POLITIQUE

Des permis d'exploration pétrolière empêchent la protection de six territoires dans l'Est du Québec

23/03/2016 06:30 EDT | Actualisé 23/03/2016 06:30 EDT
Radio-Canada

Des permis d'exploration pétrolière et gazière accordés à une douzaine d'entreprises font obstacle à la création d'aires protégées dans l'Est du Québec.

Six des sept territoires identifiés en 2013 pour la création d'aires protégées sont actuellement couverts par des permis attribués à des sociétés pétrolières ou gazières, selon une étude menée par le Conseil régional de l'environnement du Bas-Saint-Laurent.

En 2013, le gouvernement du Québec prenait l'engagement de protéger 12 % de son territoire.

À la suite d'une vaste consultation publique à laquelle ont participé plus d'une centaine d'élus, de citoyens et d'organismes, sept territoires de la région administrative du Bas-Saint-Laurent ont été identifiés pour devenir des aires protégées et être ainsi soustraites à toute activité industrielle.

Parmi ces territoires, on compte la réserve faunique Duchénier, à Saint-Narcisse-de-Rimouski, les rivières Causapscal, Cap-Chat et Cascapédia. Or, depuis ce temps, aucun de ces territoires n'a été protégé.

L'agent de développement au Conseil régional de l'environnement du Bas-Saint-Laurent, Patrick Morin explique qu'en 2010, les compagnies pétrolières et gazières se sont dépêchées d'acheter nombre de titres d'exploration : « ça s'est fait très, très, très vite », assure-t-il.

«C'est ça qui est difficile, dans notre système actuel : on claim partout et là, pour créer des aires protégées, faut enlever quelque chose à quelqu'un.»

Patrick Morin, agent de développement au Conseil régional de l'environnement du Bas-Saint-Laurent

Le claim est le seul titre d'exploration valable au Québec qui confère à son titulaire le droit exclusif de rechercher des substances minérales du domaine de l'État.

Plus d'une douzaine de compagnies pétrolières et gazières détiennent donc des permis d'exploration sur ces six territoires. Actuellement 4 % du territoire du Bas Saint-Laurent est protégé. L'ajout de ces nouvelles aires auraient porté le territoire protégé à 7 %.

D'après les informations de Paul Huot.

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