BIEN-ÊTRE

Des enfants réfugiés syriens au travail dans les usines d'H&M en Turquie

02/02/2016 03:47 EST | Actualisé 02/02/2016 03:47 EST

Deux chaînes majeures viennent d’admettre avoir trouvé des enfants réfugiés syriens dans des usines qui fournissaient leurs vêtements.

H&M et Next ont révélé que des enfants au travail ont été découverts dans des usines turques, mais qu’ils avaient cessé de travailler avec elles immédiatement après la découverte de la nouvelle.

La rumeur veut que le problème soit beaucoup plus répandu qu’on ait voulu l’admettre.

syrian children turkey

Des enfants réfugiés syriens à la frontière de la Turquie

Le Business and Human Rights Ressource Centre a sondé 28 marques connues le mois dernier à propos de l’exploitation d’enfants syriens.

H&M et Next ont révélé qu’elles avaient identifié des enfants au travail en 2015, alors que Primark et C&A, deux chaînes présentes au Royaume-Uni, ont soutenu avoir identifié des réfugiés adultes dans leurs usines.

Arcadia Group (qui possède Topshop, Dorothy Perkins et Burtons), Adidas, Burberry, Nike et Puma ont tous affirmé n’avoir trouvé aucun réfugié syrien non documenté dans leurs usines.

Toutes les autres marques qui ont répondu (M&S et Asos, entre autres) n’ont pas répondu à la question concernant les travailleurs syriens, alors que 10 compagnies (dont Gap, New Look et River Island) n’ont pas répondu du tout.

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Des enfants syriens à l’école dans un camp de réfugiés

Un porte-parole pour H&M a indiqué à nos collègues du HuffPost britannique que : « H&M n’accepte pas des enfants dans ses usines sous aucune condition. Nous avons une politique sur le travail des enfants depuis 1997 basée sur la convention des droits de l’enfant des Nations Unies et tous les fournisseurs d’H&M sont engagés à suivre notre code de conduite ».

« Dans le rapport rendu disponible par le Business & Human Rights Resource Centre, nous affirmons avoir identifié un cas d’enfant au travail dans une usine de broderie en 2015 en Turquie et nous avons terminé la relation d’affaires immédiatement.

Nous avons ensuite informé une ONG partenaire pour obtenir leur soutien. L’ONG a créé un plan d’action aligné à nos politiques en identifiant les options les plus simples pour faire de l’éducation.

Si H&M obtient quelque information que ce soit sur le travail des enfants dans notre chaîne de fournisseurs, nous agissons avec des mesures concrètes.

Si un fournisseur, malgré les audits réguliers d’H&M, emploie un travailleur migrant sans permis de travail, H&M met fin à la relation d’affaires. Si un travailleur migrant a un permis de travail, nous nous assurons qu’ils reçoivent les mêmes avantages que les employés locaux. »

Phil Bloomer, directeur général au Business and Human Rights Ressource Centre a soutenu qu’H&M « méritait des félicitations pour son ouverture et son action pour éliminer la main d’œuvre enfantine.

Aucune marque ne veut des enfants au travail dans sa chaîne de fournisseurs. Ce qui compte, c’est qu’H&M ait été rapide à chercher le problème et à trouver des solutions pour soutenir cet enfant. Nous avons besoin d’autres marques européennes qui montrent autant de vigueur à éliminer cette malédiction. »

Un porte-parole pour Next a aussi dit à nos collègues du HuffPost britannique que la marque « avait investi beaucoup dans son processus d’audit et qu’ils avaient identifié avec succès le problème » agissant « rapidement et de façon appropriée pour régler le problème et soutenir les réfugiés vulnérables qui sont impliqués ».

La Turquie est le troisième plus grand fournisseur de vêtements après la Chine et le Bangladesh – en plus d’être le pays accueillant le plus grand lot de réfugiés syriens au monde.

Le syndicat de droits des travailleurs Ethical Trading Initiative a par le passé mis de l’avant le fait que les travailleurs syriens ne devraient pas souffrir de discrimination.

En collaboration avec l’association de travail éthique et de vêtements éthiques, le groupe a fait du lobbyisme envers le gouvernement turc pour rendre disponibles des permis de travail pour les travailleurs syriens. Les enfants de moins de 12 ans sont interdits de travail, alors que ceux de 13 et 14 ans sont bannis de tout sauf du travail léger.

En entrevue avec le Huffpost Style britannique, l’expert en textile et en vêtements Martin Buttle a soutenu que «la guerre civile en Syrie a présenté une occasion exceptionnelle pour les marques de trouver des fournisseurs en Turquie. Les membres de l’Ethical Trading Initiative ont pris action et collaboré pour améliorer les standards éthiques, incluant l’engagement des fournisseurs et les problèmes comme le travail des enfants.

« Si c’est clair qu’il reste beaucoup à faire, l’Ethical Trading Initiative est sûre que ses membres prendront le tout sérieusement. Les compagnies réalisent que les réfugiés, particulièrement les femmes, ont le droit à un traitement équitable au travail et que les usines doivent rester des environnements sans enfants au travail. »

Des réfugiés célèbres

Cet article initialement publié sur le Huffington Post Royaume-Uni a été traduit de l’anglais.

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