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Le Comité olympique canadien dit avoir laissé tomber ses employés, dans l'affaire Aubut

13/01/2016 02:59 EST | Actualisé 13/01/2016 04:56 EST

La présidente du Comité olympique canadien (COC), Tricia Smith, a rendu public mercredi le rapport sur les agissements de son prédécesseur.

Le rapport sommaire recommande des changements profonds afin de renforcer de manière importante les politiques, les procédures et la gouvernance du lieu de travail.

La présidente du COC a commencé son allocation par un mea culpa au nom de l'organisation.

« Il est évident que nous aurions pu faire davantage. Je tiens à dire à nos employés et à toutes les personnes qui ont été touchées que j'en suis sincèrement désolée. Nous vous avons laissé tomber. Nous devons nous imposer une plus grande rigueur, et nous sommes résolus à le faire, a dit Tricia Smith dans les deux langues officielles.

« Les choses se feront différemment à l'avenir. Tout le monde aura des comptes à rendre, y compris Chris [Overholt, chef de la direction] et moi . Nous savons qu'il faudra du temps pour rebâtir la confiance. Nous savons aussi que nous devons gagner cette confiance. »

Le conseil d'administration du COC a voté pour la mise en œuvre de l'ensemble des recommandations contenues dans le rapport de Rubin Thomlinson, la firme d'experts en droit du travail chargée de mener l'examen indépendant.

Plus d'une centaine de témoignages

Dans le cadre de leur examen, les experts ont interviewé au-delà de 100 employés actuels et anciens du COC, ainsi que d'autres personnes.

« Nous avons appris des leçons difficiles, mais nous avons maintenant un plan pour faire mieux, a-t-elle assuré. Nous allons nous assurer que tous nos employés comprennent la notion d'harcèlement. Nous allons mettre en valeur la notion de respect. »

Tricia Smith rencontrera jeudi les employés du bureau de Toronto.

Elle dit ne pas savoir si lors des interviews, certaines personnes ayant accepté de témoigner ont été encouragées à poursuivre l'ancien président au criminel.

Lors de la conférence téléphonique, Tricia Smith faisait visiblement très attention à ce qu'elle disait aux journalistes, et a répondu plusieurs fois: « Nous aurions pu faire mieux ». Notamment sur les questions visant le conseil d'administration de l'organisme.

La présidente du COC n'a pas voulu détailler les agissements de Marcel Aubut qui ont mené à la première plainte officielle.

« Nous n'irons pas dans les détails, car nous avons promis la confidentialité à tous les employés qui ont eu le courage de témoigner, a-t-elle expliqué. Ils ont été plus d'une centaine. »

« Ce rapport n'est pas à propos des actions de Monsieur Aubut, mais à propos des choses que nous pouvons changer au sein de l'organisation », a précisé Tricia Smith.

Marcel Aubut était membre du COC depuis 2000 et présidait l'organisme depuis avril 2010.

De nouvelles ressources

L'examen a fait ressortir trois enjeux globaux. Un problème de leadership, un manque de clarté au sein de la structure de gouvernance et une lacune sur le plan des systèmes et processus de ressources humaines.

Le rapport indique un manque de clarté quant au rôle et au pouvoir du conseil d'administration par rapport au rôle et au pouvoir de l'ancien président.

Ce manque de clarté a permis à l'ancien président d'exercer un contrôle significatif, ce qui a donné lieu à une culture au sein de laquelle les gens ne croyaient pas qu'ils avaient la capacité de changer les choses.

Fait important, il n'existait aucun mécanisme pour permettre aux gens de faire part de leurs préoccupations, autre que par la voie de la plainte officielle.

Tricia Smith a annoncé qu'elle créait un comité de travail, dont fera partie notamment l'avocat Richard Pound, pour épauler la direction dans l'application des recommandations.

Le COC pourra également compter sur un secrétaire spécialisé en matière de gouvernance. Une suggestion de Tricia Smith qui a été retenue.

L'Affaire Marcel Aubut en quelques dates :

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