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Flyposter: un passionné archive cinq ans d'affiches (PHOTOS)

11/03/2016 04:30 EST | Actualisé 11/03/2016 04:32 EST
Courtoisie

Depuis 2010, Xavier Orssaud, designer graphique, détache et décolle les affiches du Mile End à Montréal, pour la plupart de spectacles. Ce vandalisme consciencieux a conduit ce passionné à découvrir une scène graphique aussi foisonnante que créative et donner une deuxième vitesse à son projet: « À l’époque où je décrochais les affiches, j’ai d’abord pensé à en faire un beau livre. C’est un peu le rêve de tout graphiste. Mais il fallait chercher l’accord de tous les artistes, les deux tiers sont anonymes ça me paraissait bien compliqué. Donc j’ai continué à ramasser et à entreposer les affiches, puis je me suis mis à les scanner».

Flyposter

Xavier Orssaud a fait intervenir son savoir-faire pour bâtir minutieusement pendant 9 mois le site Internet Flyposter, sur lequel est présenté l’étendu de sa collection. Le site propose un mode de navigation interactif via un outil de recherche, permettant de cerner les affiches par dates, lieux, auteurs, salles de spectacles, thèmes, et même couleurs. Au fur et à mesure de l’aventure, Orssaud découvre un monde, des façons de travailler et d’aborder l’affiche en tant qu’un art à part. C’est le moment qu’il choisit pour inclure les auteurs de ce travail à travers une série d’entrevues qui donneront lieu à quelques découvertes: « Sébastien Lépine par exemple a une approche très intéressante puisqu’il ne travaille pas sur commande. Il écoute les bands, s’il y en a un qui lui plait, il réalise le poster et débarque le soir du show pour présenter son travail à l’artiste. Du côté du studio Popolo Press, derrière un grand nombre des affiches de cette collection, on communique une vision très forte de cet art: une production artisanale caractérisée par un grand soin, autant dans réalisation graphique que dans le choix des papiers ». En regardant ainsi par le trou de la serrure, Flyposter met l’accent sur une diversité stylistique, portée par une multitude de techniques de travail, telle que la flexographie, le letter press, la risographie, la sérigraphie, la photocopie, le marqueur…

À force de recherches et de collectes, Orssaud indique que Montréal constitue un terrain de jeu et d’expression propice à l’évolution et la visibilité de cette scène artistique. Si elle s’exprime aussi librement, l’une des raisons est urbaine et visible: les poteaux de bois faisant office de support pour les fils électriques qui se transforment en babillard à chaque coin de rue.

Pour Orssaud et pour ses interlocuteurs, dont Louis Rastelli à l’initiative d’Expozine et Archive Montréal, centre de documentation de la scène underground montréalaise, l’affiche telle que mise en avant dans le projet Flyposter constitue un patrimoine et un témoignage fort de cette culture DIY qui ne laisse que très peu de traces physiques, sinon sur de vieux supports: K7, vinyls, fanzines et autres bobines.

Régulièrement, Orssaud publiera ses discussions avec les acteurs, affichistes, dessinateurs ou collectionneurs, et assure qu’une fois le projet terminé, Flyposter restera en ligne pour des archives.

Découvrir Flyposter sur ce site.