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L'ONU découvre de nouveaux cas d'agressions sexuelles en Centrafrique

29/01/2016 08:36 EST | Actualisé 29/01/2017 05:12 EST
FEDERICO SCOPPA via Getty Images
A Muslim refugee form Central African Republic, walks along a street at the Mole refugee camp, 35 Kms south of Zongo, at the Equator region, on June 20, 2015, as nations mark World Refugee Day. About 17000 Central African Republic (CAR) refugees live in this area, located near Bangui, after fleeing brutal inter-religious violence in 2013-2014. The United Nations this week reported that 60 million people -- half of them children -- have been forced to flee conflict and persecution. AFP PHOTO/FEDERICO SCOPPA (Photo credit should read FEDERICO SCOPPA/AFP/Getty Images)

GENÈVE _ Le responsable des droits de la personne au sein des Nations unies a révélé vendredi que son personnel a récemment découvert six nouvelles agressions sexuelles qui auraient été commises contre des enfants par des militaires européens déployés en République centrafricaine.

Le bureau de Zeid Raad al-Hussein a dit qu'une équipe onusienne a rencontré cinq fillettes et un garçon qui affirment avoir été agressés par des soldats membres des missions de l'Union européenne et de la France.

Ces agressions auraient été commises dans un camp de réfugiés près de l'aéroport de Bangui.

Trois fillettes ont raconté à l'ONU que leurs agresseurs étaient possiblement membres du contingent fourni à l'UE par la Géorgie. Une fillette de sept ans et un garçon de neuf ans ont dit avoir été agressés par des militaires français qui participaient à l'opération Sangaris.

La fillette de sept ans, qui serait la plus jeune victime identifiée à ce jour, aurait posé des gestes sexuels en échange d'eau et de biscuits.

Une autre fillette prétend avoir été agressée par des soldats originaires d'un pays européen qui n'a pas été identifié, mais "d'autres corroborations sont requises dans cette affaire".

Ces agressions présumées auraient été commises en 2014 mais n'ont que récemment été rendues publiques.

La France, l'ancienne puissance coloniale en Centrafrique, a déployé des milliers de militaires dans ce pays à la fin de 2013 pour mettre fin aux violences entre chrétiens et musulmans. Une mission de l'Union africaine entamée en avril 2014 et été remplacée par la mission onusienne cinq mois plus tard, et la mission européenne a pris fin en mars 2015.

"Ce sont des accusations extrêmement graves et il est impératif que ces allégations fassent l'objet d'une enquête complète et urgente, a dit M. Zeid par voie de communiqué. Nous assurerons un suivi étroit de ces dossiers et de tout autre qui pourrait faire surface pendant que l'équipe de l'ONU poursuit son enquête sur le terrain."

L'ONU peut colliger et publier les allégations, mais il revient aux États de poursuivre les suspects.

Le garçon et la fillette qui disent avoir été agressés par des soldats français prétendent que d'autres enfants ont subi le même sort.

Lors d'une conférence de presse, plus tard vendredi, à New York, un représentant de l'ONU a confirmé que des allégations pesaient également contre des Casques bleus. Le secrétaire général adjoint Anthony Banbury a été étreint par l'émotion en parlant des quatre nouveaux cas impliquant des soldats de l'ONU du Bangladesh, du Congo, du Niger et du Sénégal.

C'était la première fois que l'ONU nommait publiquement les pays comptant des soldats mis en cause dans le cadre d'une nouvelle politique de divulgation.

M. Banbury a aussi annoncé qu'un des soldats marocains qui avait servi dans une mission précédente faisait l'objet d'une allégation d'agression sexuelle.

Pour toute l'année 2015, il y aurait 69 allégations confirmées d'agression sexuelle ou d'exploitation dans les 16 missions de l'ONU, dont 22 en République centrafricaine. En 2014, il y avait 51 allégations, mais il n'y avait aucun cas en République centrafricaine.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon publiera le mois prochain un rapport détaillant les allégations de 2015. Les informations, incluant l'avancement des enquêtes, seront mises à jour fréquemment sur le Web.

Un porte-parole de M. Zeid, Rupert Colville, a expliqué aux journalistes que des soldats provenant d'une "dizaine de contingents" ont maintenant été éclaboussés par des allégations d'inconduite sexuelle, mais qu'il est difficile d'estimer combien de militaires individuels sont impliqués.

"Mais il est très évident que c'était répandu (en Centrafrique), a-t-il dit lors d'une conférence de presse. Ce n'est clairement pas la dernière fois dont nous en parlons, malheureusement."

L'Union européenne a promis sa pleine collaboration aux enquêteurs onusiens.

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