POLITIQUE

Le nouveau ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, a déjà prôné l'abolition des commissions scolaires

23/02/2016 03:15 EST | Actualisé 23/02/2016 05:59 EST

QUÉBEC – À peine nommé ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx a été confronté mardi aux positions qu’il défendait à l’époque où il était un député de l’ADQ.

«[…] nous ne sommes pas en faveur d'une réfection du modèle des commissions scolaires ou de leur administration, nous sommes pour leur abolition», avait-il notamment déclaré au Salon bleu en 2008, alors qu’il était leader parlementaire de l’ADQ.

À l’instar de ses collègues adéquistes, Sébastien Proulx a prôné l’abolition des commissions scolaires à plusieurs reprises, comme le démontre une compilation du Journal de Québec.

Au lendemain de son assermentation, mardi, Sébastien Proulx a refusé de renier ses prises de position passées.

«J’ai toujours défendu une chose : c’est-à-dire que les pouvoirs doivent être entre les mains des écoles et des parents, a-t-il dit à la sortie du caucus libéral. Je l’ai fait avec les services de garde, je vais le faire avec la Famille, je vais le faire avec l’Éducation.»

Sa pensée a-t-elle changé depuis? «Moi, je ne suis pas quelqu’un qui est dans les idéologies, a-t-il lancé. Je veux que le pouvoir se transfère vers les parents, vers les écoles.»

À titre de nouveau ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx devra défendre le projet de loi 86, qui mettra fin à l’élection des commissaires scolaires. Pour le nouveau ministre, le projet de loi est un pas dans la bonne direction. «Moi j’ai toujours prétendu que le modèle que nous avions actuellement n’était peut-être pas le plus efficace pour aller vers une autonomie plus grande des écoles et des parents, a-t-il expliqué. Alors, je suis membre d’une équipe gouvernementale, il y a un projet de loi sur la table que je vais défendre.»

«Il y a une organisation qui va subir des changements, a-t-il ajouté, les gens le réclament. Il y a des discussions à avoir avec les différents partenaires, je vais écouter.»

Inquiétude

«C’est inquiétant. Je vous mentirais en vous disant que je ne suis pas inquiète», lance la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Josée Bouchard.

Même son de cloche au comité de parents de la Commission scolaire de Montréal. «Ça soulève un doute sur ses intentions», estime sa vice-présidente, Julie Wagner.

Pour sa part, la présidente de la CSQ voit les choses autrement. «Je ne suis pas dans l’inquiétude ou dans la crainte», dit Louise Chabot. Rien n’indique que le gouvernement Couillard souhaite abolir les commissions scolaires, souligne-t-elle.

Josée Bouchard se raccroche aussi à l’opinion du premier ministre sur la question. «Durant la campagne électorale, monsieur Couillard lui-même a réitéré sa confiance dans les élus scolaires du Québec et, par le fait même, dans les commissions scolaires», dit-elle.

Le nouveau ministre pourra également constater que «l’argent va dans les écoles», croit Josée Bouchard. Elle souhaite «sensibiliser» le nouveau ministre à la réalité des commissions scolaires. «Il faut faire attention de ne pas bâtir des opinions sur des perceptions populaires. J’invite le ministre à analyser sérieusement la vraie situation.»

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