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Brexit: les parlementaires européens s'impatientent face à Londres

28/06/2016 08:57 EDT | Actualisé 28/06/2016 09:08 EDT

Des parlementaires européens furieux ont demandé mardi que le Royaume-Uni mette fin à l'incertitude qui frappe les marchés européens et mondiaux, en exigeant que le pays enclenche immédiatement le processus de sortie de l'Union européenne s'il a véritablement l'intention de s'en aller.

Le premier ministre britannique démissionnaire David Cameron est arrivé à Bruxelles mardi pour une rencontre avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, quelques heures avant la tenue d'un sommet européen.

M. Cameron a laissé entendre que ces discussions ne pourraient débuter qu'en octobre, une fois son successeur choisi, et déclaré qu'il souhaite la tenue de pourparlers informels sur la suite des événements.

M. Juncker et d'autres leaders européens maintiennent toutefois qu'ils ne participeront à aucune discussion tant que Londres n'aura pas formellement invoqué l'Article 50 de la Constitution européenne, ce qui mettra en marche un processus de séparation qui s'étirera sur deux ans.

Lors d'une session d'urgence sans précédent du Parlement européen, convoquée après que le Royaume-Uni ait choisi de claquer la porte de l'UE, M. Juncker a réclamé que le pays clarifie ses intentions. Il a notamment déclaré qu'une longue période d'incertitude est inacceptable.

M. Juncker a ensuite révélé avoir interdit à ses employés de discuter avec le Royaume-Uni de son avenir tant que Londres n'aura pas invoqué la clause de sortie, ce qui lui a valu un tonnerre d'applaudissements.

Nigel Farage, un membre britannique du Parlement européen et un des leaders du camp «partir», a été hué et conspué quand il a suggéré aux parlementaires d'accorder au Royaume-Uni un bon pacte commercial quand il quittera, en prévenant que l'avenir du secteur automobile allemand pourrait en dépendre. Il a ensuite prédit que le Royaume-Uni ne sera pas le dernier pays à quitter l'Union européenne.

La chancelière allemande Angela Merkel a promis d'utiliser «toute sa force» pour empêcher l'éclatement de l'UE. Mme Merkel et d'autres leaders européens entamaient mardi une rencontre de deux jours pour entendre la position de M. Cameron et essayer de tracer la voie à suivre.

Les leaders du camp «partir» espèrent que le Royaume-Uni pourra continuer à profiter des avantages du gigantesque marché intérieur européen tout en empêchant les autres citoyens européens de venir s'installer chez eux, les préoccupations liées à l'immigration ayant joué un rôle de premier plan pendant la campagne.

Mme Merkel, qui est à la tête de la plus puissante économie européenne, a clairement indiqué que cette option n'est pas sur la table. S'adressant au Parlement allemand avant de se rendre à Bruxelles, elle a dit que le Royaume-Uni voudra certainement préserver une «relation étroite» avec l'UE après son départ, mais qu'il ne doit pas s'attendre à ce qu'on fasse comme si de rien était.

«Quiconque veut quitter cette famille ne peut pas se débarrasser des obligations et ne conserver que les privilèges, a-t-elle lancé. Nous allons nous assurer que les négociations ne se feront pas sur la base du picorage.»

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