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Un cardinal de Toronto déclare la position de l'Église sur l'aide à mourir

06/03/2016 06:04 EST | Actualisé 06/03/2016 06:04 EST

TORONTO _ L'archevêque de Toronto ne croit pas que l'Église catholique est si déphasée par rapport à l'opinion publique sur la question de l'aide médicale à mourir.

Le cardinal Thomas Collins s'est invité dans le débat sur le suicide assisté, dimanche, en lisant une déclaration de la position de l'Église à la messe du dimanche. Une version écrite ou filmée était présentée dans plus de 200 églises de l'archidiocèse de Toronto.

Durant son sermon, le cardinal a affirmé que les gens étaient "aveuglés par les beaux mots", mais que l'aide à mourir était "destructrice pour l'humain, destructrice pour notre société, notre communauté".

À l'extérieur de l'église, M. Collins a déclaré à des journalistes qu'il croyait que la plupart des Canadiens n'avaient pas énormément pensé à la question, et que lorsqu'ils le feraient, ils remettraient peut-être leur position en question.

Les lois entourant l'aide médicale à mourir sont en cours d'élaboration. L'an dernier, la Cour suprême a invalidé l'interdiction de l'aide médicale à mourir. Le tribunal a donné au gouvernement fédéral jusqu'à juin pour déposer un projet de loi. En ce moment, les Canadiens qui souhaitent une mort assistée doivent obtenir la permission d'une cour supérieure.

Le Collège des médecins et chirurgiens de l'Ontario a préparé un guide intérimaire pour l'aide à mourir, au cas où une telle permission serait accordée. Le guide indique qu'un médecin n'est pas forcé d'offrir d'aider un patient à mourir, mais qu'en refusant, il doit le référer à un médecin prêt à le faire.

Dans sa déclaration, Thomas Collins a affirmé que ce renvoi de patient était, pour ces médecins, une "violation de conscience". Il a ajouté que le fait de forcer les médecins catholiques à référer les patients à d'autres médecins prêts à offrir le service était équivalent à de la discrimination religieuse.

Le Collège a indiqué, par communiqué, qu'il ne croyait pas à cet argument. La porte-parole Kathryn Clarke a affirmé qu'un renvoi "ne laisse pas présager et ne garantit pas" que l'aide à mourir sera donnée.

Un comité parlementaire recommande que les Canadiens en phase terminale aient accès à l'aide à mourir sans trop d'obstacles, et que les gens atteints de maladies mentales ne devraient pas être exclus. Les "mineurs matures" devrait aussi être inclus.

Le cardinal Collins a exprimé son désaccord avec ces recommandations ainsi qu'avec le fait de permettre à des gens atteints de maladies dégénératives comme la démence de prévoir la date de leur mort à l'avance. Il a aussi exhorté les membres de l'Église à contacter leur député pour exprimer leur inquiétude sur cette nouvelle loi.

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