DIVERTISSEMENT
04/05/2016 09:50 EDT | Actualisé 06/05/2016 08:00 EDT

«Luzia» du Cirque du Soleil : le Mexique comme vous ne l'avez jamais rêvé (PHOTOS)

Des couleurs qui créent un véritable régal pour l’œil, de l’humour et de la poésie, un voyage dans un Mexique imaginaire qu’on voudrait interminable, une légèreté jamais dépourvue d’intelligence : aussi simple et rassembleur que splendide, Luzia, le nouveau spectacle du Cirque du Soleil, est un bijou, un grand cru, aussi émouvant qu’amusant.

LUZIA - Cirque du Soleil

Ce 38e opus (en 32 ans d’existence) est l’une des très belles réussites de la compagnie, qu’on applaudira sous chapiteau, dans le Vieux-Port de Montréal, jusqu’au 17 juillet, puis au Port Lands à Toronto, dès le 28 juillet.

Tout au long de la prestation, on se dit que celle-ci ne rate jamais la cible, en fixant ce gros soleil (qui devient aussi lune un moment) jaune, puis orange, puis de différentes teintes, lesquelles se modifient au gré des mouvements, et théâtre de projections diverses, derrière, pendant l’entière représentation, qui surplombe l’action sans jamais l’éclipser. Et en admirant les prouesses de la quarantaine d’artistes, 44 au total, originaires de 15 pays, épatants de talent et d’agilité, qui donnent corps à Luzia pendant deux heures.

La deuxième partie de Luzia est sans contredit plus circassienne, plus époustouflante en termes d’acrobaties, mais l’intérêt ne s’essouffle jamais non plus avant l’entracte, dans cette succession de petites scènes pleines de magie, généreuses, toutes en finesse et en grâce. L’éblouissement dure et perdure, tantôt en nous faisant retenir notre souffle, tantôt en nous berçant simplement par sa beauté.

Il ne faut que quelques secondes pour se laisser happer par le périple proposé par le concepteur et metteur en scène Daniele Finzi Pasca, qui a su, avec la collaboration de la metteure en scène associée, Brigitte Poupart, la directrice de création Patricia Ruel, la dramaturge Julie Hamelin Finzi, le scénographe Eugenio Caballero et le reste de leur équipe, construire des tableaux ludiques, un mot utilisé à toutes les sauces par les temps qui courent ; or, nulle autre expression ne pourrait mieux définir le petit monde de Luzia, campé dans un Mexique fantasmé, tiré d’un songe, où la lumière, l’eau, l’animal et la fête occupent une place prépondérante.

L’histoire, ténue, comme dans toutes les fresques du Cirque du Soleil, nous fait suivre un loufoque personnage, débarqué à dos de parachute dans ce nouveau et curieux lieu de pèlerinage, qui ira de rencontres en découvertes au fur et à mesure de l’enchainement. Le pauvre bougre ne l’aura pas toujours facile, mais son évolution est le cœur de Luzia, c’est elle qui guide le spectateur.

Pendant que ce pays inventé de toutes pièces se déploie sous nos yeux, le rire cristallin des enfants et celui, plus grave, des adultes, s’élève dans la foule et fait écho à ce charme juste assez flamboyant, jamais trop, juste assez enfantin, jamais trop, et juste assez excentrique, jamais trop. La musique exotique évoque l’ailleurs, on brandit souvent les instruments, on danse parfois, et le plaisir est palpable partout sous la tente rayée jaune et blanche.

Impressionnant et apaisant

Au début, il y a cette femme qui court avec ses grandes ailes de papillon, qui tournoie au même rythme que le cheval devant elle. Des oiseaux multicolores que les cœurs d’enfants associeront au toucan des boîtes de Froot Loops, mignons à souhait.

Puis, les anneaux chinois et ces cerceaux qui volent, ces sauts, sur la plateforme tournante. Un cabaret, le Quatuor Adagio, où hommes et bestioles s’entremêlent presque sensuellement, la Roue Cyr et le trapèze parmi les cactus et les frêles arbres dépouillés, cette pluie magnifique sous laquelle on se balance. Un jeu de ballon, une interaction du clown avec l’assistance. Un segment de cage d’équilibre absolument fascinant, des footballeurs contorsionnistes qui s’éclateront eux aussi sous la pluie. Ces gouttes qui, un peu plus tard, emprunteront des formes majestueuses en s’écoulant du ciel, en chutes abondantes, une image quasi hypnotisante.

Une réjouissante parade percussive et, peu de temps après, une jolie jonglerie au son des xylophones. La saynète des mâts et pôles se veut joyeuse, celle de la balançoire à 360 degrés est carrément spectaculaire, au même titre que celle de la balançoire russe, qui se conclut dans un tintamarre de maracas. Un contorsionniste sur socle tournant, entouré de chandelles, deviendra presque pieuvre à force de se tordre dans tous les sens. On ira également en plongée sous-marine entre les cactus mouvants. Avant de conclure sur une fiesta autour de la table, où les fleurs se multiplieront, au son d’un orchestre majestueux.

Il y a de tout, de l’impressionnant et de l’apaisant, et on ne s’ennuie ni ne s’exaspère jamais dans le rayon de kilomètres de Luzia. L’œuvre renoue avec certaines bases du cirque, ce qui devrait ravir les purs et durs qui fréquentent ce type d’événements pour être déroutés et transportés par les envolées, culbutes et autres exploits corporels des acrobates, tout en faisant honneur au grand déploiement typique du Cirque du Soleil. Pour l’été qui approche à grands pas, Luzia est l’activité parfaite pour s’emplir littéralement la tête et le cœur de soleil.

Pour plus d’informations : www.cirquedusoleil.com.