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Ottawa minimise son absence à une rencontre de la coalition anti-État islamique

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Le ministre canadien de la Défense, Harjit Sajjan, minimise le fait qu'Ottawa n'ait pas été invité à une rencontre des pays qui jouent un « rôle significatif » au sein de la coalition internationale contre le groupe armé État islamique (EI) qui se tiendra mercredi à Paris.

La rencontre, qui réunira les ministres de la Défense des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie et des Pays-Bas, doit permettre de déterminer les prochaines opérations qui seront menées contre l'EI.

À son arrivée au conseil des ministres, mardi matin, à Saint Andrews, au Nouveau-Brunswick, M. Sajjan a nié que cette décision soit liée à la décision du gouvernement Trudeau de retirer les CF-18 des opérations de bombardement visant l'EI en Irak et en Syrie.

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L'exclusion du Canada n'est pas significative, a-t-il fait valoir.

« Des rencontres, il y en a tout le temps », a plaidé le ministre devant les journalistes qui l'interrogeaient à ce sujet. « Il y a plusieurs autres rencontres qui ont lieu et dont vous n'êtes peut-être pas au courant », a-t-il poursuivi.

« J'ai une rencontre de NORAD [Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord] dans quelques jours. C'est très important pour moi aussi, a-t-il ajouté. J'aime être tenu au courant, et je le suis. »

Dans une entrevue accordée à CBC lundi, le secrétaire parlementaire du ministre des Affaires étrangères, Omar Alghabra, avait plaidé que « ne pas être invité n'était pas une surprise », et que le groupe des sept pays qui seront à Paris se rencontrait régulièrement.

La seule différence avec la rencontre de Paris, a précisé M. Alghabra, est qu'elle se déroulera au niveau ministériel.

Dans un discours prononcé la semaine dernière au Kentucky, le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, a expliqué que la rencontre de Paris réunissait « ses homologues de six pays jouant un rôle majeur tant au sol que dans les airs » au sein de la coalition.

« Chacun de ces pays a un vif intérêt à compléter la destruction de cette organisation diabolique, et nous devons inclure toutes les capacités qu'ils peuvent offrir sur le terrain », a expliqué M. Carter.

« Nous allons voir comment accentuer notre effort en Irak et en Syrie », a déclaré le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, dans une entrevue accordée à BFM TV la semaine dernière.

« Une lumière orange »

Néanmoins, pour Charles-Philippe David, de la Chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM, le fait de ne pas avoir été invité constitue un message envoyé au Canada, « une lumière orange », dit-il.

« Ce sont les ratés d'un jeune gouvernement qui met en place ses nouvelles politiques. [...] Cette décision est mal perçue ou mal comprise de ses partenaires américains et européens », affirme l'analyste qui croit que le gouvernement Trudeau devra revoir sa stratégie dans ce dossier diplomatique.

« Dans le domaine des affaires étrangères, un gouvernement a des responsabilités qui vont au-delà de l'opinion publique. Et maintenant, il doit ménager la chèvre et le chou et être capable peut-être d'intervenir dans la coalition d'une manière affirmée, tout en restant crédible auprès de l'opinion publique canadienne », explique M. David.

Un retrait critiqué par les conservateurs, mais attendu par les néo-démocrates

Depuis son élection, le premier ministre Justin Trudeau assure que l'armée canadienne va arrêter de bombarder l'EI, mais qu'elle le fera de manière ordonnée, afin de ne pas déstabiliser les efforts de la coalition.

Jusqu'à nouvel ordre, les Forces armées canadiennes continuent donc de bombarder l'EI, une opération dans laquelle sont engagés six chasseurs CF-18 Hornet, un aéronef de ravitaillement et deux aéronefs de patrouille.

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