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«Les jeunes loups»: un coup de griffe assez convaincant (PHOTOS)

08/01/2016 05:41 EST | Actualisé 08/01/2016 05:42 EST
Courtoisie TVA

L’équipe de production de la populaire télésérie Les jeunes loups, diffusée en 2014, a présenté les deux premiers épisodes de la nouvelle mouture qui sera diffusée à TVA dès le 11 janvier, à 21 h. On se frotte encore à quelques irritants, mais force est d’admettre que la qualité de cette série s’est grandement améliorée.

À la suite des nombreuses critiques défavorables, l’auteur Réjean Tremblay avait promis de redoubler d’ardeur afin de créer un univers plus crédible et plus captivant. On pouvait d’ailleurs prendre connaissance de ses propos dans un texte de Marie-Josée Roy, publié sur le site web du Huffington Post Québec, en septembre.

«Les jeunes loups»: un coup de griffe assez convaincant


De toute évidence, Tremblay a su accepter la critique et l’utiliser à bon escient. Il a commencé par recruter le réalisateur François Gingras qui a intelligemment revampé cette fiction. Résultat : meilleure direction d’acteurs et meilleure facture visuelle. De plus, l’action est campée dans des mondes plus plausibles. Notons aussi le rythme, qui est passablement amélioré. Dès les premières minutes de l’épisode 1, par exemple, on est plongé dans différents univers qui illustrent assez bien la réalité des personnages principaux de la série : de la salle de nouvelles du journal Le Matin, on passe rapidement dans une salle d’un tribunal de Montréal, puis dans un modeste appartement où se déroule un bien triste événement, qui sera le point de départ d’une enquête du journaliste Marc Quenneville (Luc Picard). Disons que tout ça rend l’univers de Tremblay plus prenant.

Certes, on ne pourra peut-être jamais sortir le côté cinglant, tape-à-l’œil et parfois caricatural des univers de Réjean Tremblay : la scène de sexe dans la voiture entre le reporter Philippe St-Pierre (Danny Gilmore remplace Pierre-Yves Cardinal) et sa copine n’a rien de bien choquant, c’est plutôt sa pertinence dans l’histoire qui est à questionner. Malgré tout, nous avons pu constater que l’auteur a travaillé fort pour adoucir les traits des personnages et peaufiner le réalisme des rapports entre eux. Mention pour le personnage Maripier Renaud (copropriétaire du Matin avec Claudie St-Laurent, incarnée par Julie Perreault), qui injecte une dose de flegme et de passion dans l’histoire. Cette fougueuse jeune femme est joliment interprétée par la comédienne Catherine Bérubé.

«Tout doit être dit» ?

Dans la première saison, la devise du quotidien était imprimée dans la vitre qui donnait sur le bureau de Paula Champagne (France Castel), la directrice de la salle de rédaction. Dans son cas, rien n’a vraiment changé. Tout dire, vraiment ? En télé comme dans la vraie vie, on peut en douter. Et cette devise vient justement alourdir quelque peu la série Les jeunes loups, dans laquelle le personnage le plus intéressant est, ironiquement, le journaliste vieillissant Marc Quenneville.

Tout dire… À cet égard, on ne peut s’empêcher de soupirer quand la stagiaire journaliste Sandrine Kabré (assez bien campée par Anaïs Damphousse-Joly) se plait à de nombreuses reprises à comparer les différences culturelles entre son pays d’origine, le Burkina Faso, et le Québec, où elle est arrivée depuis moins d'un an. Le rendu est trop didactique et très peu plausible. En fait, il est à se demander en quoi ces comparaisons servent l’histoire. Serait-ce pour préparer le terrain à la scène finale du second épisode ? Trop simpliste.

Même chose pour toutes ces informations véhiculées par les journalistes ou encore les travailleurs du milieu de la justice : il y a beaucoup trop de mots, comme si l’auteur sentait le besoin de prendre par la main l’auditoire dans les dédales des univers médiatiques, policiers et judiciaires. Par exemple, la scène du personnage ensanglanté au bas de l’escalier : pas besoin de ce dialogue entre Marc Quenneville et la photographe Pascale Circovic (interprétée par Émilie Leclerc), car on connaît déjà sa condition physique… C’est quand même important de faire un minimum confiance aux téléspectateurs.

Qu’à cela ne tienne, c’est une télésérie qui risque de frapper fort cette année, d’autant plus qu’elle a subi une transformation majeure et somme toute assez réussie. De qualité moyenne, cette production avait quand même attiré plus de 1,5 million de téléspectateurs (selon Numeris) à l’hiver 2014.

Puisque le scénario, jalonné de multiples intrigues, semble mieux ficelé, du moins mieux adapté (notamment en raison du bon boulot de Gingras), une quantité impressionnante de spectateurs risque de se laisser emporter dans cette histoire ancrée dans l’actualité.

Une troisième saison est déjà en préparation.

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