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Le modèle de financement de Radio-Canada est «brisé», selon Tony Clement

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MELANIE JOLY
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OTTAWA – À l’ère de Netflix, est-ce raisonnable de continuer à financer Radio-Canada, dont le modèle économique « n’a pas changé depuis des décennies »?

C’est la question qu’a posée Tony Clement, potentiel candidat à la direction du Parti conservateur du Canada, lors de son allocution pendant la conférence Manning à Ottawa, samedi, qui lui a valu des applaudissements bien sentis de la foule.

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« Cela ne fonctionnera pas, d’avoir le même modèle de financement, année après année, quand tout le reste est en train de changer. Cela ne fait pas de sens. »

Clement ne comprend tout simplement pas pourquoi la société d’État devrait continuer de recevoir des subventions, alors que les autres médias devraient s’adapter aux nouvelles réalités technologiques.

« Ce n’est pas la bonne structure pour un radiodiffuseur qui, bien franchement, figure dans l’industrie du contenu. Pourquoi est-ce que certains contenus sont financés par les contribuables et d’autres ne reçoivent pas de financement? »

Il suggère de s’inspirer du modèle de financement du réseau de télévision public américain PBS, par exemple, qui reçoit des dons des téléspectateurs et des entreprises.

Une suggestion qui rejoint les conclusions du comité du Sénat à ce sujet, en juillet dernier. Les sénateurs recommandaient à Radio-Canada d’envisager de recourir à d’autres sources de revenus, afin de devenir moins dépendant d’Ottawa.

L’ancien ombudsman de Radio-Canada a toutefois dénoncé le fait que certains sénateurs ont fait preuve d'une «méconnaissance des médias d'information» et «du rôle que doit jouer une société publique en matière d'information».

Tony Clement, lui, ne déroge pas de sa position. À son avis, il est important d’avoir un débat au sein du Parti conservateur du Canada et avec tous les Canadiens à propos de l'avenir de Radio-Canada.

« Je continue de défendre mon commentaire que ce modèle est un modèle brisé, à l’époque de l’Internet et de Netflix. Faisons quelque chose qui est plus juste et durable », a indiqué celui qui dit toujours être en réflexion concernant la course à la direction.

En attente du budget

Le gouvernement Trudeau a promis de réinjecter davantage d’argent – 75 M$ la première année et 150 M$ pour les années suivantes - dans le budget de Radio-Canada, mis à mal pendant près d’une décennie sous le règne conservateur.

Or, la ministre du Patrimoine canadien Mélanie Joly dit qu’elle travaille à augmenter « de façon substantielle » le budget de la société d’État CBC/Radio-Canada, sans se commettre à un chiffre précis.

« Une chose est sûre : Radio-Canada est vraiment une priorité pour nous et on travaille très fort pour augmenter de façon substantielle le financement », a affirmé la ministre lors d’une précédente entrevue avec le HuffPost.

Ian Morrison, porte-parole des AMIS de la radiodiffusion canadienne, pense que le milieu culturel serait en colère si le fédéral ne tenait pas ses promesses à propos du financement de Radio-Canada.

Il pense aussi qu’il serait « inadéquat » et « illégal » de la part du gouvernement Trudeau d’imposer des conditions éditoriales pour recevoir de l’argent supplémentaire.

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