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NPD: le discours pro oléoduc et anti manifeste de Notley positivement accueilli

09/04/2016 10:06 EDT | Actualisé 10/04/2017 05:12 EDT

EDMONTON — Les militants néo-démocrates ont chaudement applaudi la première ministre albertaine Rachel Notley, qui a livré un discours en faveur des oléoducs et en défaveur d'un manifeste qui a été accueilli avec ouverture par le chef du NPD fédéral, Thomas Mulcair.

Le congrès du Nouveau Parti démocratique (NPD) s'est animé pour la première fois, samedi, lors de l'allocution de la première ministre de l'Alberta, qui ne s'est pas privée de décocher une flèche à l'endroit du manifeste "Un bond vers l'avant", texte prônant un délaissement des énergies fossiles.

Elle a invité les militants réunis à Edmonton à faire preuve de pragmatisme face aux projets d'infrastructure énergétiques et plaidé que les manifestes ne passent pas toujours le test de la réalité _ dans ce cas-ci, la crise dans le secteur de l'énergie, qui a heurté l'Alberta de plein fouet.

Le manifeste, qui doit faire l'objet d'un débat dimanche matin sur le plancher du congrès du NPD, avait déjà été dénoncé sans ménagement par la ministre albertaine de l'Environnement, Sharon Phillips, qui a présenté le plan comme un affront à l'endroit des électeurs qui ont opté pour le NPD provincial .

"La dernière chose dont les Albertains ont besoin, au moment où ils sont les plus vulnérables, c'est que le reste du Canada fasse des menaces voilées", a-t-elle pesté, selon le quotidien The Globe and Mail.

"Bien des gens peuvent dire bien des choses depuis leur perchoir du centre-ville de Toronto, mais en Alberta, notre priorité est de nous assurer que nous ayons des emplois bien rémunérés", a ajouté Mme Phillips.

Une fracture se dessine donc entre le NPD de l'Alberta et le grand frère fédéral sur la question de l'exploitation des hydrocarbures, même si selon certains, ce débat en est surtout un de politique provinciale intérieure.

Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair, a signifié vendredi qu'il fait une autre lecture du manifeste et qu'il est selon lui "dangereux de (le) caricaturer" comme un texte préconisant l'interruption de toute activité d'exploitation des hydrocarbures.

En entrevue avec La Presse Canadienne, il a soutenu que le Canada "ne faisait pas sa part" pour lutter contre les changements climatiques et qu'il n'avait jamais réussi à diminuer ses émissions de gaz à effet de serre _ d'où l'importance, selon lui, du manifeste, qui défend une "nouvelle approche".

La députée Hélène Laverdière a pour sa part rejeté l'idée que le débat divise les troupes.

"Le gouvernement de l'Alberta a son point de vue, ses préoccupations; c'est tout à fait normal en tant que gouvernement provincial", a-t-elle fait valoir.

"Le gouvernement fédéral a une responsabilité énorme de s'assurer que tout projet de pipeline est soumis à une évaluation environnementale très stricte", a ajouté Mme Laverdière.

Vote de confiance

Il reste à voir si quel impact la discussion entourant le manifeste, et plus largement sur l'exploitation des hydrocarbures, pourrait avoir sur le vote de confiance auquel se soumettra Thomas Mulcair dimanche.

Le chef néo-démocrate a dit en entrevue au réseau anglais de la radio de Radio-Canada qu'il se préparait à livrer ce qui sera "probablement le plus important discours de (sa) carrière politique".

Les membres du NPD devront se prononcer sur la pertinence d'organiser une course à la direction. Le chef doit donc espérer une majorité de "non" s'il veut remporter son pari.

Techniquement, une majorité simple est requise lors du vote de dimanche pour que le NPD déclenche une course à la direction.

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