DIVERTISSEMENT

Radio Radio sous un ciel nouveau avec leur album «Light the Sky»

20/02/2016 12:53 EST | Actualisé 20/02/2016 12:53 EST
Courtoisie

«And I’m open for everything» chante Gabriel L.B. Malenfant sur Living a Dream, le quatrième morceau du nouvel album de Radio Radio intitulé Light the Sky, une cinquième galette dans l’existence du populaire groupe acadien d’adoption montréalaise. «Open for everything», belle métaphore pour illustrer le coup de barre donné par les deux membres fondateurs (il faut ajouter Jacques Alphonse Doucet) de Radio Radio à leur musique. Certes, Light the Sky est entièrement livrée en anglais, une première pour la formation. Or, ce qui frappe le plus n’est pas l’usage des mots dans la langue de Shakespeare, mais plutôt ce souffle d’un autre genre… d’un style disco-kitsch-pop-rétro bien moins rap et un tantinet moins singulier.

Revenons au début de l’article. L’expression véritable est « I don’t expect anything but I’m open to everything » (traduction libre : je ne m’attends à rien, mais je suis prêt à tout). Une vue de l’esprit qui fait néanmoins du sens avec Radio Radio, particulièrement pour ce nouvel encodé. Les deux MC ne semblent pas trop s’en faire avec la vie, mais ils ont malgré tout des attentes relativement élevées pour ce disque. Du moins, c’est ce que l’on peut sentir dans l’air… Tout comme entre les lignes des textes des chansons. Sans aucun doute, les chanteurs voulaient repousser un brin les frontières. En l’occurrence celle de notre voisin du Sud ou celle de notre cousin français ..! Qui sait ?

Cette intention de changer le décor se traduit aussi et surtout dans le changement du son. Exit le mélange linguistique qui faisait en partie leur originalité. Exit aussi une bonne partie du rap radioradioesque pour un autre style de hop… en plus pop et plus scintillant. Sur le précédent album Ej feel zoo, on sentait le début de quelque chose de nouveau pour Radio Radio : c’était moins marginal, moins gras, moins chiac, moins claquant, moins poignant… Plus lisse et plus « accessible ». On dirait bien que la tendance s’est maintenue jusqu’à Light the Sky. Maintenant que le beatmaker Alexandre Bilodeau (très talentueux), alias Arthur Comeau, a officiellement quitté le groupe (quelque part entre 2014 et 2015), Radio Radio est vraiment devenu le duo Doucet-Malenfant, qui s’est tourné vers de nouveaux visages pour créer ses beats et ses mélodies. Est-ce que Radio Radio est devenu davantage à leur image? Probablement. Mais selon Jacques Alphonse Doucet, on sentira encore longtemps l’influence de Bilodeau dans l’architecture sonore de la formation. « Et puis, le changement, c’est aussi une question de pousser le projet vers l’avant en voulant éviter de se répéter », renchérit son acolyte.

radio radio

Depuis ses débuts il y a environ 10 ans, Radio Radio a toujours fait dans le rap et l’électro. Cette fois, le courant est différent. Il est plus électro et moins rap. Plus funk et moins cinglant. Plus dansant et moins « ghettos ». Plus divertissant et moins militant. Tragique ? Pas vraiment. Ça bouge encore bien, c’est encore relativement fou et assez contagieux (exception faite de quelques pièces comme Then Came the Music, qui tombent à plat). C’est toujours satirique, humoristique et assez festif. Comme affirme Malenfant en entrevue «on a réclamé le droit de divertir différemment […], mais toujours avec des thèmes intelligents (nommons les relations humaines, l’individualité, le mode de vie occidental, les références culturelles, l’autodérision, les arts…)».

Outre la couleur disco (présente sur plusieurs morceaux, dont My Dance Floor et Tonight’s the Night sur laquelle on retrouve des traces de rap dans le flow), il y a sur Light the Sky une palette de sous-genres qui donne du relief au paysage qui pourrait s’avérer assez lisse: Leaving the Dream est plutôt trap tandis que Cause I’m a Hoe est assez swing.

Ces sonorités relativement nouvelles pour Radio Radio sont le résultat (entre autres choses) d’une collaboration étroite avec des musiciens reconnus comme Shash’U, J.u.D., DJ Champion et Alex McMahon (ce dernier a également assuré la réalisation de l’album). D’autres artistes, comme la chanteuse américaine Leaf (sur la pièce Solo Dance Party), ont aussi participé à cet opus de 13 morceaux, à titre d’invités.

Pour certains fans, disons-le, cette musique s’avérera peut-être une sorte de trahison. C’est toujours accrocheur (tellement que c’est parfois à la limite de l’agaçant), mais assez différent de ce que Radio Radio a proposé dans le passé. Cela dit, pour la majorité des gens, ces nouvelles chansons devraient faire le bonheur. Particulièrement en concert. D’ailleurs, Jacques Alphonse Doucet soulignera en fin de rencontre que la lumière sera pratiquement «un cinquième membre» (à preuve du contraire, ils seront quatre sur scène au total, incluant les deux musiciens Steve Caron et Kim Ho) de la formation lors des spectacles à venir. Un concept visuel développé avec du matériel dernier cri prendra une place considérable dans la mise en scène. Et le chanteur d’ajouter que le nouveau RR géant et scintillant sera vraiment « nice aussi ».

Pour célébrer la parution de l’album, Radio Radio offrira un spectacle dans le cadre du festival Montréal en lumière, le lundi 22 février au Club Soda. Beaucoup d’énergie à prévoir.

Quatre jours plus tard, les gars seront de passage à l’Impérial de Québec. Cette prestation s’inscrit dans la nouvelle tournée du groupe qui a commencé le 5 février, à Jonquière. Plusieurs dates sont évidemment au programme de Radio Radio en 2016.

Radio Radio

Light the Sky, sous étiquette Bonsound Records

Sortie le 19 février

laradioradio.com

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