BIEN-ÊTRE

Quand l'emploi devient une prison dorée

06/04/2016 09:43 EDT | Actualisé 06/04/2016 09:43 EDT
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Bored businesswoman

Cet article a initialement été publié sur Jobboom.com par Mélissa Turcotte, conseillère d'orientation chez BrissonLegris, une firme spécialisée en orientation qui aide les individus à développer leur parcours professionnel.

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Vous avez tout : un salaire enviable, un horaire flexible, six semaines de vacances et un gros compte de dépenses par-dessus le marché. De quoi pourriez-vous bien vous plaindre? Pourtant, vous n’êtes plus heureux et vous ne pensez qu’à fuir.

Seulement, voilà, ce n’est vraiment pas si simple. Plus vous y pensez, plus le dilemme vous paraît insoluble. D’un côté, vous avez votre besoin de sécurité. De l’autre, votre besoin d’émancipation, de liberté. De part et d’autre, des valeurs fondamentales s’affrontent. Dans un tel contexte, quelles sont vos options réelles? Tout dépend évidemment de ce qui cloche côté travail.

Pour les besoins de la cause, simplifions un peu la réalité. Voici trois grands types de situations souvent rencontrées dans des cas semblables.

Premier cas : Le sentiment de plafonnement

Degré de contrôle si vous conservez votre emploi : élevé

Si vous occupez le même emploi depuis plusieurs années, dans le même type de rôle et la même organisation, il est possible que vous commenciez à vous sentir blasé et sous-stimulé. Bref, vous avez des fourmis dans les jambes.

Un changement d’emploi peut sembler être le seul moyen de remédier à la situation, mais vous avez davantage de contrôle sur ce problème que vous pourriez le croire.

Une première piste pourrait être d’explorer des moyens concrets, dans votre travail actuel, d’être exposé à un certain renouveau. Pourrait-on vous aider à développer une compétence en vous confiant une nouvelle responsabilité (formation de nouveaux employés, supervision de stage, gestion de projet, etc.)? Ou encore, vous accompagner dans votre développement vers un poste de niveau supérieur (coaching, formation, etc.)?

Informer vos patrons de ce que vous vivez peut ouvrir des portes insoupçonnées. Avant d’aller les rencontrer, faites votre petite réflexion et ciblez des objectifs de développement stimulants et réalistes.

Deuxième cas : Le problème d’adaptation au travail

Degré de contrôle si vous conservez votre emploi : modéré

Le problème d’adaptation regroupe l’ensemble des situations qui ne concernent pas spécifiquement votre intérêt envers vos tâches, mais plutôt une difficulté à gérer un aspect précis de votre travail. Pensez à une charge de travail élevée, aux demandes excessives des clients ou des patrons, à votre manque de ressources pour répondre à celles-ci et à votre propre difficulté à mettre vos limites.

Le principal symptôme d’une difficulté d’adaptation est souvent le fait de ressentir un niveau de stress plus élevé qu’à l’habitude.

Ici, il faut d’abord prendre un pas de recul. Réfléchissez à la façon dont vous gérez vos irritants : pourriez-vous faire les choses autrement?

Si votre situation vous semble toujours aussi désespérée après cet exercice (qui peut bien souvent demander une aide extérieure), il s’agit peut-être d’un indice que la culture d’entreprise dans laquelle vous vous trouvez est néfaste par rapport à votre propre mode de fonctionnement. Dans tous les cas, votre santé devrait demeurer votre priorité.

Troisième cas : Un emploi qui ne correspond pas à votre profil

Degré de contrôle si vous conservez votre emploi : faible

Si vous êtes dans un rôle qui va à l’encontre de votre personnalité, ou que vous travaillez pour une organisation qui porte des valeurs étrangères aux vôtres, vous savez à quel point cela peut s’avérer épuisant et frustrant.

Ce qui est le plus difficile dans ce type de cas, c’est que les possibilités de changements à l’intérieur de votre emploi actuel sont réellement plus faibles. Si le changement d’emploi est alors une solution à considérer en priorité, vous devez être en mesure d’assumer cette décision.

D’une façon ou d’une autre, ne laissez pas la situation vous éteindre. Parlez à un collègue en qui vous avez confiance, à une personne des ressources humaines, ou encore consultez votre programme d’aide aux employés.

Envisagez vos options de la manière la plus large possible, même si cela pourrait vouloir dire de revenir à un poste antérieur avec des responsabilités moindres. Certaines personnes acceptent des promotions parce que cela semble «dans l’ordre des choses», mais se rendent compte bien plus tard que ce nouveau rôle ne leur convient pas.

Bien entendu, il est possible de se retrouver dans plus d’une catégorie à la fois. Les difficultés que l’on peut vivre au travail sont souvent reliées, et d’autant plus complexes.

L’idée est de demeurer à l’affût des changements, petits ou grands, que vous pourriez mettre en place dans le but de recommencer à agir plutôt que de subir. C’est justement de là que vous retrouverez votre sentiment de liberté : de la conviction que vous êtes encore en mesure d’avoir du contrôle sur votre satisfaction au travail.

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