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LNH: le nombre de commotions dues aux bagarres sous-évalué? (VIDÉO)

24/02/2016 06:02 EST | Actualisé 25/02/2016 06:47 EST

Le nombre de commotions cérébrales découlant des bagarres dans la Ligue nationale de hockey a probablement été sous-évalué au fil des ans, selon des rapports internes de la LNH obtenus par l'émission Enquête.

Un texte de Gino Harel

Ces documents émanent des procédures entourant la demande d'autorisation d'un recours collectif intentée par plus d'une centaine d'anciens joueurs contre la LNH.

Des symptômes lors de combats

Rudy Poeschek a disputé 364 matchs dans la LNH dans les années 1980 et 1990. Son rôle de dur à cuire l'a amené à livrer plus de 90 combats sur les patinoires de la Ligue. Il a souffert de multiples commotions cérébrales non diagnostiquées. Il en ressentait les symptômes parfois en pleine bagarre.

« Je me faisais frapper fort. Souvent, je voyais du noir [...] T'es au milieu d'un combat. Tu donnes des coups, mais t'en reçois un bon... C'est comme si tu entrais dans une pièce sombre. Tu vois du noir pour une fraction de seconde. Mais moi, ça me semblait beaucoup plus long. »

— Rudy Poeschek

Il a déjà demandé à un médecin d'équipe si ses symptômes pouvaient l'affecter plus tard. Le médecin lui a répondu que tout irait bien. « Il m'a dit "Comment tu te sens maintenant?" Je lui ai répondu "Bien". Alors il a dit "Ah, tu vas être correct." », se souvient Rudy Poeschek.

À surveiller jeudi : la suite de notre enquête sur les commotions dans la LNH.

Les précautions sur les commotions ont évolué avec les années

Jusqu'au milieu des années 1990, les joueurs en savaient peu sur les commotions cérébrales et leurs effets.

En 1997, la LNH a commencé à documenter les commotions au sein de ses équipes. Dans les années 2000, elle a peaufiné ses protocoles sur les commotions cérébrales.

Depuis 2010, la Ligue dispose de lignes directrices pour gérer ces situations, l'évaluation des joueurs et les retours au jeu.

Sous-évaluation possible des commotions cérébrales résultant de bagarres

Dans un bilan dressé en 2011, alors que les commotions étaient à la hausse dans la LNH, la Ligue rapporte que seulement 8 % des commotions sont dues à des bagarres. Mais ce que cette version officielle ne dit pas, c'est que leur nombre est probablement sous-estimé. C'est ce que révèlent des documents internes de la LNH, obtenus par Enquête.

« Les commotions découlant de bagarres sont probablement sous-estimées », peut-on lire dans le rapport.

L'enjeu des commotions cérébrales sous-évaluées semble persister l'année suivante, selon une correspondance que nous avons obtenue. Il s'agit d'un courriel envoyé en 2012 au commissaire Gary Bettman par Colin Campbell, un haut responsable de la LNH.

Faisant référence au dur à cuire Colton Orr, qui a joué notamment pour les Maples Leafs de Toronto, Colin Campbell écrit : « Colton Orr doit soit mettre son opposant K.-O., ou bien lui se fait mettre K.-O. On estime qu'il a eu au moins trois commotions dans la dernière année, même si aucune n'a été enregistrée »

D'ex-joueurs devant les tribunaux

Plus d'une centaine d'ex-joueurs poursuivent la LNH devant un tribunal américain.

Ils reprochent à la Ligue de ne pas les avoir prévenus, au cours de leur carrière, des risques à long terme engendrés par les commotions cérébrales et par les impacts sous-commotionnels qu'ils ont subis. Le dossier de poursuite de ces anciens joueurs laisse d'ailleurs entendre que le nombre de commotions cérébrales est encore aujourd'hui sous-évalué dans la LNH.

La LNH a refusé de nous accorder une entrevue pour ce reportage.

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