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Santé mentale: les patients font face à des obstacles sur les réserves

19/06/2016 04:16 EDT | Actualisé 19/06/2016 04:17 EDT

Des mesures de Santé Canada font en sorte que les patients sur les réserves font face à plus d'obstacles et de temps d'attente que les Canadiens non autochtones pour avoir accès à des médicaments sous ordonnance que leur médecin estime nécessaires pour traiter leurs troubles mentaux, affirme une psychiatre ayant travaillé dans des communautés de Premières Nations.

La docteure Cornelia Wieman, qui a travaillé huit ans dans une réserve près de Brantford, en Ontario, a souligné que certains médicaments sous ordonnance utilisés pour traiter des maladies mentales graves ne sont pas assurés par Santé Canada à moins que le patient ait essayé d'autres antipsychotiques sans constater d'amélioration ou pour lesquels il a subi des effets indésirables.

Devant le comité parlementaire examinant la forte prévalence des cas de suicide dans les communautés autochtones, Mme Wieman, psychiatre au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) à Toronto, a confié avoir souvent dû tester des médicaments possiblement périmés sur des patients avant de pouvoir obtenir du financement pour de nouveaux produits disponibles sur les marchés.

Cet enjeu est lié au Programme des services de santé non assurés (SSNA) de Santé Canada qui fournit environ 1 milliard $ en couverture annuelle pour les membres admissibles des Premières Nations et des Inuits pour des services restreints de médicaments sous ordonnance, de soins dentaires, de soins optiques, de fournitures médicales et d'équipement, de transport de patients et de consultations en santé mentale non couverts par des programmes d'assurance-santé privés, provinciaux ou territoriaux.

La liste de médicaments couverts inclut quatre médicaments antipsychotiques qui ne peuvent être utilisés que dans des conditions restreintes et qui requièrent une pré-approbation de Santé Canada. Ces quatre produits sont pourtant inclus dans la couverture de base de l'assurance-médicaments en Ontario.

La secrétaire parlementaire de la ministre fédérale des Affaires autochtones Carolyn Bennett, Yvonne Jones, a affirmé à La Presse Canadienne plus tôt cette année que le gouvernement libéral était conscient des enjeux liés au SSNA et qu'il examinait des réformes.

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