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Près de 130 Québécois ont reçu l'aide médicale à mourir

06/07/2016 06:38 EDT | Actualisé 06/07/2016 06:38 EDT

Six mois après l'entrée en vigueur de la Loi concernant les soins de vie, 128 personnes ont reçu l'aide médicale à mourir. Un nombre presque deux fois plus élevé que ce à quoi s'attendaient les experts.

Un texte de Laurent Therrien et Davide Gentile

Radio-Canada a compilé les données rendues publiques par les établissements de santé du Québec. On y apprend qu'entre décembre 2015 et juin 2016, 200 patients ont demandé l'aide médicale à mourir.

De ce nombre, 128 Québécois l'ont finalement obtenue, tandis que l'aide médicale à mourir n'a pas été administrée à 72 patients. Parmi eux, 13 personnes avaient changé d'avis.

C'est à Lanaudière, dans le Centre-Ouest et l'Est de Montréal ainsi qu'à Laval que les demandes d'aide médicale à mourir sont les plus nombreuses, en proportion du nombre de patients en fin de vie.

Un nombre plus élevé qu'estimé

Le fait que 128 personnes aient eu recours à l'aide médicale à mourir a de quoi surprendre, puisque ce nombre dépasse largement les prévisions des spécialistes.

« La plupart des experts évaluaient qu'entre 50 et 100 personnes allaient demander l'aide médicale à mourir la première année », explique le docteur Georges L'Espérance, président de l'Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité (AQDMD).

Toutefois, il précise que le nombre de personnes qui ont reçu l'aide médicale à mourir représente moins de 1 % des décès au Québec. « Dans les autres législations du monde où on a adopté les mêmes lois, l'aide médicale à mourir représente de 2 % à 4 % des décès », explique le neurochirurgien.

Plus de demandes la première année?

Il est aussi possible que les statistiques soient gonflées la première année, en raison du nombre de patients qui attendaient l'entrée en vigueur de la loi pour demander l'aide médicale à mourir.

« Des gens étaient en attente de cette loi depuis un certain temps, ce qui pourrait expliquer un surplus du nombre de demandes », croit le docteur L'Espérance.

Au total, 36 % des demandes d'aide médicale à mourir ont été refusées aux patients. Ce nombre est plus élevé à Laval et dans l'Ouest de l'île de Montréal, où il atteint 71 %.

La loi oblige tous les établissements de santé du Québec à produire un rapport tous les six mois, dans lequel ils indiquent le nombre de demande d'aide médicale à mourir formulées et administrées. Le rapport est publié sur le site internet de l'établissement.

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