Ma maladie mentale : «La dépression, c'est une maladie mortelle.» - Florence K (VIDÉO)

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Vivre avec la maladie mentale. Chercher à retrouver la santé. La trouver, la perdre. La retrouver. Tout ça sous le regard bienveillant (ou pas) de la famille, des amis... Et du public. Vivre avec une maladie mentale dans la sphère artistique, ça a quel genre d'impact? Est-ce possible de trouver et garder la santé malgré la pression ambiante? Pour le découvrir, on a eu envie de faire le point avec 6 artistes d'ici qui vivent ouvertement leur maladie. Avec humilité, franchise (et beaucoup d'humour), François Massicotte, Véronique Bannon, Stefie Shock, Florence K, Marie-Claude Savard et Jonathan Roberge se sont prêtés au jeu de la série Ma maladie mentale. Tour d'horizon.

Les dernières années n'ont pas été faciles pour Florence K. Si bien que la chanteuse a eu besoin de se confier dans Buena Vida, un livre sorti fin 2015 qui raconte sa grave dépression, qui l'a menée jusqu'à une psychose. Qu'est-ce qui l'a poussée à se confier au public? La chanteuse avoue: «Les premières entrevues, c'est intense. Mais aujourd'hui, c'est comme si je racontais une pneumonie.»

Tout a débuté à l'été 2011. «J'étais dans une croisée des chemins dans ma vie personnelle. Je souhaitais mettre un terme à ma relation avec le père de ma fille. Ça faisait quelques années que ça n'allait pas. J'étais tiraillée entre la volonté de rester pour la famille ou de m'en aller. Je me disais de faire un effort, que ça allait se régler... Mais je n'étais pas bien.» Peine d'amour qui s'est muée en dépression? «Sincèrement, ce n'est même pas la rupture. C'est la culpabilité de briser le trio familial qui me grugeait.»

Cette période de crise personnelle était en parfaite opposition avec sa carrière, très trépidante: «Je travaillais beaucoup, beaucoup, beaucoup. Je devais assister à des événements assez importants, où je devais être à mon meilleur. Et à un moment, il y a eu un clash. Je ne savais plus qui j'étais. Malheureusement, je n'ai pas pris soin de ça à temps. J'ai commencé à faire de l'anxiété.» Celle qui avait déjà touché la mélancolie et l'angoisse ne s'est pas inquiétée outre mesure: «Je me servais souvent de ces émotions pour ma musique. En temps normal, on passe par-dessus nos émotions et on arrive à s'en sortir... Mais là, ça n'a pas été possible.»

Un soir de juin, la chanteuse a vécu sa première crise de panique: «J'étais convaincue que l'avion dans lequel ma fille se trouvait avec son père allait s'écraser pour me punir d'être une mauvaise personne. Je n'étais plus dans la logique, le concret.» Les pensées irrationnelles se sont multipliées, les crises de panique aussi... Devant les yeux impuissants de sa famille. «J'angoissais pour tout!» C'est après quelques visites à l'hôpital qu'elle sera finalement internée pour environ cinq semaines. «À ce moment, je n'étais vraiment plus fonctionnelle. Tout était d'une lourdeur! J'étais un corps vide avec un flot de pensées négatives.»

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S'en sortir, enfin

En plus de sa dépression et son anxiété, Florence K a dû lutter contre ses propres préjugés. «Je ne connaissais rien sur la dépression. J'ai toujours été la fille qui se lève - triste ou pas -, et qui va travailler ou s'occuper de son enfant. J'étais convaincue que j'étais un monstre. C'est dur d'accepter la maladie! Ce qui m'a aidé, c'est de me faire dire constamment par les infirmières que c'est une maladie, que ce n'était pas de ma faute. Quand on a un bobo sur le genou, c'est facile de se dissocier. Quand la blessure est dans la tête, c'est l'enfer! C'est quand j'ai accepté ma réalité que j'ai pu commencer à guérir.»

En tant qu'artiste, a-t-elle eu peur du jugement? «Oui! J'étais convaincue que je ne pourrais plus jamais travailler. J'avais une peur bleue que ça se sache. Que ça affecte ma carrière. Dans ma tête, j'étais la seule qui vivait ça. J'étais certaine que personne ne pourrait jamais me comprendre. C'est quand je me suis renseignée sur la dépression que j'ai mieux compris comment ça fonctionnait.» Grâce à la prise de médicaments et la thérapie psychologique, Florence a pu rebâtir sa santé mentale. «C'est en sortant de l'hôpital que le vrai travail commence!»

Aujourd'hui, l'artiste se sent bien et équilibrée: «J'ai appris à me connaître, à situer mes points de chute. À découvrir mes limites. Encore maintenant, si je suis triste ou nerveuse, je vais avoir peur d'être en train de retomber. C'est à moi d'utiliser mes outils.» Et elle encourage les gens aux prises avec la maladie mentale à faire de même: «Il faut que les gens soient informés. Qu'est-ce qu'on est supposés faire? Qui doit-on aller voir? Il faut aussi donner la chance aux malades d'avoir un suivi. Si une personne est suicidaire et qu'on la met sur une liste d'attente de quatre mois, c'est possible qu'elle ne se rende pas au bout. La dépression, c'est une maladie mortelle.»

Ma maladie mentale: une série à suivre sur Le Huffington Post Québec.

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