautaire Bernard St-Jacques, qui a longtemps été opposé à ce type d'arme, affirme qu'aujourd'hui, avec la formation qu'ont eue les policiers en santé mentale, le Taser peut être une solution en situation de crise.

« Force est de constater que c'est un outil qui pourrait s'avérer et qui a probablement permis d'empêcher, à tout le moins, qu'il y ait mort d'homme. On peut penser à plusieurs situations où on a pu empêcher de tuer la personne », souligne M. St-Jacques.

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Taser stun gun demonstration


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