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«Les steppes de Gengis Khan» : le 2e thriller-historique d'une série de... 10!

17/06/2016 10:41 EDT | Actualisé 17/06/2016 10:46 EDT
Martine Doyon

Prolifique est certainement un adjectif qui convient à Aline Apolstolska. Avec Les steppes de Gengis Khan, l’écrivaine ne publie rien de moins que son 40e livre en 30 ans. Un rythme qui s’est accéléré depuis 2012 et qui continuera de s’accroître grâce aux histoires dans lesquelles elle plongera Joséphine Watson-Finn, l’archéologue montréalaise qui se rendra en Iran, en Chine, en France et qui terminera sa route, au bout de 10 tomes, à Istanbul.

L’auteure avait 18 titres à son actif lorsqu’elle a quitté la France pour Montréal en 1999. Travaillant pendant une décennie à Radio-Canada et écrivant pour La Presse jusqu’en 2014, Apolstolka a peu à peu délaissé son métier de journaliste au profit de la littérature à temps plein, déployant sa plume d’écrivaine avec une intensité et un éclectisme décuplés. «Depuis 2012, je suis de moins en moins journaliste et j’ai reçu plusieurs propositions d’éditeurs très différentes et hyper intéressantes pour moi. C’est une chance considérable!»

Retour sur l’affaire Languirand

Elle fait à la fois référence à la série en 10 volets et à la biographie de Jacques Languirand, publiée en 2014 et ramenée à l’avant-scène médiatique au printemps 2016, lorsque Line Beaumier, l’ex-conjointe de Martine Languirand, la fille du biographié, a attiré l’attention des médias en accusant son ancien beau-père d’inceste.

Une prise de position qui a plongé la biographe dans un tourbillon médiatique éprouvant. «J’ai très mal vécu cette période. Même si je savais que ça se préparait. Line Beaumier essayait d’intéresser les journaux depuis des mois. Des collègues journalistes ont vérifié ses dires en me contactant. J’ai répondu à tout le monde que je ne pouvais pas affirmer que je ne savais rien et que je ne voulais pas mentir, mais que je ne pouvais pas révéler le contenu de mes entretiens à ce sujet. Finalement, Line a utilisé mes propos verbaux pour en faire un tweet un soir, à 1 h du matin. À 5 h, Paul Arcand m’appelait et 350 autres ont suivi.»

Aujourd’hui, elle garde un souvenir douloureux de cette période. «C’était terrible pour moi. Cette histoire n’était pas d’intérêt public. Puisque ma biographie en était une de coauteurs, le contenu devait être approuvé. Tout le monde l’a lue. incluant Martine Languirand. Elle a dit qu’elle ne voulait pas parler du sujet en question. Point. Maintenant, toute cette histoire est entre les mains de la justice.»

Destination : Oulan-Bator

L’incontournable sujet ayant été abordé, nous avons poursuivi l’entretien en discutant de la passion qui l’anime pour Joséphine, la professeure quinquagénaire de l’Université McGill, peu diplomate, mais fort attachante.

Après un arrêt en Croatie dans L’île noire de Marco Polo, où elle a retrouvé son ex-amant Leo, qu’elle n’avait pas vu depuis 20 ans, elle se fait envoyer par l’UNESCO en Mongolie. Accompagnée de sa jeune assistante Andréanne, qu’elle voit comme sa fille, rejointe par son amoureux Terry et guidée par son père Lawrence, elle concentrera son attention, une fois encore, sur Leo, qui exploite les rituels chamaniques à très, très mauvais escient.

Une mission qu’on lui a proposée, alors qu’elle n’était pas la plus qualifiée, ni sur la culture mongole ni sur le chamanisme. Si le choix a de quoi surprendre, il permet néanmoins aux lecteurs de découvrir un univers entier à travers les yeux d’une femme ultra-cultivée, polyglotte, mais qui ne connait pas tout et qui ne se gêne pas pour poser bien des questions.

Un peu comme Aline Apostolska, pour tout dire. Bien qu’elle ait accumulé quantité de notions sur les traditions bouddhistes-chamanistes et sur certaines autres traditions millénaires en séjournant pendant plusieurs mois, avec mari et fils, auprès de la communauté tibétaine exilée du dalaï-lama à Dharamsala, en Inde. Un séjour qui lui a permis d’écrire Un été d’amour et de cendre, récompensé du Prix littéraire du Gouverneur général en 2012, mais qui ne laissait pas présager tout ce qu’elle a appris dans ses recherches sur la Mongolie d’aujourd’hui.

«C’est le troisième pays du monde en termes d’expansion économique, à cause des mines. Mais pendant qu’une frange de la population s’enrichit, le reste s’appauvrit et vit dans les bidonvilles. Ils sont pris entre la modernité et la tradition. La jeunesse est complètement perdue là-dedans.»

Un peuple à la dérive, mais qui n’est pas moins fascinant à observer grâce aux mots de l’écrivaine : évolution historique, nourriture, culture, rituels, tout est expliqué avec une quantité foisonnante (le mot est faible) de détails.

Une abondance d’information qu’Apostolska a tenté d’équilibrer autant que faire se peut. «Mes qualités de conteuse sont aussi nécessaires à ce livre que celles de journaliste: l’investigation, la curiosité, la capacité de départager les informations et de bien les transmettre. Mais toutes les données sociologiques et historiques doivent servir de toile de fond. Ce qui prime, c’est l’intrigue et la psychologie des personnages.»

Elle a été aidée dans sa recherche par son fils Raphaël, docteur en histoire. «Tout est absolument exact dans le livre. On ne réinvente pas l’histoire! On a dû faire des mois de recherches pour en arriver là. Cela faisait partie de mes préoccupations journalistiques : je ne pouvais pas dire des choses fausses.»

La même volonté d’exactitude l’accompagnera dans l’écriture des huit prochains tomes, tous imbriqués les uns aux autres. «Mon fils et moi avons dessiné un tour du monde comme un jeu de piste. En Croatie, Joséphine va dans la maison natale de Marco Polo. Ensuite, Polo est allé en Mongolie. Puis, les Mongols ont envahi la Perse au 14e siècle, de là mon troisième tome en Iran. L’histoire évolue ainsi jusqu’à Istanbul, le berceau de la civilisation occidentale.»

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