POLITIQUE

Lait diafiltré : le gouvernement Trudeau cherche une solution à « long terme » (VIDÉO)

14/04/2016 04:58 EDT | Actualisé 14/04/2016 05:56 EDT

OTTAWA – Le gouvernement Trudeau reste de marbre devant la grogne des producteurs laitiers qui réclament des mesures concrètes dans le dossier du lait diafiltré.

Interpellé à plusieurs reprises sur ce sujet, jeudi, le secrétaire parlementaire du Commerce international, David Lametti, a répondu qu’il était au courant des enjeux. « Nous travaillons avec l’industrie afin de trouver une solution à long terme », a-t-il affirmé.

La porte-parole du NPD en matière d'Agriculture, Ruth Ellen Brosseau, a demandé au gouvernement de cesser l’importation de ces protéines ou de compenser les producteurs qui perdent d’importantes sommes d’argent. Elle a créé une pétition à ce sujet, qui a récolté plus de 4000 signatures en deux jours.

ruth ellen brosseau

Le député conservateur de Lévis-Lotbinière, Jacques Gourde, a livré un plaidoyer enflammé pour témoigner de la « lenteur du gouvernement libéral » dans ce dossier.

« Le supplice a assez duré. Le ministre de l’Agriculture doit agir maintenant dans l’intérêt collectif de toute l’industrie laitière du Canada. Va-t-il agir ou reporter son action indéfiniment? » a-t-il demandé.

« C’est un problème qu’on a hérité de l’ancien gouvernement, a répliqué Lametti. Nous sommes en train de travailler sur ce problème, nous connaissons les enjeux, nous connaissons l’importance de l’industrie au Québec et à travers le pays. »

Mercredi, l’Assemblée nationale a voté à l’unanimité une motion de la députée caquiste de Mirabel, Sylvie d’Amours, pour harmoniser la définition du lait diafiltré.

Québec exige que l’Agence canadienne d’inspection des aliments applique son règlement sur la composition fromagère et considère le lait diafiltré comme un concentré de protéines, à l’instar de l’Agence des services frontaliers du Canada.

"Cette brèche, si elle n’est pas colmatée, menace clairement la pérennité de notre politique agricole canadienne."

À l’heure actuelle, une brèche à la frontière permet à ces protéines liquides des États-Unis d’échapper aux tarifs douaniers imposés au lait, aux œufs et à la volaille. Les transformateurs les utilisent dans la production de fromage, par exemple.

Les producteurs demandent au gouvernement Trudeau, depuis son élection, d’agir dans les plus brefs délais pour en cesser l’importation. Le lait diafiltré aurait causé des pertes de plus de 200 millions de dollars aux producteurs laitiers canadiens en 2015.

Des manifestations ont eu lieu dans les dernières semaines pour demander des actions concrètes dans ce dossier. Un producteur a confié au HuffPost que la pression va s’intensifier bientôt si rien n’est fait.

« Cette brèche, si elle n’est pas colmatée, menace clairement la pérennité de notre politique agricole canadienne pour le secteur laitier. Le gouvernement libéral a montré, dans plusieurs dossiers, qu’il est capable d’agir rapidement, il faut qu’il règle ce problème rapidement et une fois pour toutes! » a déclaré Gilbert Perreault, président des Producteurs de lait de Lanaudière, la semaine dernière.

Le ministre de l’Agriculture du Québec, Pierre Paradis, est d’avis que le premier ministre du Canada devrait se saisir du dossier. En entrevue avec La Terre de chez nous, il a confié qu’il y a « quatre ministères qui s’engueulent » à ce sujet.

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter

INOLTRE SU HUFFPOST

Manifestation pour la gestion de l'offre - 7 avril 2016