POLITIQUE

La FTQ accuse Québec de refuser la concertation

06/01/2016 04:08 EST | Actualisé 06/01/2016 04:08 EST
Radio-Canada

« Le problème qu'on a avec ce gouvernement-là, c'est qu'il annonce des mesures qui touchent les travailleurs sans, au préalable, avoir tenté de tracer une voie de passage avec les employeurs et les syndicats », affirme le secrétaire général de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Serge Cadieux.

Dans sa conférence de presse de début d'année, mercredi, la centrale syndicale a tiré à boulets rouges sur le gouvernement de Philippe Couillard, surtout en ce qui a trait au pacte fiscal 2016-2019 conclu avec les municipalités.

Rappelons qu'en septembre dernier, Québec avait fait accepter des compressions de plus de 300 millions de dollars par an aux municipalités, et ce, en échange de pouvoirs accrus dans leurs négociations avec leurs employés.

Des turbulences à prévoir

La FTQ représente des milliers d'employés municipaux par le biais du Syndicat canadien de la fonction publique, qui lui est affilié. Elle appréhende les retombées de la révision du cadre des relations de travail qui, dans ce secteur, semble vouloir s'effectuer sans dialogue avec les syndicats, dit-elle.

« S'il [le gouvernement] trouve qu'il y a un déséquilibre dans le rapport de force entre les employés municipaux et les municipalités, ce n'est certainement pas en donnant l'ensemble des droits aux maires qu'il vient rétablir l'équilibre. »

— Serge Cadieux, secrétaire général de la FTQ

« Nous, on pense qu'il y en a un équilibre actuellement; les employés municipaux sont soumis à la Loi sur les services essentiels, ce qui n'est pas cas dans le secteur privé », ajoute Serge Cadieux.

Aux yeux de la FTQ, il est sans précédent qu'un gouvernement veuille modifier le régime de relations de travail, allant jusqu'à donner aux municipalités le pouvoir d'imposer le contenu des conventions collectives. « Il nous apparaît évident que ça va à l'encontre des chartes, la canadienne et la québécoise, met en garde M. Cadieux. Pour nous, c'est une transformation radicale et sans précédent. Ça n'existe pas nulle part au Canada où un employeur a le pouvoir de décréter les conditions de travail de ses employés. »

Des droits à préserver pour les travailleurs

L'autre dossier qu'a dans sa mire la FTQ est la modernisation du régime de santé et sécurité au travail. Au Québec, d'expliquer en substance Serge Cadieux, le Comité consultatif du travail et de la main-d'œuvre (CCTM) a reçu le mandat de Québec de faire des recommandations sur des modifications dans la Loi sur la santé et la sécurité du travail et la Loi sur les accidents du travail.

Aux yeux de Serge Cadieux, il importe que ces éventuelles modifications n'empiètent pas sur les droits des travailleurs, surtout que dans la province, seul le quart des travailleurs ont accès à l'ensemble des dispositions de la Loi sur la santé et la sécurité du travail. De plus, la Loi sur la santé et la sécurité du travail dans son ensemble n'est pas applicable à l'ensemble des secteurs.

« On constate aujourd'hui en 2016 qu'on est la 63e juridiction en Amérique du Nord en termes de droits à la prévention. [...] Pour nous, c'est une préoccupation majeure. Il faut s'assurer que modernisation n'est pas synonyme de diminution des droits des travailleurs. »

— Serge Cadieux, secrétaire général de la FTQ

Pourtant, en la matière, on a déjà fait office de précurseur, souligne la FTQ, puisque, « à l'adoption, par le gouvernement de René Lévesque en 1980, de la Loi sur la santé et la sécurité du travail, c'était littéralement une révolution », rappelle le secrétaire général de la FTQ.

La création d'emplois bat de l'aile, selon la FTQ

Par ailleurs, le président de la FTQ, Daniel Boyer, s'est dit peu impressionné par le bilan du gouvernement Couillard en matière de création d'emplois. Il est loin d'être en voie de respecter son engagement de créer 250 000 emplois en cinq ans, alors qu'il en est au tiers de son mandat.

La FTQ revendique donc l'adoption d'une véritable politique industrielle, car elle est insatisfaite des emplois créés par la stratégie maritime et le plan Nord du gouvernement Couillard.

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