POLITIQUE

L'opposition salue un recul du gouvernement sur le seuil d'immigration au Québec (VIDÉO)

13/04/2016 10:15 EDT | Actualisé 13/04/2016 11:04 EDT

Les partis d'opposition ont salué, mercredi, un recul du gouvernement sur le scénario d'une hausse du seuil d'immigration au Québec.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) François Legault a affirmé que le premier ministre Philippe Couillard voulait augmenter ce seuil à 60 000 personnes par année.

M. Legault a rappelé lors d'un point de presse que M. Couillard l'avait accusé de "souffler sur les braises de l'intolérance" lorsqu'il avait émis des craintes sur la capacité de francisation et d'intégration à l'emploi.

"Je suis content de voir que M. Couillard s'est dessoufflé ce matin et a compris le gros bon sens, a-t-il dit. Je pense que c'est une victoire pour la CAQ, c'est une victoire pour les Québécois. C'est certain, là, que déjà on a de la difficulté à intégrer 50 000 immigrants."

Dans une entrevue publiée mercredi dans le quotidien Le Soleil, la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, a plaidé pour "une stabilité relative" du nombre d'immigrants admis, qui est actuellement de 50 000.

Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a affirmé qu'une hausse du seuil aurait pu nuire à l'intégration des immigrants au marché du travail.

"Je pense que la ministre a eu l'occasion de regarder en détail toute la dynamique concernant cette question du seuil et certainement, osons l'espérer, toute la problématique de ce fléau qui s'appelle le chômage, qui, malheureusement, frappe les nouveaux arrivants", a-t-il dit.

Selon M. Legault, avant de hausser le seuil d'accueil, le gouvernement devrait trouver le moyen de retenir au Québec les 13 000 immigrants qui choisissent de quitter le Québec vers une autre province.

"La plupart quittent justement parce qu'ils n'ont pas d'emploi au Québec, puis ils vont peut-être en trouver un en Ontario ou ailleurs au Canada, a-t-il dit. Donc, ce dont on a besoin, c'est de créer des emplois."

En mars, dans une politique sur l'immigration, le gouvernement a constaté que l'accueil de 60 000 immigrants par année permettrait d'éviter au Québec "un recul de sa population en âge de travailler en dessous de son niveau de 2011 et cette population augmenterait à nouveau et de manière plus marquée à long terme".

M. Couillard avait alors déclaré que le Québec avait "besoin de le faire", pour des raisons démographiques et économiques.

Jusqu'ici, Mme Weil s'était limitée à répéter que le gouvernement prendra une décision après des consultations en commission parlementaire sur la révision du seuil d'accueil annuel.

Le mois dernier, Mme Weil avait démenti tout intérêt électoral des libéraux à hausser le seuil d'immigration, après des accusations de la CAQ.

En Chambre, mercredi, la ministre a plaidé que M. Couillard n'avait jamais explicitement prononcé le seuil de 60 000 immigrants dans ses déclarations.

"J'inviterais le député de Bourget à me montrer une citation du premier ministre où il dit ces paroles", a-t-elle déclaré en réponse au péquiste Maka Kotto.

M. Couillard, quant à lui, a affirmé que l'immigration n'est pas la seule réponse à la pénurie de main-d'oeuvre.

"Il n'y a pas que l'immigration comme réponse, mais c'est une réponse incontournable, a-t-il expliqué. Il faudra progressivement augmenter notre accueil au Québec. On le fera de façon correcte, on le fera au moyen de consultations, comme on fera cette année, année après année, et on va d'ici là maximiser nos efforts d'intégration."

Le premier ministre a une nouvelle fois exprimé sa crainte que le débat sur l'immigration soit une source d'intolérance.

"Je n'accepterai pas qu'on présente à mots couverts l'immigration comme une menace au Québec, une menace à l'identité ou, encore pire, une menace à un projet politique", a-t-il ajouté.

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