DIVERTISSEMENT

Une vie d'or et d'art pour Pierre Lassonde (VIDÉO)

10/02/2016 10:19 EST | Actualisé 10/02/2016 12:00 EST

Alors que son père avait modestement gagné sa vie en fabriquant notamment des ustensiles pour les militaires pendant la Deuxième Guerre mondiale, Pierre Lassonde est devenu multimillionnaire en achetant des droits sur des projets d'exploration aurifère. Chaque fois que les promoteurs qu'il finançait trouvaient de l'or, ils devaient lui verser des redevances pendant toute la durée de l'exploitation des mines.

L'entrepreneur a fondé la compagnie Franco-Nevada en 1982 avec un associé.

« Ça, c'est un truc incroyable. On a lancé la compagnie avec 2 millions de dollars et puis on a vendu la compagnie 18 ans plus tard pour 3,2 milliards. On a fait du 36 % composé par année pendant 18 ans. Ils ont découvert 50 millions d'onces d'or sur cette propriété-là. »

— Pierre Lassonde

Aujourd'hui encore, la firme de Pierre Lassonde encaisse des revenus de près de 500 millions par année, alors qu'il n'a besoin que d'une vingtaine d'employés pour gérer son patrimoine.

Grand collectionneur d'art canadien, l'homme l'est plus particulièrement d'art québécois. Il possède 400 tableaux des plus grands peintres québécois, comme Jean-Paul Lemieux, Jean-Paul Riopelle, Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté ou Ozias Leduc. Il affirme que son goût des arts vient de sa mère.

« Dans la maison chez nous, à Saint-Hyacinthe, on avait des tableaux partout. Ma mère recevait des artistes qui allaient et venaient dans la maison. Elle s'intéressait aussi beaucoup à l'écriture. Elle tenait une chronique hebdomadaire dans le journal local, Le Mascoutin. »

— Pierre Lassonde

Jusqu'au 23 mai au Musée national des beaux-arts du Québec, on peut aller voir une exposition appelée Passion privée qui rassemble 96 des tableaux que possède Pierre Lassonde. Sept de ces toiles resteront à jamais à Québec, car il en a fait don au musée.

Sept tableaux, on pourrait dire que pour lui c'est un « petit don » quand on sait qu'il a donné 10 millions de dollars au Musée national des beaux-arts du Québec pour mener à bien un vaste projet d'agrandissement de 100 millions. Le nouvel édifice du musée, qui ouvrira cet été, portera le nom de Pavillon Pierre Lassonde.

Pour s'assurer que le nouveau pavillon soit esthétiquement remarquable, Pierre Lassonde a exigé que se tienne un concours international d'architecture. C'est le consortium d'architectes OMA de New York qui a remporté le concours.

« Si on veut attirer les touristes culturels à Québec, on veut avoir quelque chose qui va les attirer. Si vous regardez par exemple Bilbao [Espagne]. Pourquoi les gens vont à Bilbao? L'édifice du Musée Guggenheim de Bilbao, il est époustouflant. »

— Pierre Lassonde

Pierre Lassonde n'est pas un nouveau venu au Musée de Québec. Il en est le président du conseil d'administration depuis 2006.

En juillet dernier, l'ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper l'a nommé au poste de président du conseil d'administration du Conseil des arts du Canada, l'organisme fédéral qui distribue des subventions aux artistes canadiens.

Cette nomination faisait partie d'une vague de 49 nominations politiques effectuées par l'ancien gouvernement de Stephen Harper peu avant le déclenchement des élections. Elles firent grand bruit lorsque le libéral Justin Trudeau en apprît l'existence après avoir pris le pouvoir. Le gouvernement Trudeau a d'ailleurs demandé à 33 de ces personnes de démissionner volontairement de leur poste.

Pierre Lassonde ne fait pas partie des 33 personnes. Sa nomination est donc entérinée par le nouveau gouvernement. M. Lassonde dit vouloir amener au Conseil des arts du Canada un modèle de gestion basé sur l'évaluation des résultats.

Regardez Pierre Lassonde parler des changements positifs qu'il espère voir dans le milieu des arts canadien au cours de son passage au Conseil des arts du Canada.

Il n'y a pas que l'art qui a profité de l'or de Pierre Lassonde :

Polytechnique Montréal : 8 millions (il y est devenu ingénieur)

Université de l'Utah : 25 millions (il y a fait son MBA)

Université de Toronto : 10 millions

Université York : 25 millions

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