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40 titres québécois à surveiller à la rentrée littéraire 2016

13/01/2016 03:52 EST | Actualisé 29/01/2016 03:30 EST
Eva Katalin Kondoros via Getty Images
Young man drinking coffee in a cafe. Close-up.

Question d’occuper vos yeux et votre imaginaire pendant des heures au cours des prochains mois, voici un survol des titres québécois les plus attirants de la rentrée littéraire de l’hiver et du printemps 2016.

Débutons en parlant du nouveau roman de l’auteur de L’Histoire de Pi, Yann Martel, qui publiera Les Hautes Montagnes du Portugal (XYZ, 11 février), une fresque campée à trois époques: en 1904, à Lisbonne, alors qu’un jeune homme découvre un artéfact contestant le rôle de l’Église; trois décennies plus tard, lorsqu’un pathologiste portugais réalise une autopsie déroutante, et dans les années 50, quand un sénateur en deuil emmène un chimpanzé vivre dans son village d’origine, au nord du Portugal.

La journaliste de La Presse et spécialiste d’actualité internationale Agnès Gruda offrira aux lecteurs Mourir mais pas trop (Boréal, 29 mars), un recueil de nouvelles sur la fin, les adieux, les départs et les morts, six ans après avoir été finaliste au Prix du Gouverneur général pour Onze petites trahisons.

Dans Le temps du paysage (Druide, mars), la poète acclamée Hélène Dorion pose un regard délicat sur les états transitoires de l’existence, un récit méditatif sur la mort, la beauté et l’amour.

Alto publie la traduction de deux auteurs montréalais de haut calibre. D’abord, Corps conducteurs (12 janvier), une histoire d’amour où la musique joue un rôle fantastico fantasmagorique écrit par Sean Michaels, récompensé du prix Giller. Ainsi que Big Bang (réédition, 8 mars), où l’on pourra retrouver la plume originale, drolatique et pleine d’humanité de Neil Smith, après le récent succès de Boo.

L’infiniment petit sera à l’honneur dans le troisième roman de Kim Thuy, Vi (Librex, 6 avil), l’épopée d’une petite fille qui observe, décortique et soupèse les aléas de la vie, en suivant des héros ordinaires.

L’une des révélations littéraires de 2015, Davide Goudreault, proposera à ses nouveaux fidèles la deuxième aventure de son p’tit criss si facile à détester, mais qu’on finit par aimer, désormais confiné à l’aile psychiatrique d’une prison: La Bête et sa cage (Stanké, 27 avril).

Marie Larocque retrouve elle aussi le personnage qui lui a permis de faire une entrée remarquée sur la scène littéraire en 2013 avec Jeanne chez les autres (finaliste au Grand Prix littéraire Archambault et au Prix France Québec), alors qu’elle publie Jeanne en voyage (VLB, 20 avril).

Deux vétérans reviennent à l’avant-plan cette saison: Denise Boucher, à qui l’on doit Les fées ont soif, publie un troisième recueil aux éditions de l’Hexagone, La boîte d’images (30 mars), tandis que Robert Lalonde offrira le récit initiatique d’un jeune homme qui espère rencontrer le grand écrivain Anton Tchékhov (Boréal, 8 mars), Le Petit Voleur.

Dans Naufrage (Leméac, 20 janvier) Biz image la chute d’un homme qui, n’acceptant plus de voir son être disparaître dans les méandres bureaucratiques de sa profession, tentera de changer les choses et de se faire justicier, avant de s’effondrer et d’être condamné par la justice populaire.

Bardé de prix pour ses écrits en tous genres, Guillaume Corbeil fait son entrée au Quartanier avec Trois princesses (15 mars), où il réinvente, parfois avec cruauté, le destin de Cendrillon, de Blanche-Neige et de La Belle au bois dormant.

Québec Amérique publie un deuxième recueil de nouvelles érotiques dirigé par Stéphane Dompierre, Travaux Manuel (janvier), ainsi que l’Abécédaire du plaisir solitaire (février), un livre coquin et cocasse écrit par Louis Émond et Caroline Allard, et illustré par Jimmy Beaulieu.

En plus de dévorer la nouvelle histoire de Chrystine Brouillet avec la célèbre détective Maud Graham (Druide, mai), les amateurs de romans policiers pourront découvrir le talent de Guillaume Morrissette, récompensé du Meilleur premier polar et du Coup de cœur du jury au Prix Saint-Pacôme en 2015, avec la nouvelle enquête de l’inspecteur Héroux, Terreur Domestique (Guy Saint-Jean, 16 mars) et savourer le polar psychologique de Johanne Seymour, Rinzen et l’homme perdu (Librex, 11 mai), l’histoire d’un prêtre dominicain qui révèle dans son journal comment il a vu un garçon de sept ans se transformer en meurtrier. Sans oublier la nouvelle création d’Aline Apostolska, Les steppes de Gengis-Khan (Édito, mai), la nouvelle aventure de Joséphine Watson-Finn, partie en Mongolie pour retrouver le leader d’une multinationale aux sombres desseins.

On est curieux de découvrir Le cœur des cobayes (Héliothrope, mars), un roman de Grégory Lemay dans lequel deux cobayes d’études pharmacologiques tombent amoureux; L’Absent (XYZ, 28 janvier) de Nathalie Babin-Gagnon, où l’on suit l’aventure chaotique d’Anna, partie en Afrique à la recherche de son frère disparu; Révélations (VLB, 30 mars) de Simon Dumas, le récit multiforme d’une jeune fille qui attend la fin du monde; Serafim et Claire (Marchand de feuilles, 26 janvier) de Mark Lavorato, une romance iconoclaste campée dans le Montréal des années 20; La Fiancée du facteur (XYZ, 7 avril), la suite du roman de Denis Thériault, Le facteur émotif, publié en 2005, traduit depuis en 11 langues et classé parmi les œuvres incontournables de la littérature francophone traduites en anglais par le New York Times.

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On ne peut passer sous silence Le petit caillou de la mémoire (Mémoire d’encrier), le récit historique de la journaliste Monique Durand; Les amants maudits de Spirit Lake (Druide, mars), un roman de Claire Bergeron qui lève le voile sur les camps de détention érigés au Canada durant la Première Guerre mondiale, dont celui de l’Abitibi où quantité d’Ukrainiens, de Turcs et d’Allemands ont été prisonniers; Le père Sauvage (Quartanier, 15 mars), un petit conte percutant d’Hervé Bouchard sur un homme plein de mauvaise foi qui fait absolument tout pour empêcher les gens de fouler le sol de sa propriété; Les P’tites Têtes (Québec Amérique, mars), un ouvrage de Manuel Gasse illustré par Mathieu Potvin, où l’on découvre les péripéties hautes en couleur d’une famille avec quatre jeunes garçons très en vie; Hare Krishna (Leméac, 9 mars), un premier roman jeunesse de François Gilbert, qui avait séduit avec Coma et La maison d’une autre; Femmes repaillées (Mémoire d’encrier), un collectif dans lequel 41 femmes poètes d’ici et d’ailleurs « répliquent » à l’œuvre de Gaston Miron; Toute une vie sur les bancs d’école (Québec Amérique, mars), un recueil de 26 courts textes de François Gravel sur les hauts et les bas de la vie scolaire; Je n’ai jamais embrassé Laure (Leméac, 9 mars), un roman de Kiev Renaud sur l’ambiguïté régnant entre deux amies depuis la tendre enfance, qui jouent aux putes et qui attisent la ferveur de mâles en rut sur Internet; Bleuets et abricots (Mémoire d’encrier), le livre puissant de la jeune Natasha Kanapé-Fontaine, slameuse, poète et militante des droits autochtones et environnementaux.

En non-fiction, on attend Madame America – 100 clés pour comprendre Hillary Clinton, des journalistes Richard Hétu et Alexandre Sirois (Éditions La Presse, 18 janvier); la manifeste de leur collègue Marc Cassivi, Mauvaise Langue (Somme Toute, février), dans lequel il suggère de revoir notre rapport malsain à l’anglais et notre façon de protéger le français; l’essai de Martin Lemay, À la défense de Maurice Duplessis (Québec Amérique, mars), où l’auteur tente de nuancer la vision que les Québécois ont du premier ministre de la Grande noirceur; l’essai Anonymous – Hacker, activiste, faussaire, mouchard, lanceur d’alerte de l’anthropologue montréalaise Gabriella Coleman (Lux, 20 janvier); Itinéraire d’un enfant de la loi 101 (Boréal, 19 janvier), le récit d’Akos Verboczy, un jeune Hongrois arrivé au Québec à 11 ans qui raconte, avec sérieux et humour, comment il s’est immergé dans la culture québécoise; La dure école (Leméac, 9 mars), un essai de Normand Baillargeon sur l’éducation du citoyen et les obstacles placés sur sa route pour étouffer son sens critique; Trouve-toi une vie (Lux, 18 février), dans lequel Fabien Cloutier présente un réquisitoire contre la bêtise; l’essai de Jonathan Livernois (Atelier 10, 17 mai), qui questionne le possible anachronisme du patriotisme.

Puis, dans la catégorie « inclassable mais non moins fascinant », on retrouve Le Guide des bars et pubs de Saguenay (Quartanier, 10 mai), une œuvre de Mathieu Arsenault où sont réunis les poèmes qu’il a écrits sur son téléphone pendant 30 jours, lors d’une tournée des lieux alcoolisés de Chicoutimi et de Jonquière, ainsi qu’un essai sur son expérience au cœur du nightlife saguenéen.

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