POLITIQUE

Affaire Duffy : Démocratie en surveillance veut poursuivre l'entourage de l'ancien premier ministre Stephen Harper

25/04/2016 12:09 EDT | Actualisé 25/04/2016 12:09 EDT

OTTAWA – Un groupe citoyen veut traîner l'entourage de l’ancien premier ministre Stephen Harper en cour à la suite de l’acquittement du sénateur Mike Duffy.

Démocratie en surveillance, qui se décrit comme un « groupe national de défense des citoyens du Canada », tente d’amasser 55 000$ en dons afin d’intenter une poursuite privée contre les responsables de l’affaire Duffy selon eux.

stephen harper mike duffy

« Chose incroyable, le sénateur Duffy a été accusé d’avoir accepté un pot-de-vin, mais personne du bureau du premier ministre Harper ou du Parti conservateur n’a été accusé de lui avoir offert ce pot-de-vin », est-il écrit en anglais.

Mike Duffy a été acquitté de tous les chefs d’accusation de fraude, de corruption et d’abus de confiance qui pesaient contre lui, la semaine dernière. Il peut réintégrer ses fonctions au Sénat, avec plein salaire et toutes ses ressources.

Le juge Charles Vaillancourt a déclaré qu’il n’avait pas sollicité le chèque de 90 000$ donné par Nigel Wright, le chef de cabinet de l’ancien premier ministre Stephen Harper.

Dans son jugement, il a déclaré que ces « machinations sordides » n’ont bénéficié qu’aux conservateurs afin d’étouffer le scandale qui éclatait au Sénat. Mike Duffy, lui, a toujours plaidé qu’il pensait respecter les règles.

«Est-ce que Nigel Wright a réellement donné des ordres aux membres du Sénat comme s'ils n'étaient que des pions sur un échiquier?» a demandé le juge Vaillancourt.

«Est-ce que ces mêmes membres haut placés au Sénat n'ont que timidement acquiescé aux ordres de M. Wright? Est-ce que ces mêmes membres n'ont fait que marcher comme des robots en récitant leurs lignes écrites d'avance?»

«Est-ce que Nigel Wright a réellement ordonné au sénateur d'approcher un dirigeant d'une firme comptable qui réalisait un audit indépendant du Sénat pour jeter un coup d'oeil au rapport avant qu'il ne soit dévoilé aux autorités du Sénat ou afin d'influencer son contenu?»

«Est-ce que la lecture de ces courriels donne l'impression que le sénateur devait faire ce qu'on lui disait de faire ou il allait devoir faire face aux conséquences?»

« Oui, oui, oui, oui, oui! » s’est exclamé le juge, ajoutant que Duffy devait se plier au plan du bureau du premier ministre, sous peine d’être exclu du parti, du caucus conservateur et de ses collègues conservateurs au Sénat.

Selon Démocratie en surveillance, Nigel Wright et les responsables du Parti conservateur ont enfreint la loi. Ils seraient passibles d’un emprisonnement maximal de 14 ans s’ils sont reconnus coupables et vertu du Code criminel.

Le bureau de Stephen Harper n'avait pas répondu à notre demande d'entrevue au moment de publier.

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