POLITIQUE

Où en sont nos relations avec le Mexique?

27/06/2016 11:57 EDT | Actualisé 27/06/2016 12:59 EDT
Radio-Canada.ca

Le président mexicain, Enrique Peña Nieto, est en visite au pays et pour le Sommet des leaders nord-américains. Depuis l'entrée en vigueur de l'ALENA, en 1994, le Canada a signé une dizaine de traités commerciaux avec d'autres États. Les relations avec le Mexique sont-elles toujours aussi importantes? État des lieux.

Un texte de Ximena Sampson

Sur les plans économique et commercial

Le Mexique est l'un des plus importants partenaires commerciaux du Canada. « À l'échelle mondiale, il y a peu de pays qui ont des relations commerciales aussi intenses », explique Mathieu Arès, professeur à l'Université de Sherbrooke.

Les échanges avec le Mexique semblent infimes à côté de ceux que nous avons avec les États-Unis, desquels le Canada est très dépendant. Les échanges avec l'Union européenne et la Chine sont aussi beaucoup plus importants, mais il s'agit, dans les deux cas, de grandes puissances commerciales.

La relation avec le Mexique a beaucoup progressé depuis l'entrée en vigueur de l'ALENA, précise Mathieu Arès. « Si on prend juste l'évolution bilatérale, quand on a signé, il y avait grosso modo 2 milliards d'échanges bilatéraux, maintenant on en est à plus de 30 milliards [de dollars]. On n'est plus dans le même ordre de grandeur. »

Le solde commercial est clairement en défaveur du Canada. On importe trois fois plus de produits du Mexique qu'on n'en exporte là-bas. Il s'agit surtout de véhicules automobiles et de produits électroniques.

« Le Mexique produit plus d'autos que le Canada », soutient Mathieu Arès. « C'est devenu un concurrent direct pour la filière automobile, ajoute-t-il. Ils ont des salaires moins élevés et la qualité a beaucoup augmenté. » En ce qui concerne l'électronique, « le Canada a perdu des plumes, tandis que le Mexique se débrouille très bien », précise M. Arès.

Le tourisme

Cancún et la Riviera Maya sont très populaires auprès des Canadiens, qui sont de plus en plus nombreux à visiter le Mexique. Quelque 2 millions d'entre eux y ont séjourné l'année dernière, soit plus du double que 10 ans plus tôt.

Par contre, le tourisme mexicain au Canada, qui était en plein essor, a enregistré un fort recul avec l'imposition de visa aux Mexicains en juillet 2009. Se disant préoccupé face à l'augmentation de demandes d'asile en provenance de ce pays (qui ont triplé entre 2005 et 2008), le gouvernement de Stephen Harper a imposé un visa aux Mexicains qui souhaitent entrer au Canada.

Les autorités mexicaines ont répliqué en imposant, elles aussi, un visa, mais seulement aux détenteurs de passeports diplomatiques et de passeports spéciaux.

Plusieurs s'attendent à ce que M. Trudeau annonce la fin de cette politique lors du sommet des leaders nord-américains.

Les travailleurs saisonniers

En vertu d'une entente conclue en 1974, environ 20 000 Mexicains viennent chaque année travailler dans des fermes canadiennes. Si ce programme a fait les manchettes à quelques reprises en raison de certains abus, « il va globalement assez bien », selon Mathieu Arès, « et il est bien perçu par les Mexicains ».

Les échanges culturels

« Les relations culturelles sont fortes et dynamiques dans les deux sens », affirme M. Arès. Il existe plus de 400 accords entre des institutions d'éducation supérieure mexicaines et canadiennes et un nombre croissant de Mexicains viennent étudier au Canada.

C'est dans ce domaine qu'il y a encore du potentiel pour l'amélioration. « L'image du Canada au Mexique est très bonne », souligne Mathieu Arès. « De plus en plus, les familles sont intéressées à envoyer leurs jeunes ici plutôt qu'aux États-Unis. »

Le Mexique a d'ailleurs été désigné comme pays prioritaire en matière d'éducation internationale. Les universités canadiennes multiplient les ententes afin d'attirer les étudiants des cycles supérieurs.

Du côté des échanges économiques, par contre, on est plutôt sur la vitesse de croisière, croit le politologue. « Du point de vue de nos entrepreneurs, le Mexique n'est plus un marché exotique. Ceux qui sont intéressés à vendre au Mexique y sont déjà implantés. Il y a des réseaux d'affaires créés. Ce n'est plus un marché à découvrir. »

Visite du président du Mexique, Enrique Peña Nieto

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