POLITIQUE

Partenariat transpacifique: les producteurs laitiers du Québec doivent obtenir pleine compensation, selon le NPD et le Bloc

15/01/2016 06:57 EST | Actualisé 15/01/2016 06:57 EST
Graham Hughes/The Canadian Press

OTTAWA – Des voix s’élèvent afin de réclamer des garanties financières pour les agriculteurs laitiers québécois, à quelques semaines de la signature du Partenariat transpacifique (PTP).

« On a des ministres qui nous disent "mieux, c’est toujours possible", mais ceci n’est pas le meilleur accord possible pour les Canadiens. Le gouvernement ne veut pas faire mieux pour les Canadiens », dénonce Ruth Ellen Brosseau, porte-parole du NPD en matière d’agriculture.

En entrevue avec le HuffPost, la députée de Berthier-Maskinongé rappelle que l’incertitude autour du PTP, qui devra être ratifié par les pays membres d’ici deux ans après la signature du traité, a forcé la vente de 250 fermes laitières au Québec en 2015 seulement.

« C’est frustrant de voir que la ministre [du Commerce international, Chrystia Freeland] reste campée sur ses positions quand on sait que cet accord met en péril des emplois au Canada. Le ministre de l’Agriculture et elle doivent faire preuve de leadership pour ces producteurs-là », poursuit Brosseau.

Une version consolidée du PTP, en anglais seulement, a été rendue publique le 5 novembre 2015. Mais il n’est toujours pas possible de constater et d’analyser en profondeur les répercussions qu’aura le traité sur les fermes laitières québécoises.

La ministre Freeland a indiqué jeudi qu’il ne sera pas possible de renégocier le PTP et ce, même si le gouvernement tient des consultations publiques à travers le pays.

«Les négociations sont terminées et il est important que les Canadiens comprennent que la décision ne consiste qu'à dire oui ou non», a-t-elle indiqué lors d'une rencontre à l'Université de Montréal.

Un « minimum acceptable »

Freeland avait également signalé, en novembre dernier, qu’elle ne se sent pas liée par le plan de compensation de 4,3 milliards de dollars promis aux producteurs de lait, d’œufs et de volaille.

« Quand on négocie, il faut ensuite s’assurer de respecter ses engagements, même si c’était le gouvernement précédent. Ce n’est pas vrai qu’encore une fois, les agriculteurs du Québec vont faire les frais d’un accord qui va profiter à l’ensemble du Canada », critique le député bloquiste de Joliette, Gabriel Ste-Marie.

Il ajoute du même souffle que les producteurs laitiers des autres pays « viennent concurrencer nos producteurs qui, eux, ne sont pas subventionnés ». « Ils viennent se battre chez nous à armes inégales et il y aura préjudice pour nos agriculteurs. Il faut qu’ils aient droit à une pleine compensation », fait valoir Gabriel Ste-Marie.

Selon les Producteurs de lait du Québec, le plan annoncé par le gouvernement Harper constitue un « minimum acceptable ». Si les libéraux devaient le modifier, le nouveau plan devra être amélioré et non diminué, explique leur porte-parole François Dumontier.

La signature officielle du texte de l’accord aura lieu le 4 février à Auckland, en Nouvelle-Zélande. Le gouvernement libéral n’a pas confirmé qu’il allait être présent pour cette étape préalable à la ratification par les pays membres.

Si les négociations ont créé de l’incertitude au Québec l’an dernier, l’impact commercial du PTP ne se fera pas sentir en 2016, explique François Dumontier. Les producteurs craignent que le partenariat érode le système de la gestion de l’offre propre au pays.

« Encore une fois, ce qui compte, c’est que si et quand l’accord entrera en vigueur, le gouvernement fédéral respecte son engagement de dédommager les producteurs pour l’impact qu’ils subiront, au moins à la hauteur de ce à quoi il s’est engagé », conclut le porte-parole des Producteurs de lait du Québec.

Lait diafiltré en priorité

Si la ratification du PTP se fera attendre, le gouvernement Trudeau peut agir dès maintenant pour aider les producteurs en interdisant l’importation de protéines laitières en provenance des États-Unis.

« On demande que le gouvernement règle cette portion-là rapidement. L’importation de lait diafiltré, c’est une brèche dans la gestion de l’offre qui est hors contrôle et qui est croissante », décrit François Dumontier, porte-parole des Producteurs de lait du Québec.

Le NPD et le Bloc québécois aussi veulent que le Canada resserre ses frontières afin d’éviter l’importation de ces protéines. Les deux partis s’assureront que ce dossier ne passe pas dans le beurre à Ottawa cette année.

10 questions sur le Partenariat transpacifique

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