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Survivre au temps des fêtes lorsqu'un proche manque à l'appel (VIDÉO)

26/12/2015 10:03 EST | Actualisé 26/12/2015 10:05 EST

Le temps des fêtes est généralement synonyme de réjouissance et de rassemblements. Mais pour des centaines de personnes, c'est une période de l'année très douloureuse. C'est le cas des familles de personnes disparues.

Un texte de Francis Labbé

« On vit dans l'angoisse, on se questionne. Il y a une enquête policière qui n'a jamais abouti », explique Andrée Béchard. « C'est un vide immense et ça ne nous tente pas en même temps que cet état-là paraisse devant nos frères, nos soeurs. On se ménage et on veut aussi ménager les autres. »

La fille de Mme Béchard, Marilyn, a disparu le 17 février 2008 à Québec. Elle a été revue quelques heures après sa disparition, dans un guichet automatique, effectuant un retrait, puis un peu plus tard, dans un commerce situé sur la Rive-Sud. Depuis, plus rien.

« Quand on est tous les deux ensembles, avec mon mari, parfois on se parle et on pleure. Ensuite, on dédramatise. Et ça nous permet, justement, de traverser la fête de Noël. »

— Andrée Béchard, mère de Marilyn Bergeron, disparue en février 2008

Andrée Béchard, mère de Marilyn Bergeron, disparue en février 2008

Pour Mme Béchard et son conjoint, après huit ans, les choses commencent à peine à changer. « Moi et Michel, mon mari, on a toujours vécu Noël tous les deux seuls, ensemble, parce qu'on n'avait pas le cœur de se rendre dans nos familles. Jusqu'à l'an passé exceptionnellement. »

Cette année, Mme Béchard et son mari recevront des invités pour Noël, une première depuis sept ans.

« On attend. Et c'est ça qui est pénible. L'attente, et de ne pas savoir. »

— Rose-Anna Niquay, mère de Pinaskin Ottawa, disparu en octobre 2010

Rosanna Niquay, de Manawan, mère de Pinaskin Ottawa, disparu le 11 octobre 2010.

Rose-Anna Niquay, de Manawan, vit une situation semblable. Elle est sans nouvelles de son fils, Pnaskin Ottawa, depuis cinq ans.

« Je dois dire que le premier Noël a été le plus difficile », confie-t-elle. « À un moment donné, je n'étais plus capable. J'ai pleuré, j'ai pleuré, je ne sais pas, pendant 4 heures de temps, sans arrêt. Je pensais vraiment que je ne pourrais plus jamais m'arrêter de pleurer. »

« Ce sont des familles détruites, et détruites à jamais. »

— Nancy Roy, directrice générale de l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues

Mais il y a des façons de s'en sortir. Par exemple, l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues, qui regroupe 600 familles au Québec, offre plusieurs ateliers pour leur venir en aide.

« Il y a des rituels », explique Nancy Roy, directrice générale de l'Association des personnes assassinées et disparues. « Ce que certains spécialistes vont suggérer, c'est par exemple d'allumer une chandelle, et de refaire ce rituel à chaque fois. »

« Il est aussi recommandé de se réunir, de ne pas rester seul, de briser l'isolement. », poursuit Mme Nancy Roy.

« Notre association représente environ 600 personnes, qui ont perdu un membre, un proche, soit par assassinat, ou encore par disparition. Ce sont des familles brisées. Nous les accompagnons à travers le processus judiciaire et les étapes du deuil. »

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