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Un livre attribué à Robert Pickton suscite l'indignation

22/02/2016 05:42 EST | Actualisé 22/02/2016 05:47 EST
Getty
New Westminster, CANADA: This artist's drawing shows accused serial killer Robert William Pickton sitting in court 22 January 2007 in New Westminster, Canada. The grisly murder trial of pig farmer Robert William Pickton, accused in Canada's worst serial killings, began 22 January 2007 in a case described by a judge as a horror film. AFP PHOTO/Drawing by Felicity Don (Photo credit should read FELICITY DON/AFP/Getty Images)

Des voix s'élèvent pour dénoncer la parution d'un ouvrage attribué au tueur en série Robert Pickton, emprisonné à vie pour les meurtres de six femmes du Downtown Eastside de Vancouver.

Le livre écrit en anglais et intitulé Pickton: In his own words (Pickton : en ses propres mots) est signé Michael Chilldres et publié sous Outskirts Press, un éditeur américain.

Disponible sur le site Amazon, il décrit Robert Pickton comme un « bouc émissaire » en quatrième de couverture. Selon le réseau CTV, Pickton a écrit un manuscrit, l'a refilé en douce à un codétenu qui l'a ensuite envoyé à Michael Childres, un retraité de la Californie.

Une militante communautaire du Downtown Eastside parle de « sel sur les plaies » des familles des victimes. « Elles vont subir à nouveau le cirque médiatique, réentendre son nom et se faire questionner, a souligné Kat Norris. C'est vraiment injuste pour les familles que le responsable de crimes si haineux puisse tirer profit de ce qu'il a fait à toutes ces femmes. »

Pickton, un ancien éleveur de porcs de Port Coquitlam, a été reconnu coupable en 2007 de six meurtres non prémédités. Au terme de 21 mois de fouilles dans sa ferme, on identifie l'ADN de dizaines de femmes dans des restes humains. À un agent double qui se faisait passer pour un codétenu, Pickton a confié avoir fait 49 victimes.

Au final, il a été accusé des meurtres de 27 femmes, mais 21 accusations ont été abandonnées.

L'ex-juge Wally Oppal, qui était Procureur général de la Colombie-Britannique durant le procès de Robert Pickton, pense aussi aux familles en entendant parler d'un livre. « Ces familles et les survivantes ont tant subi, a-t-il souligné. Ça doit être blessant pour toutes ces personnes d'entendre que Pickton reçoit une telle publicité. »

Sandra Gagnon, qui est convaincue que les restes de sa petite soeur Janet Henry se sont retrouvés sur la ferme de Robert Pickton, veut que le gouvernement intervienne. Elle affirme avoir écrit au ministre des Affaires autochtones et de la Réconciliation, John Rustad. « Ce sale type est censé être surveillé 24 heures sur 24 en prison, alors comment pouvait-on ignorer qu'il écrivait un livre? », s'interroge-t-elle.

Aucune loi au Canada n'empêche un prisonnier de se faire publier, rappelle l'avocate criminaliste Donna Turko. Il n'est pas rare, dit-elle, que des prisonniers réussissent à faire sortir des écrits, que ce soit un manuscrit, des lettres, ou dicté au téléphone.

En Ontario, une loi de 2002 s'assure que tout gain tiré du récit d'un crime va aux victimes. Ce n'est pas le cas en Colombie-Britannique.

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