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L'ex-directeur général de <em>L'itinéraire</em> nommé protecteur des itinérants

18/04/2016 12:09 EDT | Actualisé 18/04/2016 12:12 EDT

L'ex-directeur général du journal L'itinéraire Serge Lareau devient le protecteur des personnes en situation d'itinérance de la Ville de Montréal, a annoncé lundi le maire Denis Coderre. Il entre en fonction dès maintenant.

M. Coderre avait annoncé la création de ce poste en décembre dernier, au même moment où il s'était engagé à sortir 2000 itinérants des rues de la métropole québécoise d'ici 2020.

La création du poste de protecteur des itinérants, a dit le maire, s'inscrit dans le Plan d'action montréalais en itinérance 2014-2017, qui vise « à renforcer l'exercice de la citoyenneté des personnes en situation d'itinérance ».

« M. Lareau est la personne désignée pour occuper le poste », a assuré le maire, en évoquant son implication dans l'itinéraire, un journal de rue conçu et vendu le plus souvent par des itinérants en processus de réinsertion sociale.

« Grâce à sa présence et à sa connaissance du terrain, M. Lareau veillera à assurer l'optimisation des services et à accroître leur accessibilité, en favorisant au premier chef les gens qui en bénéficient, c'est-à-dire les personnes en situation d'itinérance », a indiqué M. Coderre.

«En d'autres mots, il va travailler du point de vue des personnes itinérantes. Mettre l'individu au centre des préoccupations nous semble aller de soi lorsqu'il est question de pauvreté et d'exclusion sociale.»

- Denis Coderre

« Son expertise va enrichir les connaissances de la Ville et de ses partenaires, influencer les décideurs, et renforcer notre capacité à répondre aux besoins de manière concrète et concertée », a poursuivi le maire.

Le maire Coderre a précisé que M. Lareau devra mettre sur pied le comité du maire en itinérance avec des représentants des services municipaux, de la santé, et du système juridique, qu'il a présenté comme le « lieu privilégié d'échanges avec les élus. »

Il devra aussi collaborer au suivi du bilan du plan stratégique en matière profilage racial et social du Service de police de la Ville de Montréal et développer une formation pour employés municipaux.

Lareau vante le réseau communautaire en place

M. Lareau a dit aborder son nouveau défi « avec beaucoup de sérieux, car il y aura beaucoup de responsabilités et du travail à faire ». L'itinérance, a-t-il souligné, constitue non seulement « une tragédie individuelle, mais aussi une tragédie sociale. »

« Dans nos villes, dans nos sociétés qui se sont modernisées, qui se sont enrichies, malheureusement, on constate partout dans le monde occidental une augmentation de la population itinérante. Il y a de plus en plus de gens qui ne suivent pas ce TGV, ce train important de la modernité, qui tombent malades et qui passent à travers les filets », a-t-il dit.

«Montréal n'est pas pire ni meilleure qu'une autre ville, mais [...] nous le savons, nous le voyons jour après jour qu'il y a de plus en plus de gens dans la rue qui n'accèdent pas aux services, soit qu'ils sont inexistants pour cette catégorie de population, soit qu'ils sont manquants pour l'ensemble de la population.»

- Serge Lareau, protecteur des personnes en situation d'itinérance à Montréal

« On ne part pas de rien. L'itinérance repose énormément sur les épaules du communautaire. Montréal est riche d'un vaste réseau communautaire, qui s'est énormément spécialisé », a affirmé M. Lareau, en soulignant aussi le travail important accompli par la Ville dans ce dossier, et la volonté affichée des gouvernements fédéral et provincial de jouer leur rôle.

Il dit être convaincu que ces efforts combinés permettront de « diminuer la souffrance dans la rue », en autant qu'ils s'inscrivent dans une « vision globale », défendue par un « leadership » fort. Il compte lui-même « rallier les gens » derrière des objectifs communs.

« Au cours des 10 dernières années, je n'ai jamais vu autant de travail qui s'est fait », a-t-il fait valoir. « À Montréal, dans les hôpitaux – le CHUM, le CUSM, les CIUSSS – il y a des équipes spécialisées en itinérance. Donc il y a quelque chose à Montréal pour faire une différence. Il s'agit de travailler ensemble. »

M. Lareau a aussi souligné que le SPVM avait amélioré ses interventions auprès des itinérants depuis quelques années, mais que certains policiers ont néanmoins « certainement besoin de formation ». Il importe que les itinérants aient confiance envers les policiers, pas qu'ils en aient peur, a-t-il dit.

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