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«River» - Rossif Sutherland: «Je sais que je n'aurai jamais la carrière de mon père» (ENTREVUE/PHOTOS)

11/03/2016 03:32 EST | Actualisé 13/03/2016 04:46 EDT

Il y a parfois des noms de famille qui peuvent décider de votre destinée. Au cinéma, les rejetons des grandes vedettes suivent pour la plupart les pas de leurs ainés avec plus ou moins de réussite. Le talent n’est pas héréditaire. Charlie Sheen, Vincent Cassel, Michael Douglas, ceux-là ont néanmoins réussi à s’imposer, malgré un patronyme lourd à porter.

Chez les Sutherland, l’affaire semble entendue depuis longtemps. Kiefer, le fils du vétéran Donald Sutherland a fait sa marque à Hollywood, aussi bien au cinéma qu’au petit écran. Le dernier du clan, Rossif Sutherland, dont la mère est l’ancienne comédienne québécoise Francine Racette, tente quant à lui depuis quelques années une carrière au Canada. Le voilà d’ailleurs à l’affiche de River, premier long métrage signé par l’Ontarien Jamie M. Dagg.

«Avec un père et un frère qui prennent tant de place, cela n’a pas toujours été évident, admet Rossif en entrevue téléphonique. Mais je n’y peux rien, car j’ai la vie qui m’a été donnée. J’ai eu des années difficiles sans savoir vraiment ce que je voulais faire. Le cinéma n’était pas une option jusqu’à ce que mon père voit en moi un acteur qui avait aussi sa chance à saisir.»

Né à Vancouver, Rossif a grandi en France (son français est d’ailleurs impeccable avec quelques intonations parisiennes) avant d’aller étudier à la prestigieuse université de Princeton. Après quelques années passées à Los Angeles, il vit aujourd’hui à Toronto. «Je me considère comme chanceux. J’ai maintenant des opportunités où je peux m’épanouir professionnellement. Je suis reconnaissant envers mon père qui a toujours cru en moi. Je ne serais pas là où j’en suis sans lui. Il est mon inspiration.»

L’homme de 37 ans que l’on a pu voir en 2015 dans le film de guerre Hyena Road de Paul Gross est d’avis que le chemin est encore long pour se faire son propre nom. «Je sais que je n’aurai jamais la carrière de mon père, lance-t-il lucide. De toute façon, je ne cherche pas à me comparer à qui que ce soit. Je fais mon chemin en acceptant des projets passionnants. Le reste est secondaire.»

«River»


Le fugitif

Dans River, en salle ce vendredi, l’acteur interprète John, un médecin américain parti au Laos pour pratiquer bénévolement dans un dispensaire de fortune. Un soir, alors qu’il tente de secourir une femme violée, il tue un touriste australien qui s’avère être un fils de diplomate. Poursuivi par la police, il s’enfuit à travers le pays. «Ce genre de personnage m’intéresse beaucoup. On croit avoir à faire à un bon gars, mais au fond, le coupable du meurtre retient une terrible violence en lui. Malgré les circonstances, il se considère déjà comme fautif.»

Réalisé tel un thriller, le film raconte la traque d’un jeune homme devenu soudainement un meurtrier en cavale. «L’aventure a été un vrai défi, raconte le comédien. On a tourné dans des conditions terribles avec quelques blessures en prime, mais le jeu en valait la chandelle. Je suis très fier de ma participation.»

Même s’il a beaucoup hésité avant de devenir acteur à temps plein, Rossif affirme être passionné par le métier. «C’est plutôt bizarre d’être un acteur, n’est-ce pas? On est adulte et pourtant, on se retrouve à jouer devant la caméra. On se prend au sérieux afin d’incarner des situations qui n’existent pas vraiment. Mais au lieu de mentir, on vit un moment vrai. Tout ce qu’on fait, on y croit à fond et c’est ce qui rend ce métier si unique.»

River (Rivière) – Remstar – Thriller – 87 minutes – Sortie en salles le 11 mars 2016 – Canada.

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