INTERNATIONAL

Le pape François ouvre la porte à la contraception pour lutter contre le Zika

18/02/2016 04:04 EST | Actualisé 18/02/2016 04:04 EST
PEDRO PARDO via Getty Images
Pope Francis waves from the popemobile in Ciudad Juarez, Chihuahua state, Mexico on February 17, 2016. Throngs gathered at Mexico's border with the United States on Wednesday for a huge mass with Pope Francis highlighting the plight of migrants -- a hot-button issue on the US presidential campaign trail. AFP PHOTO/ Pedro PARDO / AFP / Pedro PARDO (Photo credit should read PEDRO PARDO/AFP/Getty Images)

Les femmes menacées par le virus Zika pourraient avoir recours à la contraception artificielle, mais non à l'avortement, puisqu'il y a une différence morale claire entre éviter une grossesse et y mettre fin, a dit jeudi le pape François.

Le pape a fait ces commentaires alors qu'il rentrait au Vatican après une visite de cinq jours au Mexique. On lui a demandé si l'avortement ou la contraception sont un "moindre mal" en réponse au Zika.

"L'avortement n'est pas un moindre mal, c'est un crime, a-t-il immédiatement répliqué. Prendre une vie pour en sauver une autre, c'est digne de la mafia. C'est un crime. C'est le mal absolu."

Le pape a ensuite comparé la situation à la décision du pape Paul VI, dans les années 1960, de permettre aux religieuses de l'ancien Congo belge d'avoir recours à la contraception artificielle, puisqu'elles étaient systématiquement violées.

L'avortement est "un mal en lui-même, mais ce n'est pas fondamentalement un mal religieux, n'est-ce pas? C'est un mal humain, a dit le souverain pontife. D'un autre côté, éviter une grossesse n'est pas un mal absolu. Dans certains cas, comme celui-ci (le Zika), comme dans celui que j'ai mentionné du bienheureux Paul VI, c'était évident."

Le pape François cherche à s'éloigner des périls moraux de l'éthique sexuelle qui préoccupaient tant ses prédécesseurs, Jean Paul II et Benoît XVI, en déclarant que l'Église ne devrait pas être "obsédée" par de telles questions.

Le pape avait déclaré, l'an dernier, que l'Afrique était confrontée à des problèmes beaucoup plus urgents _ comme la pauvreté et l'exploitation _ que le recours éventuel aux condoms pour lutter contre le sida.

Le pape François a demandé aux médecins de tout faire pour trouver un vaccin contre le Zika. "On doit y travailler", a-t-il dit.

Certains gouvernements d'Amérique latine ont réagi à l'épidémie en demandant aux femmes d'éviter toute grossesse. Des groupes pro-choix en ont profité pour réclamer un assouplissement des règles qui interdisent l'avortement dans une région majoritairement catholique.

Par ailleurs, la Banque mondiale a prévenu jeudi que la propagation du Zika aura un impact modeste sur la croissance économique des Amériques, mais les pays des Caraïbes qui dépendent du tourisme pourraient être touchés plus durement.

L'agence a aussi annoncé qu'elle était prête à consacrer 150 millions $ US à la lutte contre la maladie.

Une trentaine de pays et territoires des Amériques sont aux prises avec une épidémie de Zika, un virus qui a été associé à une hausse des malformations congénitales graves au Brésil.

L'Organisation mondiale de la santé a proclamé une urgence sanitaire mondiale et les États-Unis demandent aux femmes enceintes d'éviter de visiter les zones infectées.

La Banque mondiale calcule que l'épidémie engendrera des pertes de revenus de seulement 3,6 milliards $ US, soit 0,6 pour cent du produit intérieur brut de la région. L'impact pourrait atteindre 1,6 pour cent du PIB dans les petits pays insulaires. Les Bahamas, la Barbade et Antigua-et-Barbuda seraient particulièrement vulnérables.

Ces prévisions prennent pour acquis que la réponse internationale sera rapide et bien coordonnée.

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