POLITIQUE

Démission du ministre Hamad: l'oppposition ne décolère pas (VIDÉO)

07/04/2016 01:50 EDT | Actualisé 07/04/2016 02:20 EDT

La décision de Sam Hamad de siéger comme simple député n'a pas suffit à calmer la colère des partis d'opposition à Québec. Péquistes, caquistes et solidaires continuent à dénoncer en choeur la réaction du gouvernement Couillard à la crise suscitée par les révélations de l'émission Enquête.

Le dossier a d'ailleurs accaparé la période des questions à l'Assemblée nationale, où les partis d'opposition ont bombardé de questions le gouvernement, non seulement sur le cas de Sam Hamad, mais aussi sur les pratiques de financement du PLQ.

Le premier ministre a martelé que son parti avait assaini ses pratiques de financement depuis l'ère Charest et qu'elles étaient désormais irréprochables. « La lumière elle est faite », a déclaré Philippe Couillard. « Les faits sont connus. Les changements ont été mis en place. »

On est rendu dans la phase du présent et de l'avenir. Et moi, je veux m'occuper du présent et de l'avenir.

Philippe Couillard

Le chef du PQ, qui reproche au premier ministre d'avoir promis que Sam Hamad répondrait « à toutes les questions des journalistes » alors qu'il n'en a pris aucune ce matin, estime désormais que c'est donc à lui de répondre pour M. Hamad.

Pierre Karl Péladeau a ainsi mis en relief le fait que M. Hamad soutient avoir avoir échoué dans sa tentative d'atteindre l'objectif de 100 000 $ de financement pour le parti en 2009, alors que, selon un reportage d'Enquête, il aurait dépassé de beaucoup cet objectif.

« Il nous ridiculise publiquement et collectivement » - Amir Khadir

Lors d'une conférence de presse peut après la sortie de Sam Hamad, le député de Québec solidaire, Amir Khadir, a suggéré à M. Hamad de démissionner non seulement de sa fonction ministérielle, mais également de son poste de député.

« D'autres avant lui ont tenté les mêmes choses que lui, de s'incruster, et ça n'a pas beaucoup réussi, a illustré M. Khadir. Je lui rappelle Tony Tomassi. On pourrait en nommer d'autres ».

« Je n'accepte aucune, mais aucune de ses justifications », a poursuivi M. Khadir. « Les évidences fournies par l'émission Enquête démontrent clairement que lui et son cabinet ont fait du trafic d'influence. Un point c'est tout. »

« La hauteur des allégations est telle que dans n'importe quelle démocratie qui se respecte, et pour n'importe quel homme ou femme politique, celui qui a un minimum de dignité et de respect pour les institutions donne sa démission pour aller se défendre », a-t-il martelé.

Il nous embarrasse tous. Il jette le discrédit sur l'institution. Ça nous tourne en ridicule.

Amir Khadir

M. Khadir rappelle qu'il a posé des questions aux ministres du gouvernement de Jean Charest – dont Sam Hamad - sur l'existence de prête-noms bien avant la mise sur pied de la Commission Charbonneau. « Aujourd'hui, il est démontré que c'étaient [les réponses des ministres] des mensonges », conclut-il.

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