POLITIQUE

Plusieurs documents du MTQ ont été falsifiés, disent Annie Trudel et Louise Boily (VIDÉO)

08/06/2016 08:14 EDT | Actualisé 09/06/2016 05:49 EDT

QUÉBEC – Rapports falsifiés, intimidation, obstruction aux enquêtes : deux ex-analystes du ministère des Transports ont fait des révélations troublantes devant les élus de l’Assemblée nationale mercredi soir. L’opposition promet déjà de talonner le gouvernement Couillard pour obtenir des explications.

L’ex-analyste externe, Annie Trudel, et l’ancienne vérificatrice interne, Louise Boily, se sont vidé le cœur devant la Commission de l’administration publique, chargée de faire la lumière sur les allégations d’irrégularités au MTQ.

Louise Boily a dit d’entrée de jeu s’être «sentie très seule depuis 2011». «Ce soir, pour moi, mon personnel d'audit et d'évaluation de programmes ainsi que pour le personnel du ministère qui a le ministère des Transports tatoué sur le coeur, c'est la lumière au bout du tunnel», a-t-elle affirmé.

L’ex-vérificatrice interne du MTQ a notamment affirmé que deux documents qu’elle a produits ont été falsifiés avant d’être déposés à l’Assemblée nationale ce printemps. «Les documents qui portent mon nom présentent des caractéristiques de manipulation, ce qui, pour moi, représente deux faux», assure Louise Boily.

Pour un autre de ses rapports d'audit, huit pages ont été retranchées, ajoute-t-elle.

De plus, l’ex-vérificatrice affirme avoir averti personnellement l’ex-sous-ministre du MTQ Dominique Savoie au sujet du fractionnement de contrats donnés par le ministère. L'ex-sous-ministre a pourtant affirmé devant la même commission récemment n’avoir jamais été avisée d’une telle pratique.

Louise Boily s'est également fait dire par une supérieure aux enquêtes, Nathalie Noël, qu'il ne fallait pas recommander trop d'enquêtes à l'UPAC.

Au cours de la commission Charbonneau, Louise Boily a été interrogée par une sous-ministre adjointe, Danielle Cantin et la directrice à la Direction des enquêtes et de la surveillance des marchés au MTQ, en 2014, pendant les travaux de la commission Charbonneau.

Les deux femmes cherchaient à connaître l'origine de documents de vérification interne du MTQ dont il avait été question devant la commission d'enquête sur l'industrie de la construction.

«J'étais complètement terrorisée», a-t-elle dit aux députés.

Pour sa part, Annie Trudel a confirmé mercredi soir que la clé USB remise aux élus a été modifiée. L’analyste avait été embauchée par l’ancien ministre des Transports, Robert Poëti, pour identifier les pratiques douteuses du ministère. Elle a finalement démissionné en raison de l’obstruction qu’elle dit avoir dû affronter quand le ministre a été remplacé.

Annie Trudel affirme que des documents ont été ajoutés et d’autres, retirés de la clé USB qu’elle a remise au MTQ au moment de sa démission.

Certains documents retirés étaient des courriels qui faisaient état de l’obstruction à son travail. «Toutes les preuves selon lesquelles il y avait de l'obstruction à l'égard de mon travail étaient dans ces courriels», a-t-elle dit.

Questionnée à savoir si elle croyait que le MTQ avait manipulé l’information remise à l’UPAC, l’ex-analyste a répondu sans hésiter : «Oui».

Avec La Presse Canadienne

INOLTRE SU HUFFPOST

Les citations politiques de l'année 2016