DIVERTISSEMENT

«Les diablogues»: Sylvie Léonard jongle avec les mots au Théâtre du Rideau Vert (ENTREVUE)

28/03/2016 04:00 EDT | Actualisé 28/03/2016 04:00 EDT
Théâtre du Rideau Vert

Sylvie Léonard n’a jamais eu peur de se frotter à la joute verbale. La preuve, dès mardi au Théâtre du Rideau Vert, l’actrice sera sur scène pour la pièce comique Les diablogues de Roland Dubillard dans une mise en scène de Denis Marleau. Entrevue avec une grande amoureuse de la langue française.

Elle sort tout juste d’une séance de répétition un peu essoufflée. La pièce se joue demain soir, alors la pression monte. «On répète depuis le 19 février, mais j’adore ces moments avant la présentation devant le public. Il y a une atmosphère très particulière où l’on continue de défricher le texte», explique l’actrice.

Sylvie Léonard dit s’amuser. Toutefois, l’expérience demeure un gros défi. «Tout se joue dans une ligne mince entre l’humour et le sérieux, sans tomber dans le burlesque et la banalité. Aussi ridicules que puissent être certaines situations, l’important, c’est de trouver la bonne note ou le bon équilibre», raconte-t-elle.

Facile à dire comme ça, mais dans les faits, c’est une autre histoire. «Oui, c’est très sportif comme manière de travailler. Le texte est d’une richesse incroyable qui laisse une belle place à l’argumentation. Il existe une poésie presque surannée à apprivoiser. Il faut également savoir jouer avec la partition et sa musicalité afin de créer une certaine étrangeté.»

L’amour de la langue

Les diablogues sont tirés des sketches radiophoniques du Français Roland Dubillard, homme de lettres méconnu chez nous qui a popularisé ses courtes pièces au théâtre à partir de 1976. Depuis, sa création que l’on compare souvent à celle de Raymond Queneau est régulièrement reprise en France. Le metteur en scène québécois Denis Marleau a décidé d’en faire une version où sont réunis d’anciens complices de la compagnie UBU.

«Il y a Carl Béchard, Bernard Meney, Bruno Marcil, Isabeau Blanche et Olivie Morin, énumère l'actrice. On forme tous des couples. On est une bande de comédiens à se retrouver sur scène en duo les uns après les autres. Entre les personnages anonymes, il y a beaucoup de malentendus dans l’air. Ça promet de belles situations!»

Car derrière son apparence anodine, l’œuvre invite aux imbroglios les plus improbables. «Ce n’est jamais lourd, précise Sylvie Léonard. Au contraire, même si elles finissent par être impossibles, les conversations sont légères et possèdent leur propre logique qu’il est toujours fascinant de décortiquer.»

Constitué de courts dialogues (de sourds?) aux titres évocateurs comme «La pendule et le délire», «Naïves hirondelle» ou «Le jardin aux betteraves», la pièce composée ici de 16 tableaux de quelques minutes chacun mélange humour et quiproquo dans un ton souvent délicieux. Un beau cadeau pour tous les épris de la langue française.

«Les mots sont importants. En tant que femme de théâtre, j’aime la langue. Comme spectatrice j’aurai aussi beaucoup de plaisir à venir écouter ce genre de production portée par la parole. Avec la langue, on est dans l’universel. Ce n’est jamais démodé», conclu l'actrice.

Les diablogues de Roland Dubillard – Mise en scène: Denis Marleau – Du 29 mars au 23 avril au Théâtre du Rideau Vert.

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