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«Bye Bye 2015»: moyennement bon (PHOTOS)

01/01/2016 12:34 EST | Actualisé 01/01/2016 12:34 EST

Un Bye Bye qui a tiré dans tous les sens, qui manquait un peu de cohésion et qui n’a pas généré tellement de grands éclats de rires, mais qui contenait quelques sympathiques moments. On ne criera ni au génie ni à la catastrophe après cette revue de l’année 2015 somme toute banale, qui a conclu la soirée du 31 décembre, à Radio-Canada. L’actualité des 12 derniers mois ne semble visiblement pas avoir beaucoup inspiré les auteurs de l’émission spéciale, qui n’ont été ni bien frappants ni bien méchants.

La vignette d’ouverture, enveloppée des effets spéciaux des Satiriques, recréait une forêt maléfique dans un faux film parodiant Jurassic Park, JeRecycleParc. Le fil conducteur? Les nombreux produits culturels «ressuscités» en 2015. «Parce que nos dinosaures québécois refusent de mourir», a-t-on précisé. «En 2015, l’évolution laisse place à la nostalgie».

Au fil de la promenade des comédiens du Bye Bye, Louis Morissette, Hélène Bourgeois-Leclerc, Pierre Brassard, Véronique Claveau et Laurent Paquin, ceux-ci sont entre autres tombés sur Ti-Mé Paré et sa montre détecteur de mensonges, et Gilles Duceppe, ce qui a fait échapper à Louis Morissette : «Moi qui pensais que le Bloc québécois était disparu en même temps que la rougeole!» On a évoqué les relectures des Belles histoires des pays d’en haut, de la Guerre des tuques, le retour des Tannants (après un premier quolibet baveux à Joël Legendre, parti «faire un petit pipi» ou «se faire manger dans la forêt» ???), et un dinosaure bien particulier, le «NormandBrathwaiteUs», qui reviendra à la barre de Piment fort. Joli prétexte pour introduire Patrice L’Écuyer, qui rembarquait dans le navire du Bye Bye après 20 ans loin des perruques et des prothèses.

Toutes ces idées étaient bonnes, mais pour lancer le Bye Bye, le choix semblait plutôt fade. Le sketch où Justin Trudeau était campé dans l’univers de Star Wars aurait pu être allongé et faire office d’entrée en matière. Bon flash d’ailleurs que de faire réapparaître le Pierre Elliott Trudeau de Patrice L’Écuyer dans ce segment! L’Écuyer a tellement marqué, au début des années 1990, sous les traits de l’ancien politicien, c’était un beau cadeau au public que d’y faire allusion.

Le pot…

Les belles trouvailles étaient nombreuses et faisaient peut-être mouche sur papier, mais la livraison à l’écran était plutôt ordinaire et n’étonnait pas vraiment ni ne déclenchait l’hilarité. Du nombre, Stephen Harper dans son bac de recyclage, Scrap FM, l’équipe de la CAQ qui veut changer son logo, la voiture Uber conduite par Claude Dubois et Fabienne Larouche qui parle aux techniciens de sa boîte «Aletiralos» (et non Aetios). De bonnes intentions qui ont malheureusement raté la cible.

Aussi, toutes les blagues dans le décor de Tivia Sports, avec Dave Morissette, récurrentes dans les derniers Bye Bye, commencent à sentir le réchauffé, et le coup de gueule à Denis Lévesque et sa «femme fontaine» n’était pas neuf non plus. On aurait sûrement pu trouver meilleur cadre pour taquiner l’animateur sur ses soudaines ambitions de chanteur. «L’entrevue» avec la «tétine» du visage de Mélanie Joly ne volait par ailleurs pas très haut. La mise en scène sur Volkswagen («Das Crosseurs») n’était pas mauvaise, mais un brin longuette.

Considérant l’omniprésence de Marilou et Alexandre Champagne sur les réseaux sociaux, l’obsession des publications artistiques envers le jeune couple et le succès monstre que celui-ci remporte avec son entreprise, la saynète de Trop de fois par jour et ses «assiettes vintage» et ses «pots de confiture», aurait pu être beaucoup plus virulente. C’était une moquerie gentille, sans plus. Avec leur «humour douteux» dont ils se vantent eux-mêmes à profusion, on devine que Marilou et Alexandre auraient pu en prendre beaucoup plus.

Idem pour le mariage de Pierre Karl Péladeau et Julie Snyder. On a réduit l’un des événements politiques et culturels les plus importants de l’année, sinon le plus important, à une plate chanson (sur l’air de Cheerleader) sur un vélo, avec une Julie Snyder (Véronique Claveau) s’envoyant les cheveux dans tous les sens. «Le PQ s’est trouvé un nouveau leader», tel était le leitmotiv de la pièce. Faible et décevant.

… et les fleurs

Mais tout n’était pas beige dans ce Bye Bye 2015. Chapeau à Normand Brathwaite et son pastiche de François Bugingo, qui commentait le déplacement de réfugiés à distance, en direct du salon de sa maman, en faisant mine d’être sur place, au téléphone.

Brathwaite/Bugingo a ensuite chanté ses déboires au son du tube de l’année, Uptown Funk. Clairement le meilleur numéro de ce Bye Bye.

Mélanger les personnages du film d’animation Sans dessus dessous au tollé qui a ébranlé Joël Legendre au printemps était une adroite façon de traiter d’un sujet délicat. Colère, tristesse, joie, vice, bullshit : «C’est en partie grâce à nous si Joël est ce qu’il est».

Ont suivi les confidences de Legendre (excellent Pierre Brassard) devant Pénélope McQuade et ses excentriques cheveux (très drôle Véronique Claveau) et les mimiques outrées de Jean-Luc Mongrain (Patrice L’Écuyer, aussi solide). Autre effort digne de mention.

Soulignons d’ailleurs les prestations impeccables de Pierre Brassard et de Véronique Claveau tout au long de la rétrospective. Tous deux ont notamment brillé dans leurs imitations de Marina Orsini («Marinâââ!» et son plafond cathédrale penché, astucieuse observation) et Jean Leloup, complètement désorienté dans ses propos. En Justin Trudeau, Brassard était tout simplement parfait.

Hélène Bourgeois-Leclerc est toujours aussi savoureuse en Lise Thériault qui, ici, a failli se noyer dans ses larmes, le visage beurré de mascara coulant. Laurent Paquin en Marcel Abus (Aubut), et son alarme qui fait paniquer toutes les femmes, nous a fait sourire.

Paquin a aussi été très fort dans la peau de Philippe Couillard. «On a même coupé la moitié de Gaétan Barrette, vous pouvez pas dire qu’on n’a pas coupé dans le gras», a crâné notre «premier ministre».

On a beaucoup aimé Les cheveux de la danse et le Jean-Philippe Wauthier fendant de Patrice L’Écuyer. «Je vais me contenter d’essayer d’imiter Marc Labrèche. Mon Dieu que je suis à l’aise!», s’est enorgueillie la nouvelle vedette de Radio-Canada, pendant qu’une Chantal Lamarre surexcitée et un Nico Archambault très connaisseur déblatéraient à ses côtés. Autres points positifs, le passage de François Bellefeuille, le petit montage recréant les fréquentes apparitions publiques de Denis Coderre, la «mascotte officielle de Montréal» et Jean Charest se bidonnant devant le rapport de la Commission Charbonneau.

Enfin, c’est à Patrice Michaud qu’est revenu l’honneur, sur le coup de minuit, de détailler l’année qui se terminait sur sa chanson Mécaniques générales, autre ver d’oreille incontournable de 2015.

C’était le sixième Bye Bye consécutif mitonné par Louis Morissette et ses collègues de KOTV. On ne peut blâmer la bande, certaines années, de manquer de jus ou d’être moins inspirée. N’empêche, on sait qu’ils sont tous capables de mieux. On se dit à l’an prochain?

«Bye Bye 2015»


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