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La mère de Dany Villanueva se vide le cœur

02/04/2016 04:38 EDT | Actualisé 02/04/2016 04:56 EDT
PC

Liliana Villanueva, la mère de Dany Villanueva, se vide le cœur deux jours après l’arrestation de son fils, qui a été accusé hier au palais de justice de Montréal de trafic de stupéfiants et de complot.

«Je savais que quelque chose allait arriver à mon fils. La police ne le lâchait pas et je lui disais de faire attention, a déclaré la mère par téléphone au Huffington Post Québec. On se faisait harceler par la police depuis que Dany a évité une tentative d'expulsion vers le Honduras.»

«[Les policiers du Service de police de la Ville de Montréal] veulent le voir quitter le pays, ce sont les mêmes policiers qui ont soutenu le policier Jean-Loup Lapointe, celui qui a tué mon fils Fredy Villanueva. Ils auraient dû tuer Dany en même temps, car ils ne le lâchent pas».

Selon Mme Villanueva, qui se dit dans une «profonde dépression», les policiers «ont tendu un piège» à son fils Dany.

En 2008, rappelons que Fredy Villanueva est tombé sous les balles du policier Jean-Loup Lapointe lors d’une intervention policière qui a mal tourné dans l'arrondissement de Montréal-Nord.

La mère de l’homme de 29 ans ne se trouvait pas au pays lors de l'opération antidrogue menée par le corps policier. Le SPVM a arrêté 15 personnes liées à un réseau de trafic de stupéfiants à Montréal-Nord. Dany Villanueva a pour sa part été arrêté à sa résidence de Repentigny.

«J’étais à Washington depuis dix jours, j’ai reçu un appel de mon mari m’annonçant la nouvelle, raconte la mère de l’accusé, qui est rentrée à son domicile au Québec vendredi matin. Depuis mon arrivée, je n’ai pas pu le voir et je ne me présente pas aux auditions. Je me sens harcelée par la population et par les policiers.»

Mme Villanueva assure que son fils avait un meilleur comportement et qu’il voulait montrer qu’il avait changé.

Elle dit néanmoins ne pas pouvoir témoigner de ses activités lorsqu’il n’était pas à la maison. «Je ne peux pas savoir ce que mon fils faisait en dehors de la maison, je savais qu’il avait arrêté de consommer de la marijuana et je lui disais de ne pas aller à Montréal-Nord, c’est une des raisons pour lesquelles nous avons déménagé à Repentigny», a ajouté la dame, visiblement affectée par ce qu’elle vit depuis jeudi.

Le sergent Laurent Gingras du SPVM a pour sa part confirmé au Huffington Post Québec qu’aucune plainte de harcèlement n’avait été déposée par la famille. «J’invite Madame Villanueva et sa famille à porter plainte au Comité de déontologie policière s’ils pensent qu’ils sont harcelés», a-t-il déclaré.

«Pour l’instant je ne peux commenter ni le dossier en cours ni les accusations de la famille, il n’existe aucune plainte, mais j’insiste, ils peuvent à tout moment en déposer une», a expliqué M. Gingras.

Madame Villanueva dit ne pas croire aux mots de ce dernier. «Ils ont défendu l’agent qui a tué mon fils. Ils ont tout fait pour que Dany se retrouve derrière les barreaux. Comment voulez-vous que je croie qu’ils vont traiter ma plainte avec justice?»