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Création d'une chaire de recherche Benoît Lacroix: un bel hommage à un grand homme (PHOTOS)

17/05/2016 05:56 EDT | Actualisé 17/05/2016 06:02 EDT
Sarah Emilie Nault

Sur la porte de son grand bureau, une affiche présentant le mot amour dans toutes les langues. «Cela le représente tellement bien, explique sa fidèle amie, la comédienne Sophie Faucher. Si le père dominicain Benoît Lacroix nous a quittés à l'âge vénérable de 100 ans en mars dernier, son œuvre et sa mémoire comptent bien être perpétuées. Par ses amis d'abord, puis par sa communauté dominicaine qui a profité du lancement de la campagne de financement pour la Fondation du collège universitaire dominicain pour annoncer la création d'une chaire de recherche Benoît-Lacroix. Un hommage sous les thèmes de la foi et de la culture qui guidaient profondément la vie de ce grand homme.

Création d'une chaire de recherche Benoît Lacroix


Célébrer la vie et l'oeuvre d'un grand homme

«Benoît, c'était l'ouverture, l'accueil. Il est irremplaçable, il est exceptionnel. C'est ce qu'il a apporté. C'était OUI les bras ouverts», explique avec émotion la comédienne Françoise Faucher.

«Il a célébré le baptême de ma fille, mon mariage, ajoute Sophie Faucher. Quand je passais dans le coin, je lui téléphonais et il me disait «Viens la grande». Je le faisais rire. Il nous a été fidèle, il nous a ouvert son église.»

Pour ses précieux amis comme pour le frère Daniel Cadrin, directeur de l'Institut de pastorale des dominicains, la création d'une chaire de recherche Benoît Lacroix était d'une évidence certaine.

«Benoît était tant de choses: un historien du Moyen-Âge, un dominicain comme nous et un écrivain - (autant de publications savantes, d'écrits poétiques et narratifs que d'ouvrages de vulgarisation). Il était très présent dans les médias québécois, ce qui est assez unique pour un religieux, médiéviste de surcroît. Il était à la radio, à la télévision, dans les journaux. Et il avait un réseau de contacts et d'amis provenant de ce milieu, et du théâtre aussi. C'était un homme religieux très sensible au monde des rituels. Il a célébré beaucoup de mariages, de baptêmes… Il était aussi très présent à l'Université; nous avons d'ailleurs un centre de pastorale universitaire portant son nom.»

Pour tous ceux qui ont eu le bonheur de le côtoyer, le père Benoît Lacroix était le visage même de l'ouverture, de l'inclusion, de l'amour des gens, des mots et de la culture.

«Cette chaire de recherche permettra d'offrir enseignement, activités, événements, recherche et publications touchant aux thèmes de la foi et de la culture si chers à Benoît. Elle permettra aussi d'effectuer un virage numérique essentiel à la diffusion de nos formations en philosophie, théologie et en pastorale. Elle se veut un plongeon dans cet ensemble de questions qui l'intéressaient tel le rapport avec l'histoire, les traditions, la question de l'art et de la littérature, celle des peuples autochtones auquel il était aussi très sensible, la question du métissage culturel actuel, le multiculturalisme, les réfugiés… C'était un homme d'espérance qui avait un regard plus long sur l'histoire que nos petites crises actuelles et qui voyait plus large pour notre société. Il amenait les gens à ouvrir et élargir leurs horizons», ajoute le frère Cadrin.

«Benoît était quelqu'un qui était aussi à l'aise avec les ados ou les jeunes universitaires qu'avec les gens de la rue qui venaient frapper à notre porte, les gens du monde des arts ou les grands savants, renchérit Maxime Allard, président du Collège universitaire dominicain, professeur de philosophie à Ottawa. Il avait une personnalité très riche et c'était un homme très drôle qui ne se prenait pas au sérieux.»

Une soirée-hommage «Pour Benoît, par delà les mots»

Pénétrer dans le bureau du père Benoît Lacroix, c'est le découvrir un peu à travers sa bibliothèque bien garnie, son bureau où il s'est maintes fois posé pour écrire, son tableau de Matisse et celui de Jean-Paul Lemieux fixés aux murs et puis, sentir son énergie qui semble ne pas vouloir quitter ce lieu de création et d'amour. C'est aussi être témoin de tout l'amour que ses amis comédiens lui portent en discutant avec eux de ces petits moments partagés au fil de ce qui semble être de bien belles amitiés.

«Il me disait toujours «Sophie; travaille pour les enfants, travaille pour la relève, travaille pour la jeunesse». Ce n'est pas toujours mon public cible, mais lorsque j'ai des propositions, je suis incapable de dire non, car j'ai toujours sa voix dans ma tête. Il avait un souci permanent d'inclure les jeunes dans tout ce qu'il faisait.»

«D'ailleurs, j'ai eu une idée ce matin, ajoute Sophie Faucher. J'ai envie de proposer que les comédiens concernés (Françoise Faucher, Danielle Panneton, Jean-François Casabonne, moi) se retrouvent chez les Dominicains le 8 septembre, jour de l'anniversaire de Benoît, pour une soirée de lecture des textes de Benoît. Ce sera une façon de souligner son anniversaire et de lui dire qu'on l'aime. Le tout bénévolement, pour l'amour de l'art et de Benoît. Les sous récoltés iront à la Fondation. Il a laissé tant d'écrits et sa parole peut être diffusée, car elle est si vaste. On va intituler cette soirée «Pour Benoît, par delà les mots», un clin d'oeil à son merveilleux conte «Cosmos».»

«Benoît était tellement ouvert à toutes les pensées, à toutes les religions, à différentes formes de cultures, poursuit la comédienne Danielle Panneton. Je trouve cela tellement riche, car c'est exactement dans cela que l'on vit actuellement. Et puis, il y a la somme des écrits qu'il a laissés. C'est un penseur et un poète à sa façon. Il aimait rire, il aimait les femmes, il aimait la beauté. Chaque personne qui le rencontrait avait l'impression d'être unique. On était aimé par lui et il nous faisait sentir plus aimant.»

Pour en savoir plus : Institut de pastorale des Dominicains.